L’évolution de la pandémie COVID 19 est très complexe. Depuis le début de la crise plusieurs scientifiques ont tenté d’expliquer l’origine de ce virus qui ne cesse de se propager dans le monde. Interrogé sur la question , Monsieur Abdou SENE, Professeur de Mathématiques appliquées,  soutient que « les données publiques sont en principe fiables mais insuffisantes pour une compréhension profonde de l’évolution du COVID-19 dans notre pays. »

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Il explique que les modèles mathématiques génèrent des informations qualitatives et quantitatives dont la fiabilité est tributaire de celle des données, ainsi que de leur abondance.  Le Responsable du Pôle d’Innovation et d’Expertise pour le Développement (PIED) à l’Université virtuelle du Sénégal (UVS)   de  souligner  que pour le moment, au Sénégal, il est regrettable de constater que les chercheurs ne disposent pas de plus de données que le public

 » Les données publiques sont en principe fiables mais insuffisantes pour une compréhension profonde de l’évolution du COVID-19 dans notre pays.  Il serait donc risqué d’annoncer l’arrivée d’un pic dans un tel contexte, bien que les simulations des différentes équipes de modélisateurs permettent de dater les pics selon différents scénarii imaginés. Néanmoins, du point de vue qualitatif, les mathématiques permettent de mettre en évidence les effets sur la propagation de la maladie de la fermeture des frontières inter-régionales, de la distanciation sociale, et des différentes mesures barrières sanitaires » a t-il dit avant de saluer le rôle important que joue  le super-calculateur comme celui dont dispose notre pays en ce moment   et qui permet même de considérer de petites entités territoriales et de simuler à l’échelle mondiale. 

En effet, le Sénégal dispose d’un super-calculateur de 537 teraflops ; cela équivaut à un ordinateur capable d’effectuer 537 mille milliards d’opérations élémentaires à la seconde.   

« Prenons le cas, par exemple, du modèle de transmission du COVID-19 développé en ce moment à l’UVS. Si nous décidons d’étudier l’épidémie en tenant compte des flux migratoires entre les quatorze régions du Sénégal et des classes d’âge, cela nous amène à un système de 252 équations différentielles. Même en appliquant la très performante méthode de Runge-Kutta qui est très populaire chez les numériciens, on se retrouve avec plus de 10.000 opérations élémentaires, du genre « 1+1=2 » ou « 2×1=2 », à effectuer pour calculer l’évolution de l’épidémie sur une toute petite durée. Un jour par exemple. On voit dans ce cas simple que pour réaliser une simulation sur ne serait-ce que trois mois, on se retrouve avec environ 1 million d’opérations à effectuer » a jouté l’expert. 

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