Face à la problématique de l’emploi, le Président de la République, Macky Sall avait annoncé, lors de son discours du 3 avril dernier, un recrutement de 5000 enseignants. Fort de cela, le Bureau exécutif national du Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal invite à un « recrutement en nombre et en qualité ». Ce, face au « déficit » d’enseignants.

Dans sa déclaration publique faite avant-hier, samedi 10 avril, le Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (SIENS) « suggère au ministre de l’Education nationale d’œuvrer conformément à la doxa de la grande communauté des acteurs de l’éducation au respect des valeurs et du consensus fort pour un recrutement en quantité et qualité, notamment sur la base du vivier indiqué et de ne point céder aux chants des sirènes allant dans le sens d’un recrutement fondé sur une vue à court terme et non en adéquation avec une éthique de refondation de l’Ecole comme socle de production du capital humain et d’un Sénégal moderne et authentique ».

Cette suggestion qui fait suite à l’annonce d’un « recrutement de 5000 enseignants pour le préscolaire, le primaire, le moyen et le secondaire, y compris les daaras modernes et l’enseignement arabe » par le Chef de l’Etat lors de son discours du 3 avril dernier, se fonde sur plusieurs considérations faites par le SIENS. « Selon certaines estimations, le Sénégal aurait besoin dans les projections les plus optimistes de plus de 40.000 enseignants au primaire d’ici 2023. Le déficit est donc réel et les autorisations de recrutement et quotas annuels doivent impérativement être à la hauteur de ce gap; ce qui ne semble pas être le cas depuis plusieurs années à tout le moins avec un niveau de recrutement moyen d’environ 2000 enseignants par an pour l’élémentaire  », a précisé le SIENS.

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En effet, selon Sud quotidien, à en croire El Cantara Sarr et ses camarades, « toute décision allant dans le sens de la création d’emplois dans le secteur hautement stratégique de l’éducation doit impérativement s’inscrire dans une logique de planification rigoureuse, de quête d’un accroissement de l’efficacité interne et externe, de la durabilité et de l’intégration des impératifs de l’agenda 2030, ainsi que du respect des principes, valeurs et objectifs partagés vers une scolarisation universelle de qualité, sans « laisser personne au bord de la route ». Parmi les considérations du SIENS, il y’a, entres autres : la valorisation de la plateforme qu’offrent les CRFPE et la FASTEF, le démarrage de la formation initiale, la disponibilité des formateurs permanents (132 pour les 14 centres), l’existence de centaines de jeunes sénégalais qui ont déjà assumé les contraintes du concours d’entrée et placés sur la liste d’attente du CREM (sur les deux dernières années seulement, environ 1418 en français et arabe ), de même que tous ces jeunes sans emplois, déjà titulaires de diplômes professionnels tant pour l’élémentaire que pour le moyen secondaire ».

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Dans sa note, le SIENS a également demandé au «  Président de la République, au-delà de ce recrutement exceptionnel bien salué, de mettre en place un plan de relance du système d’Education et de Formation qui intégrerait d’ici à 2024 la question du financement massif et innovant du secteur, le recrutement d’agents en nombre et qualité, y compris, comme annoncé récemment lors De la cérémonie officielle de lancement du rapport international du Programme d’Analyse des Systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC), celui d’inspecteurs de l’enseignement en charge de la conception, du contrôle et de l’encadrement, ainsi que la mise en place de conditions attrayantes de rémunération et de performances seule gage de maintien, de stabilité et d’efficacité interne et externe  ». Mieux, il convie « l’ensemble des acteurs à garder un niveau élevé de vigilance et à exercer leur droit de regard et leur capacité critique, afin que notre projet d’Ecole ne soit pas dévoyé ».

Avec Sud quotidien

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