Au-delà du traditionnel bilan de compétences, les start-up proposant un accompagnement au changement de vie se multiplient. En voici quatre, avec chacune un œil sur vos aspirations.

C’est devenu un business à part entière. Et il est florissant. Sur le site Mon compte formation, qui recense notamment l’offre en matière de bilans de compétences, plus de 13.000 formations sont répertoriées, rien qu’à Paris; plus de 14.000 à Lyon, et plus de 11.000 à Bordeaux… Le business explose. Parmi ce large éventail, certaines entreprises font la différence en accompagnant un changement de vie global, au-delà du bilan de compétences classique. Des formations collectives aux spécialistes de la transition écologique, en passant par des programmes ultra personnalisés, que proposent ces spécialistes de la « réinvention », bien aidés par la possibilité pour chacun désormais d’utiliser le montant de ses droits à se former?

« Je connaissais les bilans de compétences classiques, axés sur les études et la carrière. Chance m’a proposé une introspection totale et absolue »,  témoigne Clotilde Aubery. Après plus de vingt ans comme assistante commerciale, cette « maman solo » suit aujourd’hui une formation de facilitatrice en entreprise et monte sa société de cookies. Une recette miracle? Plutôt le résultat de la science et de la technologie, à en croire le cofondateur de Chance, Ludovic de Gromard: « Nous avons investi 10 millions d’euros pour combiner les sciences comportementales, cognitives, la psychologie, la sociologie, les datas sciences. »

Séances façon méditation

La start-up propose ainsi un parcours de douze semaines, dont 23 heures en auto-coaching avec des tests de personnalité, des séances de réflexion, façon méditation (réfléchissez à un moment où vous vous êtes sentis particulièrement efficace…), ou des conseils, pour réorienter sa vie professionnelle. Y compris pour identifier son environnement idéal (dans une grande entreprise, en indépendant…) et ses impératifs personnels (financiers, géographiques, horaires…). Ces données alimentent l’explorateur des métiers qui ouvre 12 pistes à affiner, et permet le smart pairing: l’attribution d’un coach adapté à votre profil. Environ 40% des participants optent pour un changement complet, et autant modifient simplement l’un des paramètres comme l’employeur ou la région.

« Chance s’est inspiré de nous, au point de débaucher notre directeur de la pédagogie, sourit Clara Delétraz, cofondatrice de Switch Collective, créée en 2016. Nous, nous avons fait le chois du collectif. Nous embarquons les gens pendant deux mois et demi, par promo de 24 personnes. » Les participants reçoivent un mail quotidien d’exercices et suivent une séance par semaine de trois heures, en visio avec un coach. Ces sessions se déroulent en général le soir et réunissent présentation théorique sur un concept (comment se créer un réseau par exemple) et exercices (écrire un mail à une personne que vous souhaiteriez rencontrer), restitués en petits groupes. Une expérience réussie pour Céline Ferrary: « Après mon deuxième congé maternité et dix ans dans la communication, j’avais un sentiment de fin de cycle. Switch m’a convaincue par la force du groupe. Dans les six mois qui ont suivi, j’ai quitté mon poste pour devenir entrepreneure et lancer mon podcast sur le thème de la parentalité: 1,2,3, pépites. »

« Se confronter au réel »

Recette similaire pour Primaveras. « Nous proposons une dizaine de journées collectives en présentiel sur six mois, des séances avec un tuteur et du travail personnel, déroule son cofondateur Laurent Polet, par ailleurs professeur de management à CentraleSupelec. Notre méthode consiste à se poser les bonnes questions et à les confronter au réel. » Il s’agit par exemple de travailler sur ses « croyances limitantes » avec un coach ou de partager en groupe des « histoires de fierté ». Et peu importe l’ampleur du changement. Pour Stéphanie Loisel, par exemple, Primaveras a rallumé la passion de son métier, dans l’audiovisuel, tout en lui faisant comprendre qu’elle avait besoin de quitter son entreprise.

Tous ces programmes n’hésitent pas non plus à mêler vie pro et vie perso pour trouver le bon équilibre. C’est le cas de Mon job de Sens. « Il faut comprendre ce à quoi la personne veut contribuer, puis travailler sur le moyen de mettre ses talents au service du sens », analyse le coach Olivier Perrin. L’entreprise s’est spécialisée dans l’accompagnement du changement de vie en lien avec l’urgence écologique ou sociale: « Nous avons tous une expertise sur le développement durable, poursuit-il. Nous mettons en relation les participants avec des structures qui travaillent sur le sujet, nous partageons des contacts et nous aidons à imaginer des métiers qui n’existent pas encore. »

Majorité de femmes

Une démarche qui résonne avec celle de Chance. « On ne se contente pas de fournir une fiche métier. Nous avons des partenariats avec des entreprises de placement, même si nous ne pouvons pas le faire pour tous. Nous avons aussi lancé notre activité de chasseur de têtes en juillet 2021 », indique Ludovic de Gromard.

Quelle que soit la formule, toutes ces start-up voient arriver une grande majorité de femmes, peut-être plus habituées aux accidents de carrières, ou plus autorisées socialement à remettre en cause un parcours tout tracé. Et preuve de leur succès, ces formations ont vu leur activité exploser depuis un an. Plus 50% pour Primaveras, multiplication par deux pour Switch Collective entre 2019 et 2020, par quatre pour Chance entre mars 2020 et mars 2021… Le tout finançable par le CPF ou Pôle emploi. Comptez 1.400 euros pour les 30 heures du programme Chance, et jusqu’à 2.990 euros pour les 112 heures de Primaveras. 

Par Challenges

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