jeudi, juillet 7, 2022

A la découverte d’Oumar Baba Ba, l’ingénieur sénégalais derrière ACCESS -Technologies, cheville ouvrière du TER

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Parmi les entreprises prestataires qui ont travaillé sur le chantier du Train express régional, certaines sont de pure souche africaine, menées par des Sénégalais ou d’autres nationalités dont l’expertise a été fortement appréciée.

La soixantaine révolue, Oumar Baba Ba dirige le bureau d’études spécialisées ACCESS-Technologies, (African Commitment for Communications and Energy Supply Systems) basé à Dakar et un des rares dans son domaine en Afrique. 

Cet ingénieur électrotechnicien, spécialisé en télécommunications, énergie et systèmes ferroviaires, parcourt le monde comme expert consultant international en systèmes ferroviaires, télécommunications, énergie et management de projet. Il peut être fier de son parcours professionnel qui a démarré en Allemagne où il vécut une vingtaine d’années et obtint, il y a bientôt quarante ans, son diplôme d’ingénieur à la Technische Universität Hannover.

Sur le chantier du TER, ACCESS-Technologies était, on peut dire, dans son élément de tous les jours, avec une expertise et une expérience internationale avérées en systèmes ferroviaires. Qu’il s’agisse des chemins de fer classiques, des lignes à grande vitesse, des tramways (un sujet sur lequel il y a déjà 17 ans, il s’exprimait dans la presse au Sénégal) ou encore les métros et les systèmes ferroviaires, le patron d’ACCESS Technologies connaît visiblement son sujet quand il en parle.

Les trains ne sont pas qu’une affaire de traverses et de rames. Bien au contraire ! A l’époque des wagons 3.0, maitriser les considérations relatives aux télécommunications ferroviaires, à la signalisation ou encore à l’alimentation en énergie est essentiel pour un train comme le TER qui fonctionne à l’énergie électrique principalement.

‘’Ce fut, en compagnie d’autres collègues, une expérience exaltante. Un vrai challenge avec des défis à relever, parfois totalement inattendus, parce que c’est la première fois qu’un chantier de cette nature est déroulé dans notre pays’’, se réjouit-il.

Le rail, avenir de l’Afrique

La signalisation, les systèmes de télécommunications ou la billettique et la traction électrique du train ont fait partie des sujets sur lesquels ce cabinet d’études qui emploie des Sénégalais et d’autres ressortissants africains, a eu à faire montre de son expertise.

Peu avant de démarrer sa nouvelle expérience professionnelle au Sénégal, M. Ba travaillait au Cap, en Afrique du Sud, notamment pour le compte de la compagnie ferroviaire sud-africaine, la Prasa – (Passenger Rail Agency of South Africa). Au pays de Mandela, un homme qu’il considère comme une icône sacrée, le gouvernement a initié un chantier majeur. Il s’agit du Projet de modernisation des installations de signalisation, télécoms ferroviaires et énergie des réseaux ferroviaires de Prasa dans la province du Western Cape. 

Dans divers pays du monde aux quatre coins de la planète, cet expert international a eu à proposer ses services. Amérique, Asie, Europe, Afrique, jusqu’en Russie et aux Etats-Unis, où il participa à divers chantiers.

Après une fonction, en Allemagne, de coordinateur des projets Deutsche Eisenbahn-Consulting où il était consultant expert senior, l’actuel directeur général d’ACCESS Technologies a été Business Development Director à Alcatel Transport Automation Systems en France. Celui qui dit avoir toujours eu pour préoccupation de pouvoir rentrer au pays un jour et de faire profiter son expertise à ses concitoyens africains, peut se targuer d’avoir réussi son pari, même s’il préfère la jouer plutôt modeste.

‘’J’ai eu la chance d’avoir bénéficié de l’école publique. Du primaire jusqu’à mon départ du Sénégal pour aller étudier en Allemagne, j’ai toujours été éduqué dans le public’’, dit cet ancien enfant de troupe du Prytanée militaire de Saint-Louis de la promotion 1971.

Aujourd’hui au Sénégal ou encore au Kenya, en Algérie, au Rwanda, en Tanzanie, entre autres, les chemins de fer d’Afrique, il connaît. ‘’Le rail, c’est aussi l’avenir de l’Afrique, si on veut développer et rationaliser les transports de masse’’. Un conseil qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, apparemment, du côté des autorités sénégalaises qui ont décidé de lancer l’initiative du TER.

Encadré : Un engagé sur le social… et le politique

A ses nombreuses occupations professionnelles, Oumar Baba Ba n’a pas hésité pas à ajouter d’autres liées au social… et au politique. Depuis peu, il a décidé de se lancer à la conquête de la mairie de la commune de Guédé-village, dans le département de Podor, ‘’à la demande insistante de mes concitoyens de Guédé’’, précise ce ressortissant du village de Mbantou, dans le Fouta. Un engagement bien récent qui vient s’ajouter à celui en cours depuis son retour au pays natal en 2003 sous diverses formes d’appui aux populations de Guédé et qui l’a amené à créer, en 2013, le Mouvement citoyen pour le développement économique et social (MCDES-Madiba) dont il a fait de Nelson Mandela le parrain. Education, santé, eau, agriculture… nombreux sont les domaines dans lesquels Oumar Baba Ba s’active pour contribuer à l’essor de sa communauté. “Une tête bien faite et un bon cœur forment toujours une formidable combinaison”.

Cet ancien lauréat du Concours général sénégalais qui fut, durant tout son parcours au Prytanée militaire, major de sa classe et meilleur élève de sa promotion, a peut-être fait sienne cette maxime de Mandela. En se lançant en politique sous la bannière citoyenne, un pari non sans quelque inconfort, il se montre disciple de l’homme fort de la lutte contre l’apartheid jusqu’au bout : “Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès”, dixit Mandela.

Avec la collaboration du journal Enquêteplus