La Commission de protection des données personnelles, en partenariat avec Interpol, a lancé, à Dakar, une session de formation dédiée aux experts en biométrie des Forces de défense et de sécurité (FDS), centrée sur la protection des données personnelles.
Organisée jusqu’au 16 avril, cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « IDENTITY » d’Interpol. Elle vise à renforcer les capacités des services d’application de la loi en Afrique de l’Ouest dans le traitement des données biométriques, un domaine en pleine expansion, marqué par des enjeux sécuritaires et technologiques majeurs.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le président de la CDP, Ousmane Thiongane, a alerté sur la nécessité d’adapter les pratiques des forces de sécurité à l’évolution rapide des technologies. Il a souligné que la gestion de l’identité connaît aujourd’hui une mutation profonde, devenant « dynamique, automatisée et parfois autonome », sous l’effet notamment du développement de l’intelligence artificielle.
Dans ce contexte, il a plaidé pour une approche équilibrée entre exigences sécuritaires et respect des libertés fondamentales. « Il nous revient collectivement de sécuriser sans surveiller excessivement, d’innover sans déshumaniser et de coopérer sans renoncer à nos principes », a-t-il déclaré.
La formation met un accent particulier sur le cadre juridique sénégalais en matière de protection des données personnelles, ainsi que sur les règles d’Interpol relatives au traitement des données. Elle vise également à promouvoir les bonnes pratiques techniques dans la gestion des données biométriques.
Lors de la première journée, le secrétaire permanent de la CDP, Mohamed Diop, a présenté le dispositif juridique et institutionnel national, tout en mettant en lumière les défis spécifiques auxquels sont confrontés les services de sécurité dans ce domaine sensible.
À travers cette initiative conjointe, la CDP et Interpol entendent renforcer une approche harmonisée et responsable de l’usage des technologies biométriques, dans un contexte où la souveraineté numérique et la protection des données s’imposent comme des enjeux stratégiques majeurs pour les États.

