A lui seul, Moustapha Cissé Lo a réussi à faire détourner les regards, pendant quelques jours, de la pandémie de Covid-19 qui sévit dans le pays. A travers ce profil, «L’As» va à la découverte d’un personnage hors norme.

Sa propension à dégainer très vite des armes à feu lui a valu le surnom de «El Pistolero». Moustapha Cissé Lo l’a démontré à plusieurs reprises. La dernière fois, c’était lors du référendum de mars 2016 à Touba où il a tiré à bout portant sur des adversaires politiques qui avaient «caillassé» sa voiture et plusieurs véhicules des adeptes du «OUI».

Les armes semblent être rangées aujourd’hui ; mais sa langue n’est pas dans sa poche. Ces derniers temps, le député se fait remarquer par des insultes qui dépassent l’entendement à l’endroit particulièrement de Farba Ngom et Yakham Mbaye. Il estime que ces derniers sont au service du cercle présidentiel pour l’humilier et le faire taire. Surtout qu’il devient de plus en plus gênant avec des déballages qui agacent au plus haut sommet de l’Etat. Si ce ne sont pas des accusations de trafic de drogue impliquant le régime, ce sont des dénonciations des modes de passation des marchés d’engrais, de semences et des matériels agricoles. Pis, il relève de nombreux cafards dans les marchés d’attribution des denrées destinées à l’aide alimentaire, la gestion du foncier, etc. Et les insultes accompagnant ses révélations ont été un bon prétexte pour se débarrasser de celui qui est présenté aujourd’hui à l’opinion comme une patate pourrie. Mais quoi qu’il en soit, Cissé Lo est connu pour son franc-parler et son anticonformisme.

Son opposition à la loi Sada Ndiaye pour évincer Macky Sall, président de l’Assemblée nationale à l’époque, lui a valu son mandat de député acquis sous la bannière de la coalition Sopi 2007. Son premier mandat de député remonte cependant à l’année 1998 avec le PS. Moustapha Cissé Lo a entamé ses débuts politiques avec le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) fondé par le défunt Me Babacar Niang, avant de rallier les rangs du Parti Socialiste en 1987 sous les directives de son marabout, Serigne Moustapha Bassirou Mbacké. Trois mois après l’alternance, le même marabout lui intime l’ordre de rejoindre le Président Me Abdoulaye Wade par l’entremise de l’ancien maire de Dakar, Pape Diop. De 2004 à 2008, il a occupé le poste de Secrétaire général de la section Pds de Touba mosquée.

Des frictions, ce n’est pas la première fois qu’elles sont notées entre Moustapha Cissé Lo et le Président Macky Sall. En juillet 2012, le chef de l’Etat l’avait limogé de son poste de ministre conseiller parce qu’il avait mal digéré le choix porté sur Moustapha Niasse pour occuper le poste de président de l’Assemblée nationale. Finalement, il entrera de nouveau dans les bonnes grâces du chef de l’Etat avant d’être récompensé pour le poste de vice-président de l’Assemblée nationale et un siège au Parlement de la Cedeao dont il sera plus tard le Président. Mais depuis la fin de son mandat à la Cedeao, Cissé Lo est redevenu acariâtre. Du haut de son 1m98, celui qui fut jusque-là responsable de l’Apr est né le 28 décembre à Louga.

Après l’obtention du Bfem, il s’est lancé dans le monde des affaires. Connu en tant que opérateur économique, Cissé Lo est un ancien agent de l’Office National de la Coopération et d’Assistance au Développement (Oncad) puis de la Sonar. Le fils d’El Hadji Aliou Lo, homonyme de l’ancien député-maire de Louga, est aujourd’hui polygame et père d’une douzaine d’enfants. Il a été aussi, dans le passé, membre du Conseil de la République pour les Affaires Economiques et Sociales (Craes). Il est aussi le Président de la Chambre de Commerce de Diourbel.

Par L’AS

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