Mohamed Hapté Sow

Si le secteur du E-commerce a indéniablement tiré profit de la Covid-19, les acteurs doivent développer des partenariats et se formaliser pour franchir un cap, estime un spécialiste.

La crise de la Covid19 a engendré une croissance des demandes d’achats de 40% au Sénégal C’est le constat fait par Mohamed Hapté Sow. Le Directeur général de Jumia Sénégal explique que ce boom est causé par le commerce en ligne qui a tiré profit de ce changement de comportement des clients à la faveur des achats à distance. Une demande croissante de biens et de services en ligne a été constatée » explique-il.

L’autre dynamique observée sur le marché du e-commerce sénégalais avec la pandémie, c’est que beaucoup de commerçants qui disposent de boutiques ont pris le virage numérique durant cette période. Du fait que les clients se déplaçaient moins et certains marchés étaient fermés, ils se sont rabattus sur de nouvelles méthodes pour faire face au manque à gagner, en proposant leurs produits en ligne.

Pourtant, les obstacles étaient nombreux au départ : problème de logistique, faible taux de bancarisation, méfiance d’une certaine clientèle, etc. Les acteurs du e-commerce ont dû s’adapter avec le cash à la livraison. Ce temps pris est nécessaire pour « construire sur du solide » et poursuivre le développement du secteur », estime M. Sow.

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Pour l’avenir, ajoute-t-il, il est essentiel de miser sur le « partenariat devenu une obligation pour que le e-commerce continue à se développer », analyse le spécialiste.

L’apport des autres acteurs pourrait ainsi aider à franchir un cap. « Chez Jumia, nous nous appuyons sur ceux de la technologie numérique. Avec notre plateforme numérique nous mettons bout à bout  le suivi de colis, la politique de mise en avant et le marketing. C’est ainsi qu’on réussit à faire une belle activité qui est à la fois digitale et numérique…».

Le Sénégal en traine face à la cote d’ivoire..

Toutefois, malgré la percée enregistrée durant la pandémie, le Sénégal est encore en retard comparé à d’autres pays d’Afrique telle que la Côte d’Ivoire qui, d’un point de vue de la densité de la population, des  revenus et des habitudes d’achats, est largement en avance.

L’exemple type est celui de Jumia Côte d’Ivoire, qui a justement bâti son modèle sur les partenariats. Il fait cinq fois le volume de la filiale sénégalaise. En plus du partenariat, la deuxième priorité concerne la formalisation des petites structures.

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« Le marché sénégalais est rempli d’opportunités pour le commerce en ligne. Il faut aider les vendeurs à se formaliser grâce au numérique et ainsi pousser plus d’habitude vers la consommation en ligne. Le cap doit être mis dans la formation des acteurs pour maintenir le développement du secteur », alerte le directeur de Jumia Sénégal.

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