Les dérives constatés ces derniers temps sur le web sénégalais inquiètent au plus haut niveau. Birame Waltako Ndiaye, journaliste-chroniqueur et Alex Corenthin, membre conférencier, ont pointé du doigt le « travail » très controversé de certains mauvais influenceurs qui sapent la cohésion sociale du pays à cause des insultes, incivilités et autres joyeusetés qui y sont de plus en plus accrues.

Selon Birame Waltako Ndiaye, ‘si les réseaux sociaux sont devenus le lieu d’exhibitionnisme des personnes qui, en temps normal ne devraient pas prendre la parole en public, c’est parce que les intellectuels ont déserté cet espace de communication.

« Les intellectuels, peut-être, par peur, ont déserté cet espace au profit de ceux qui sont animés par des intérêts pécuniaires. Les influenceurs sont des activistes qui prennent en charge des dossiers qui ont des enjeux qu’ils ne maitrisent pas. Cela est dû à la désertion des intellectuels. Ces derniers doivent rependre l’espace pour noyer les influenceurs afin de les combattre. Il faut que les intellectuels, les membres de société, équidistants de toutes les chapelles, puissent occuper cet espace. Ceux qui savent ne parlent pas. N’importe qui peut s’improviser influenceur », regrette M. Ndiaye, invité de l’émission LR sur ITV .

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Son co-débatteur, Alex Louis Gabriel Corenthin, maître de conférences de l’université Cheikh Anta Diop semble partager son avis. D’après lui, il y a, sur les réseaux de mauvais influenceurs qui sont prêts à tout pour avoir le maximum de clics et de partages possibles. Ainsi, pense-t-il, pour juguler cela : « Il faut que nous trouvions de « good influenceurs et qu’on fasse la promotion de ces derniers pour recadrer les choses ». Et ajoute-t-il, « il faudra insister sur la formation et l’éthique ».

Le fondamental selon lui, c’est l’éducation et la formation.

Il rappelle qu’au début de cet outil technologie, on en arrivait à former les gens parce que Internet était considéré comme une bibliothèque. Mais, constate-t-il, pour le regretter « on a raté la formation quand on est passé au 2.0 sans avoir eu cette capacité de pouvoir en comprendre les tenants et les aboutissants. Il faut une formation de masse, une sensibilisation de masse à commencer par les jeunes. Je crois qu’il y a un travail à faire à tous les niveaux. Il faut un travail de fond sur l’éthique ».

Pour Birame Waltako Ndiaye, c’est le niveau de conscience citoyenne qu’il faut travailler. Parce que, tant qu’il y a des gens qui vont s’intéresser aux insulteurs et autres influenceurs le mal sera toujours là. « C’est une crise de la démocratie, une crise de l’éducation. Il n’y a plus cet intérêt au savoir, il n’y a plus cette émulation-là », dénonce-t-il sur la plateforme d’EMEDIA.

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