Lundi 4 octobre, les réseaux sociaux WhatsApp, Instagram et Facebook appartenant au groupe du même nom, ont connu une panne mondiale qui a affecté des milliards d’utilisateurs. Si le géant numérique a perdu près de 7 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros) en quelques heures en Bourse, en Afrique, les conséquences économiques ont été parfois lourdes pour des entrepreneurs dont les affaires dépendent largement de ces différentes plateformes.

Plusieurs entrepreneurs africains ont répondu à un appel à témoignage lancé par France 24.

À Tshikapa, dans la province du Kasai, dans le centre de la République démocratique du Congo (RD Congo), John Batshuay, gérant d’une quincaillerie, a vu son chiffre d’affaires baisser de 30 % sur la journée, alors que WhatsApp ne répondait plus en début d’après-midi.

« Nous sommes passés d’un chiffre d’affaires de 3 000 à 2 000 dollars hier »

Nous avons été très affectés hier par la panne sur WhatsApp. Nous avons trois points de vente et c’est par cette messagerie que nous échangeons le plus souvent entre employés pour gérer les ruptures de stock.

Cela arrive très souvent qu’un magasin n’ait plus dans son stock des articles demandés par les clients. Il faut donc faire appel aux deux autres pour voir s’ils en disposent à leur niveau. Auquel cas, on peut rediriger le client vers les boutiques concernées. Et tout se fait par WhatsApp parce que les unités de communication mobiles ici coûtent très cher.https://www.youtube.com/embed/se9EM7RfMQw

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Hier, nous n’avons donc pas pu communiquer entre nous et les clients sont repartis sans ce qu’ils voulaient. Dans le magasin où je suis par exemple, il n’y avait plus de pneus de rechange pour les motos et les machines à mêler manquaient aussi. Il fallait être ravitaillé par nos deux autres magasins, ce qu’on n’a pas pu faire.

Habituellement, on fait un chiffre d’affaires de 3 000 dollars (2 500 euros) par jour. Mais à cause de cette panne, on est descendu à 2 000 dollars (1 700 euros).

« Notre business dépend beaucoup des plateformes du groupe Facebook »

Même son de cloche à Dakar au Sénégal, où Papa Mamadou Diouf gère une boutique en ligne sur Facebook et sur Instagram. Cette panne lui a fait comprendre sa grande dépendance aux réseaux sociaux. 

Hier, c’était une journée sombre. Nous faisons habituellement un chiffre d’affaires de 300 000 francs CFA (environ 450 euros) essentiellement avec notre boutique en ligne sur Facebook. Mais hier, nous avons eu seulement 50 000 francs (environ 75 euros) de commande à livrer aujourd’hui.

Bien qu’on ait un magasin phyique, nous vendons exclusivement sur les réseaux sociaux : beaucoup des produits cosmétiques pour les femmes, des vêtements, des chaussures, des produits tech ou multimédia. 

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Graphique qui illustre la chute du trafic au niveau de la page Facebook que gère Papa Mamadou Diouf lors de la panne de Facebook.
Graphique qui illustre la chute du trafic au niveau de la page Facebook que gère Papa Mamadou Diouf lors de la panne de Facebook. © Papa Mamadou Diouf

À partir de 15 h, on n’avait plus de réactions sur nos pages Instagram et Facebook et on ne recevait plus de messages sur nos comptes WhatsApp. Or, nous dépensons jusqu’à 800 000 francs CFA (1 200 euros) par mois pour sponsoriser nos pages. C’est dire à quel point notre business dépend des plateformes de Facebook.

Nous pensons déjà à d’autres options. Comme développer une communauté sur Snapchat ou orienter nos clients vers notre site internet. Mais c’est difficile parce que les Sénégalais n’ont pas de culture du commerce en ligne.

« J’ai aimé car ça m’a rappelé les bons souvenirs de l’enfance quand il n’y avait ni Internet ni réseaux sociaux »

Toutefois, la panne mondiale de Facebook n’a pas fait que des malheureux. Certaines personnes se sont  réjouies de l’absence pendant quelques heures des réseaux sociaux, à l’instar de Moise, habitant de Kinshasa, en République démocratique du Congo :

Moi personnellement, j’ai beaucoup apprécié ce moment. Bien sûr que cela a peut-être coûté à beaucoup d’entreprises mais moi j’ai aimé car ça m’a rappelé les bons souvenirs de l’enfance, quand il n’avait ni Internet ni réseaux sociaux. Ma petite sœur a eu le temps d’aider maman à faire le ménage. Mes petits frères ont eu le temps de rester au salon pour discuter en famille pendant la soirée et, surtout, le temps pour lire. J’ai vraiment observé ce moment et c’était cool, alors que tout le monde paniquait.

Par Les Observateurs de France 24

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