Le développement de la musique  traîne le pas en Afrique. Cela, à cause de son manque d’adaptation au virage numérique. D’après Internet World Stats (2020) « le taux de pénétration d’Internet en Afrique est désormais de 39,2 % alors que la moyenne mondiale est de 58,8 % et de 62,9 % pour le reste du monde ».

 C’est en  résumé,  tout le sens de la présentation de Mansour Sagna alias Lord Alajiman sur une étude portant sur le  marché numérique de la musique en Afrique de l’ouest lors d’une intervention à une session live à l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle ( OMPI ). 

 L’Expert en culture Digital a fait le point sur le manque de plateformes  ( réseau)  souvent détenues par les opérateurs de télécommunications. Ce qui constitue un frein et une dépendance des acteurs pour booster la musique en ligne devancée par les autres industries créatives telles que l’audio-visuel ou le jeu vidéo de plus en plus grandissant dans le continent.

«Il y a le manque d’intérêt de la diffusion des contenus au-delà du manque de confiance dans le numérique, qui réside sans doute des faibles revenus générés pour les acteurs de la musique, d’une chaîne de valeur contraignante imposée par les opérateurs de télécommunication. Les coûts de cette chaîne de valeur peuvent atteindre  plus de 63% en sus de  la redevance au titre du droit d’auteurs, le reste revient aux plateformes et producteurs» renseigne l’étude parcouru par Social Net Link.

Dans sa présentation, Mansour Sagna soulève également le problème du modèle économique, de la législation, la formation des acteurs, le Value gap  et les  moyens de paiement  liés au faible taux de bancarisation en Afrique.

En effet, l’exploitation de la musique dans le numérique doit reposer sur une bonne législation en matière de droit d’auteur et un régime fiscal allégé pour les auteurs et entreprises de production. Mais, détaille le rapport «sur le continent africain, depuis la crise de la vente des supports analogiques et le ralentissement d’un modèle socioéconomique centré sur la consommation de la musique sur support physique, les contrecoups de la piraterie et de la contrefaçon ont prophétisé l’avènement d’un nouvel essor, impulsé par l’accès à internet

Le mobile , une lueur d’espoir de la musique 

Malgré la dépendance des acteurs culturels sur l’exploitation du réseau par les opérateurs télécoms, la musique progresse et met en avant de nouveaux modèles d’exploitation sur le web stimulant la croissance et  impactant nettement  les habitudes de consommation.

Toutefois, une lueur d’espoir est permise dans le secteur grâce au mobile qui constitue une chance pour l’Afrique. D’après le rapport « la consommation de la musique numérique est fortement stimulée par l’accessibilité aux Smartphones low cost (Future Phone) et le déploiement de l’internet mobile 4G dans presque tous les pays Ouest Africains. Cela a favorisé également une baisse continue des prix et l’accélération de la consommation data mobile des utilisateurs ».

Selon des chiffres fournis par Ericsson/GSMA,« en 2018, les technologies et les services mobiles ont généré une valeur économique de 52 milliards de dollars (8,7% du PIB) en Afrique de l’Ouest, chiffre qui atteindra près de 70 milliards de dollars (9,5% du PIB) d’ici 2023. En conséquence, des pays bénéficient de plus en plus de gains en productivité et d’efficacité provoqués par l’augmentation de l’utilisation des services mobiles ».

Ce qui constitue une opportunité pour le continent sachant que les millénials en Afrique de l’Ouest laissent présager un futur proche très avantageux pour la musique dans le numérique. 

Les récentes projections des Nations unies, démontrent que  le continent devrait voir sa population doubler d’ici à 2050, passant d’un milliard d’habitants aujourd’hui à près de 2,4 milliards. (  GSMA L’économie mobile Afrique de l’Ouest 2019).

Le streaming reste un segment encore timide mais pourrait faire tâche d’huile  auprès des utilisateurs de la musique si  la tarification des données des opérateurs de télécommunication, peu accessibles auprès des millénials, est revue à la baisse avec une forte volonté  politique. 

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