La Direction de la prévision et des études économiques(Dpee), dans le «document d’étude n°44 : Enjeux du projet de monnaie unique Cedeao», relève quelques obstacles à la monnaie unique de la Cedeao notamment les différences des niveaux de développement, les disparités en termes de performances et le respect des critères de convergence.


D’après le document, la présente étude s’est intéressée aux enjeux liés au projet de monnaie unique de la Cedeao. Et cette ambition remonte à 1975 et son lancement a connu de nombreux reports d’échéance. Toujours d’après la source, le processus a connu des évolutions significatives récemment avec la prise d’importantes décisions à partir de juin 2019. Et en effet, les choix du nom(Eco) et du symbole (Ec) de la nouvelle monnaie ont été retenus.

La source souligne que le régime de change flexible assorti d’un ciblage de l’inflation a été adopté comme cadre de politique monétaire.
Le document souligne que par la même occasion, le système fédéral a été choisi comme modèle pour la future banque centrale régionale dont le nom retenu a été Banque Centre de l’Afrique de l’Ouest. Et la zone Cedeao présente la particularité de regrouper 15 pays parmi lesquels 8 appartiennent déjà à une union monétaire.


D’après le document, elle constitue un marché de 386,9 millions de consommateurs (Banque Mondiale 2019). Une autre singularité est liée à la présence du Nigéria qui représente 69% du PIB de la zone avec plus de la moitié de la population (Banque Mondiale 2019).

Différence des niveaux de développement des Etats membres

«Par ailleurs, les structures économiques et les niveaux de développement des états membres sont différents ce qui constitue un obstacle majeur à un projet d’unification monétaire. En effet, une telle configuration est propice à des chocs asymétriques dont les coûts d’ajustement peuvent être très onéreux en l’absence de politiques monétaires domestiques. Un autre facteur de réussite d’un projet de monnaie unique identifié dans la littérature est celui de la discipline à travers le respect de repères macroéconomiques ou critères de convergence», renseigne le document.


Disparités des performances

«A cet égard, la zone est caractérisée par des disparités en termes de performances à l’origine de nombreux reports d’échéances de lancement du projet de monnaie unique depuis son initiation en 1975. En outre, l’analyse montre une dichotomie entre l’Uemoa et les états de la Zmao. Les 8 pays de l’Uemoa présentent en effet de meilleurs résultats ce qui tend à confirmer la meilleure stabilité associée à l’appartenance à une union monétaire. Ces informations sont très utiles pour motiver le choix de rejoindre une zone monétaire», précise-t-on.


Le document précise que 12 états ont été sélectionnés pour constituer l’espace Cedeao engagé dans le projet de monnaie commune. Et il s’agit des 8 pays de l’Uemoa, du Ghana, du Nigéria, de la #Gambie et du Cap Vert. La source note que les autres pays ont été retirés de l’échantillon en raison de contraintes liées à la disponibilité des données. Et les résultats montrent que l’espace Cedeao n’est pas une zone monétaire optimale.

«Globalement, les chocs sont en effet asymétriques ce qui implique des ajustements budgétaires très coûteux lorsque la politique monétaire sert les intérêts communs des états membres de la zone. Dans ces conditions, des efforts de coordination des politiques budgétaires devraient être faits en s’appuyant notamment sur les Communautés Economique Régionales (Cer) afin d’harmoniser les positions des états membres», note le document.


Le projet de monnaie unique reste viable

«En revanche, les résultats montrent que le projet de monnaie unique reste viable ; les pertes de bien être attribuables à la renonciation à l’autonomie monétaire domestique étant limitées à 0,03%. Les pays de la zone Uemao bénéficieraient davantage des gains en termes de stabilité macroéconomique offerts par l’union monétaire.


Toutefois, les pertes de bien-être enregistrées par les états membres de l’Uemoa et le Cap Vert ne sont pas importantes. Ce résultat confirme les constats de l’analyse descriptive montrant une meilleure stabilité de l’#Uemoa. Le projet reste ainsi pertinent et se justifie aux regards de la taille du marché de la #Cedeao, du dynamisme de la zone et des bénéfices non négligeables en termes de réduction des coûts de transaction et de redynamisation du commerce intra régionale et du processus de transformation structurelle.

La région est caractérisée par un fort potentiel et la perspective d’une union monétaire pourrait présenter une opportunité de la positionner sur les marchés mondiaux», note le document.
Selon la source, en d’autres termes, le respect des critères de convergence ne devrait pas être vu comme condition stricte d’entrée en union monétaire mais plutôt comme un objectif s’inscrivant dans la durée. Et l’appartenance à la zone monétaire pourrait à cet égard encourager l’atteinte de ces cibles.
D’après le document, ces contraintes gagneraient ainsi à être assouplies tout en prévoyant des mécanismes de compensations pour les perdants afin de faciliter l’entrée en vigueur rapide de la monnaie unique.


Source: Lii Quotidien

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