A Dakar, les motos utilisées pour livrer des biens varient, allant de la simple « Jakarta » aux scooters. Dans cette activié, en pleine croissance, le service est sollicité dans presque tous les départements de la région de Dakar (Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Dakar). Le coût du transport varie en fonction de l’éloignement du lieu de livraison.

Khadim Fall, un jeune homme actif dans le secteur depuis plus d’une année, renseigne : « personnellement, je fais les quatre coins de Dakar et je transporte beaucoup de choses, des tissus déjà cousus, des effets de toilette pour femme, même de l’argent et du repas ». Il explique que le prix du transport varie entre 1000 francs CFA et 8000 francs CFA pour lui. Il lui arrive de facturer le déplacement à plus de 8000 francs CFA. Surtout quand la marchandise est précieuse. Cependant, il précise qu’il roule pour son propre compte, ce qui lui donne une certaine marge de manœuvre par rapport à la tarification.

Un business prometteur 

Abondant dans le même sens que Khadim,  Alassane Diakhaté,  assis sur son « Jakarta » devant le domicile familial sis à Castor, explique qu’il va partout même juqu’aux coins qu’il ne connaissait pas auparavant pourvu qu’on lui paye le prix.  « Il me faut juste le numéro de téléphone du destinataire, je viendrai jusqu’à chez lui sans problème », dit-il.

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Il affirme que cette activité lui a permis de s’occuper et de gagner un peu d’argent. Ceux qui gagnent plus dans ce secteur en devenir, ce sont ceux qui ont un réseau. C’est-à-dire un ensemble de clients qui dispose du numéro de téléphone du conducteur de scooter ou de Jakarta et qui le passe à d’autres clients, permettant ainsi au thiak-thiak, expression désormais fréquente dans le langage populaire pour désigner les livreurs, d’être tout le temps en activité. Ce qui en fait un réseau de client utilisant le service et pouvant appeler à n’importe quel moment pour acheminer une marchandise.

« Moi, j’ai plus d’une vingtaine de numéro dans mon répertoire qui me sollicite tout le temps pour transporter leurs marchandises avec des prix  pouvant aller jusqu’à 7000 francs CFA en fonction de la destination », renseigne Alassane.

Contrairement à Khadim et Alassane, certains conducteurs travaillent pour le compte de particuliers, qui exigent un versement quotidien variant  entre  3000 et 5000 francs CFA. Généralement, ce sont les conducteurs qu’on trouve aux alentours des marchés, des magasins, ou des fastfoods. Pour ceux-là, un versement journalier  est exigé.

 « Je travaille pour Alpha (propriétaire d’une charcuterie et d’un fastfood sis à Grand Yoof) et je lui verse chaque jour 5000 francs CFA », renseigne Mamadian Diallo, jeune guinéen. « Il m’a simplement dit de lui verser quotidiennement cette somme,  sauf les dimanches  où la moto doit être entretenue et rester au service du fastfood et le reste de l’argent gagné me revient, après le versement journalier », précise-t-il.

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Des motos trouvées près du point d’eau du marché Arafat attendant l’arrivée d’un client pour se mettre à l’œuvre, ce 09 avril 2021, appartiennent à diverses personnes. Hormis celles en couleur jaune qui sont la propriété d’Alpha, tout le reste travaille pour le compte de  particuliers qui en sont les propriétaires.

Repas dans les entreprises aux heures de pause 

Les motos de livraison à domicile sont aussi utilisées par des restaurants, des traiteurs, entre autres. Les heures de pause (12h-14h 30) sont les moments où les thiak-thiaks sont très sollicités pour transporter les repas des domiciles à certains lieux de travail. Ils sont également très utilisés par les fastfoods pour livrer les commandes à distance, qui par ailleurs, disposent de leur propre service de livraison.

Amy Sow, mère de famille et  propriétaire d’un atelier de couture, reconnait l’utilité des thiak-thiaks. « Ils (les thiak-thiaks) nous rendent un service énorme, ils nous permettent de déposer des commandes de tissus cousus aux propriétaires, surtout pendant les périodes de fête ». Elle va plus loin : « il m’est arrivé de commander des pizzas à la brioche dorée ou autre chose et c’est les thiak-thiaks qui me font la commission ».

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Dernièrement, l’opérateur de téléphonie Orange offre des services thiak-thiak à certains gros consommateurs de crédit classé Platinum par l’opérateur. C’est son service « livrez moi ». Pour Woury Diallo, vendeur de produits cosmétiques au marché Arafat, « le service client d’Orange m’a appelé pour me dire que je dispose de quatre services thiak-thiaks par mois », confie-t-il. L’opérateur lui a expliqué que c’est lié à sa consommation mensuelle et qu’il a également  des réductions  à hauteur de 10% dans certaines grandes surfaces de la place.

Le service thiak-thiak occupe petit à petit le secteur de la livraison à domicile. Mais le manque d’organisation des acteurs, les cas de vols, de confusion ou de perte de marchandises risquent de plomber l’activité des thiak-thiaks.

Par Baboucar Thiam, cesti-info.ucad.sn

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