Le lycée du village de Diaobé, dans le département de Vélingara, manque de tout ou presque. Malgré cette situation, il fait de bons résultats depuis quelques années. Cette année encore, il a réalisé un taux de réussite de 80% au Baccalauréat.

Le lycée de Diaobé, célèbre cité-marché dans la région de Kolda, a présenté 110 candidats à l’examen du Baccalauréat, session 2021. Le résultat final a donné 88 élèves qui ont décroché leur premier diplôme universitaire. Soit un taux de réussite de 80%. Une excellente performance, pourrait-on estimer, si l’on considère le contexte de précarité innommable dans lequel se déroulent les enseignements-apprentissages.

Cet établissement du cycle secondaire manque de tout ou presque  : pas de clôture, pas d’électricité, 6 huttes qui font office de salles sur 10 classes pédagogiques. «Parmi les classes en dur, 2 sont construites par le Conseil départemental, dont le président Ibrahima Barry fut révolté, lors d’une journée d’excellence, par la précarité de cet établissement qui était entièrement en paillotte», a informé un parent d’élèves. Les parents d’élèves du lycée de Diaobé ont la conviction que leur établissement est oublié par l’Etat du Sénégal.

LIRE AUSSI  Mo Gates: Pourquoi les questions frontalières sont capitales pour le développement et la sécurité d’un pays ?

Le censeur du lycée Cheikh Fall déplore  : «Nous travaillons dans des conditions difficiles. Pas suffisamment de tables bancs. Le manque de clôture avec la divagation des animaux, les reptiles qui nous visitent souvent, la poussière à certaines périodes de l’année qui perturbent les cours dans les huttes. Nous avons terminé l’année scolaire dans l’école élémentaire avec le début de l’hivernage. En plus le bloc administratif se trouve à 500 m de l’école, dans un bâtiment privé loué grâce à une subvention du Conseil municipal. Il a fallu beaucoup de volonté et de détermination aux enseignants et élèves pour arriver à ce résultat.»

Le président de l’Association des parents d’élèves, Sidi Lamine Sanokho, après s’être réjoui des performances soutenues de l’école, peste  : «Nous n’avons de lycée que de nom. Les conditions de travail sont exécrables. Nous avons frappé à toutes les portes possibles pour bénéficier de nouvelles infrastructures, en vain.» Puis de rappeler l’évolution des taux de réussite dans ce lycée du Fouladou. Il renseigne  : «En 2019, le lycée a obtenu un taux de réussite de 36,84%, en 2020, le taux a évolué positivement à 72,13%. Et cette année nous avons un taux de 80%. L’évolution est ascendante.»

LIRE AUSSI  Le commerce électronique : une réalité incontournable pour les PME

C’est évident, le programme étatique de résorption des huttes n’a pas encore concerné Diaobé, au moment où on parle de généralisation de l’uniforme scolaire pour un coût annuel de 10 milliards de F Cfa. Allez demander à Diaobé, des salles de classes, des tables-bancs ou des uniformes quels sont les intrants prioritaires et nécessaires pour maintenir le cap.

Avec Abdoulaye KAMARA (Correspondant, Le -Quotidien)

COMMENTAIRES

Je donne mon avis sur le sujet