Cybersécurité : des chercheurs français et japonais sécurisent des données grâce à l’ADN

Des chercheurs français ont réussi une avancée spectaculaire : chiffrer et déchiffrer un document numérique à l’aide de l’ADN. Une innovation qui pourrait transformer la cybersécurité et bouleverser le stockage mondial des données.

Des chercheurs français et japonais sont parvenus à chiffrer puis déchiffrer un document numérique complet à l’aide de séquences d’ADN, ouvrant la voie à une nouvelle génération de technologies hybrides entre biologie et informatique.

Les travaux ont été menés par des équipes de ESPCI Paris PSL, du CNRS, de l’Université de Limoges, de IMT Atlantique et du LIMMS, en collaboration avec l’Université de Tokyo.

Au cœur de cette innovation : l’utilisation de “clés ADN” pour sécuriser l’information. Concrètement, les chercheurs ont converti un fichier numérique en séquences biologiques, avant de le restituer sans altération. Contrairement aux systèmes classiques reposant sur des algorithmes mathématiques, cette approche exploite la complexité du vivant, rendant toute tentative de piratage nettement plus difficile.

Cette démonstration intervient dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la sécurité des données, notamment face aux progrès de l’informatique quantique, capable à terme de fragiliser les méthodes de chiffrement actuelles. L’ADN, par sa structure et sa variabilité, pourrait offrir une alternative robuste et durable.

 

Au-delà de la cybersécurité, cette avancée relance l’intérêt pour l’ADN comme support de stockage. Plusieurs études scientifiques estiment qu’un gramme d’ADN pourrait contenir jusqu’à 215 pétaoctets de données, soit l’équivalent de millions de gigaoctets. Une capacité inégalée qui pourrait révolutionner l’architecture des centres de données.

“À titre de comparaison, quelques grammes d’ADN pourraient suffire à stocker l’équivalent des données d’un data center entier.”

Dans un contexte où les data centers représentent une part croissante de la consommation énergétique mondiale, cette technologie présente un avantage stratégique : une fois les données encodées, leur stockage ne nécessite quasiment aucune énergie, tout en garantissant une conservation potentielle sur plusieurs millénaires.

Des acteurs majeurs du numérique explorent déjà cette piste, mais cette expérimentation marque une étape supplémentaire en démontrant que l’ADN peut aussi devenir un outil de cybersécurité, et pas seulement de stockage.

Si des défis techniques subsistent — notamment en matière de coût, de rapidité et d’industrialisation — les chercheurs estiment que les progrès récents accélèrent le passage de la recherche fondamentale à des applications concrètes.

À terme, cette technologie pourrait transformer en profondeur la manière dont les données sensibles sont protégées, stockées et transmises, en introduisant une convergence inédite entre biotechnologies et infrastructures numériques.

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