L’écosystème du numérique n’a pas encore fini de livrer ses secrets à l’humanité. Entre 2016 et 2021 le télétravail a sauvé l’économie mondiale grâce aux nouveaux usages du numérique. 

Cette innovation (télétravail) de taille connue ces dernières années va atteindre son paroxysme dans les cinq prochaines années. Le télétravail comme nouvelle alternative serait totalement caduque, en raison des nouveaux modes de travail (Remote, digital nomade, slash) qui nécessitent une connectivité permanente. Le travail en ligne serait la règle et l’exception le travail présentiel. Autrement dit, le travail hybride dominerait les bonnes pratiques et usages du bien être au travail. Cette exigence technologique serait aussi au cœur des industries de productions automobiles, agricoles et pharmaceutiques grâce aux nanotechnologies.  De nouvelles formes d’entreprises et d’espaces virtuels de travail vont apparaître au détriment des sociétés classiques. Nous verrons de plus en plus des PTN (plateforme de travail numérique) déclarées au Canada, évoluant dans le marché européen dont les travailleurs seront en Afrique. D’où la question, quelles humanités pour les citoyens du futur ?

Que sera l’école du futur ?

Après la révolution des sociétés à croissance matérielle, nous voilà vers une société de savoir et de connaissance dont les défis seraient la transversalité et la co-éducation intergénérationnelle. Sans prédire le futur, l’éducation sera au centre des activités de l’Internet dans les années avenirs. Mieux, l’éducation deviendra plus démocratisée comme jamais. Par conséquent, cette mutation sociale sera également accompagnée par une nouvelle culture qui serait celle de la co-construction, la collaboration, le live streaming bref, l’instantanéité de partage d’émotions sera la règle d’or des apprentissages. L’enseignant comme l’apprenant seront ensemble pour identifier les objectifs pédagogiques, définir et redéfinir les parcours d’apprentissage à côté des pédagogues. Les évaluations seront intuitives en fonction du niveau de chaque apprenant. À l’école du futur, l’échec ou l’abandon scolaire sera un choix.

Véritable living lab, l’école de demain ira au-delà des terminaux connectés (PC, Tablette ou Mobile). L’école du futur exigera une approche nouvelle basée sur les neurosciences, l’intelligence artificielle et l’accessibilité du contenu pédagogique. En réalité, nous attendons de vivre une vraie expérience d’école hybride. En effet, les incertitudes liées au contexte sanitaire nous amènent inévitablement à envisager la mise en place d’un enseignement hybride. Le but est de s’adapter, de devenir agile, d’assurer la continuité pédagogique et surtout d’être prêts à affronter toute situation de crise.

En Afrique, la problématique des ressources se pose toujours face à une certaine vision ou pratique nouvelle. Cependant, pour minimiser les charges et optimiser les ressources didactiques par exemple,  les APE (Associations de Parents d’Elèves) installeront avec l’appui des technopédagogues un cadre collaboratif et participatif appelé BYOD (BYOD, abréviation de l’anglais « bring your own device », en français, PAP pour « prenez vos appareils personnels» qui promeut le principe que les élèves amènent à l’école avec leurs propres équipements (tablette, ordinateur, smartphone et connexion internet) pour renforcer le nouveau cadre de travail.

À la base du système organisationnel en vue,  chaque communauté pédagogique mettra sur place une constellation systémique pilotée par des sachants qui vont définir à la fois le périmètre du projet pédagogique identifié sur la base des expériences, besoins et acquis de chaque apprenant. L’enseignement sera aussi participatif et hybride. Les réseaux, les logiciels, les algorithmes dicteront les parcours des enseignements. L’enseignant classique sera un coach, un animateur qui présentera peut être les objectifs des unités d’enseignement apprentissages aux stagiaires (apprenants) puis veillera sur les émotions et les techniques de mobilisation de connaissances.

Bonnes pratiques

L’Université de Laval au Canada est en train de tester une formation flexible et accessible pour permettre aux étudiants d’atteindre leurs objectifs tout en conciliant les différentes sphères de leur vie.

L’offre de cours se décline donc sous plusieurs formules d’enseignement:

    Cours en classe

    Cours présentiel-hybride

    Cours à distance-hybride

    Cours à distance asynchrone

    Cours à distance synchrone

    Cours comodal

Dans tous les cas, l’étudiant suit le même calendrier universitaire et, à la réussite de des cours, il obtient le même diplôme.

Lachine Lab un living lab dirigé par le Sénégalais Dr Moussa Sarr a proposé en 2020 à la compétition Défi-post COVID-19 une application hybride dénommée Ludiklass. Il s’agit d’un système de ludification des parcours d’apprentissage au collège.

Le centre de recherche en Adaptative learning de Microsoft Paris a commencé ses travaux de recherches sur l’école de demain. Ils ont développé un système de jeux interactifs qui apprend aux élèves de CM2 comment programmer des robots grâce aux codes informatiques.

Le Cégep (Collège d’enseignement général et professionnel) de Chicoutimi au Canada a développé un système d’intelligence artificielle qui permet d’analyser le niveau de progression des étudiants et prédit les probables échecs scolaires.

Le Collègue Jean villa au ballon sursaut (Grand Bretagne) a adopté un système de Classe virtuelle dont les apprenants peuvent suivre les cours en mode Multimédia ou en mode mixte (texte, image son et vidéo).

L’école 42 propose un système de formation en codage informatique depuis bientôt 5 ans sans professeur et qui est basé sur du peer to peer learning.

Au regard des innovations systémiques citées ci-dessus, les technologies de l’information et de la communication (TIC), le numérique selon leur dernière appellation, interpellent profondément les systèmes éducatifs et ce à différents niveaux. La massification, l’internationalisation, la mise à disposition de ressources et de cours en ligne sont des facteurs qui conduisent inexorablement à une mutation profonde de ces systèmes. Dernièrement et en quelques années, les MOOC (Massive Open Online Courses), les PLE (Personal Learning Environment ), les 

flipped Classrooms (les classes inversées)… questionnent les rapports aux savoirs (les savoirs sont partout, tout le temps accessibles et ce gratuitement), les rôles des acteurs (apprenants, enseignants, institutions), les méthodes et aussi l’évaluation…Ainsi, l’espace-temps même du campus, la formation des enseignants,  l’interpénétration des lieux de formation et des lieux professionnels (LearningLabs, FabLabs …), les évaluations formatives et certificatives devenues badges au sein de portfolios numériques, l’évaluation par les pairs dans une intelligence collective toujours à construire… sont autant de coups de butoir sur des citadelles du savoir plus enclines à l’innovation de maintien qu’à la (pourtant nécessaire) innovation disruptive.  Mieux, face aux défis du Open Knowledge, le décrochage scolaire, aux mutations liées aux compétences protéiformes et au full remote poussent à réfléchir au plus profond des mutations système éducatif.

Enfin, loin des polarisations extrêmes entre conservatisme et évangélisme numérique, les acteurs des systèmes éducatifs et formation semblent se confronter aux perspectives des tierces places, des lieux acceptables et fertiles en développement professionnel, en apprentissage toute la vie durant, en validation de compétences en contextes. En particulier, les dispositifs hybrides sont des chemins porteurs qui devraient permettre aux enseignants et aux étudiants de découvrir de nouveaux modes de l’enseigner et de l’apprendre marqués par une évaluation multi-critériée, multi-acteurs et multi-disciplinaire. D’où ma question de savoir et si l’hybridation des enseignements et apprentissages s’offraient comme seules alternatives pour relever les défis des systèmes éducatifs à état actuel ?

 Mots-clés 

CÉGEP, MOOC, classe inversée, TIC, enseignement supérieur, massification, full remonte, APC, Open Knowledge, enseignements hybrides.

Webographie:

  • Les étudiants comme évaluateurs de leurs compétences : une étude de cas – Georgios Stamelos, Panagiota Evangelakou
  • L’hybridation dans l’enseignement supérieur : vers une nouvelle culture de l’évaluation ? – De Marcel Lebrun
  • Le marché intérieur du numérique à l’épreuve de la protection des données personnelles – de Rivoire Hector
  • Rapport de Mission 1ère Année Master Influence des e-pub sur l’e-réputation de la marque Réalisé par : BOKAL Badreddine Encadré par : Monsieur Adib LAHLOU Supervisé par : TAHRI Nisrine – Badreddine Bokal
  • Modèles d’affaires et création de valeur à l’ère d’Internet et de la numérisation : les cas Spotify, Megaupload et Misteur Label – Joëlle Bissonnette
  • Panorama des usages pédagogiques des médias sociaux dans l’enseignement supérieur en Afrique – Bi Sehi Antoine MIAN
  • Multimédiatiser l’université pour un meilleur enseignement du FLE – Racha Salem