L’ennui vient du service à la clientèle qui aurait reçu beaucoup de plaintes liées à la non utilisation de la langue Pulaar. Malheureusement, la compagnie n’a pas encore posé des gestes concrets pour satisfaire les multiples demandes formulées par les plaideurs ou les requérants. Le problème central demeure l’exclusion du fulfulde dans les messages vocaux, l’annonce des promotions et dans les autres communications d’Orange.

La compagnie n’utilise que le français et le wolof au Sénégal dans ses annonces et autres déclarations. Ainsi, ce sont pratiquement des millions de clients ne comprenant rien ou peu dans ces langues qui sont privés de leurs droits linguistiques d’être servis dans leurs langues maternelles et/ou de préférence. Les Fulbés (ou Peuls) fortement majoritaires dans la sous-région sont les plus lésés dans cette malencontreuse ségrégation et dictature linguistique. Comment en est-on arrivé là et pour quoi la compagnie tarde-t-elle à apporter des solutions pour satisfaire l’ensemble de ses clients qui sont lésés depuis des décennies ?

Orange une marque commerciale du groupe Sonatel

Le Groupe Sonatel est l’opérateur de référence en Afrique de l’Ouest qui offre des solutions globales de télécommunications dans les domaines du fixe, du mobile, de l’Internet, de la télévision, du mobile money et des données au service des particuliers et des entreprises. Leader dans tous ses pays de présence, le Groupe Sonatel a démarré sa croissance externe au Mali en 2002, puis s’est successivement installé en Guinée et en Guinée Bissau en 2007 et tout dernièrement en Sierra Léone (2016). Le groupe Sonatel est une entreprise structurante pour l’économie de ses pays de présence et a fait du Sénégal, son pays d’origine, un hub de trafic et un acteur majeur dans le développement des télécommunications en Afrique et dans le monde. Tel est l’information obtenue dans leur site internet. De l’Afrique au moyen orient, Orange est présente dans 21 pays et revendique près de 121 millions de clients. Son chiffre d’affaire est estimé à plus de 5,2 milliards d’euros.

Les problèmes constatés dans la boite et la revendication de tous les peuls

Beaucoup de clients ne se retrouvent pas et ne comprennent pas les messages dans les serveurs vocaux ou dans les déclarations pendant lesquelles les promotions et autres sont annoncées. La langue Pulaar occupe entre la deuxième et la troisième place des langues qui sont parmi les plus parlées en Afrique. De ce fait, il est incontestable de dire que les fulbés sont les clients majoritaires de cette compagnie sur le continent noir. Leur nombre approximatif utilisant les services de cette compagnie est de plusieurs dizaines de millions de clients selon les calculs les plus conservateurs basés sur les populations des différents pays. Mais cette compagnie écarterait cette langue au profit du français et des autres langues locales alors que la force économique de cette multinationale est entre les mains des mbimi et des mbidone. On est le groupe ethnique qui leur donne le plus argent et à la place on reçoit peu ou presque rien. L’utilisation de notre langue est très restreinte et nous subissons un couvre-feu linguistique. On nous humilie et c’est à la limite une insulte à notre identité qui n’est pas reconnue comme entité africaine. La frustration est à son comble au Sénégal et partout dans la sous-région.

Les langues commencent à se délier et les discussions font rage dans les réseaux sociaux jusqu’au Cameroun en passant par le Mali et le Niger. Beaucoup de gens sont le point de jeter à la poubelle leurs puces d’Orange. Il suffirait d’un déclic pour cet important employeur perd des millions de clients et des milliards d’euros de revenus. D’ailleurs, elle vient d’être informée du fort mécontentement général et du ras-le-bol mais, monsieur Sékou Drame, le directeur général n’a pas répondu à notre requête et il nous ignore royalement. La discrimination et l’embargo sur la langue Pulaar/Fulfulde continue de plus belle.

Une solution urgente doit être trouvée.

C’est notre dernier appel à ORANGE Afrique pour intégrer le Pulaar comme langue de travail dans toutes les composantes de cette société. A défaut de solutionner ce problème, un appel international sera lancé pour demander aux fulbés de se désabonner de ce fournisseur de services qui ne respecte pas la langue Pulaar. En terme clair, les clients fulbés souhaiteraient que la boite utilise le Pulaar dans toutes ses communications publics et privées quand il s’agit de leurs servir. Ils ne cautionnent pas que leur langue y soit est jetée aux rancarts et aux oubliettes. Leur langue de préférence demeure et reste le Pulaar un point c’est tout. La diaspora africaine très alerte sur les maux du continent, compte prendre une part active dans ce combat. D’ici là, on attend et ce ne sera pas long que le signal de départ sera donné si la compagnie n’agit pas ’’ now ’’ comme le disent les anglo-saxons.

Gondiel Ka

Chroniqueur, Montréal, Canada.

Et ses collaborateurs de Dental Fulbé Canada, Kisal Deeyirde Pulaagu, Tabital Pulaguu Allemagne et Kibaaruji Pulagu International, Fedde Pellital et Dental Faabatobe et Associazione Fulbe in Italia.

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