Alors que depuis le 5 juin 2020, Xavier Saint-Martin Tillet, l’administrateur directeur général (ADG) du groupe LafargeHolcim Maroc Afrique (LHMA), a informé le PCA des Cimenteries du Cameroun (Cimencam) de son projet de reconduction pour 2 ans du contrat de l’actuel DG de cette filiale, le cimentier franco-suisso-marocain vient de se faire servir une fin de non-recevoir du chef de l’État camerounais, Paul Biya.

En effet, Investir au Cameroun, dans une lettre du 6 août 2020 adressée à Xavier Saint-Martin Tillet, le Camerounais Pierre Moukoko Mbonjo, PCA de Cimencam, a notifié à l’ADG du groupe LHMA « la très haute décision du président de la République, chef de l’État (…) de ne pas reconduire le mandat de monsieur Benoît Galichet (photo) comme directeur général des Cimenteries du Cameroun, pour la période 2020-2022 ». En outreprécise le PCA de Cimencam, sans plus de détails sur les motivations du président Biya, « le chef de l’État demande qu’un autre cadre du groupe (…) soit désigné à ce poste ».

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Après 2 années (il est arrivé en juillet 2018) passées à la tête du désormais numéro 2 du marché du ciment au Cameroun (l’entreprise a perdu son leadership avec la fin de 48 ans de monopole, qui a permis l’arrivée de Dangote Cement sur le marché local), Benoît Galichet devra donc plier bagage, dans les mêmes conditions que Jean-Pierre Le Boulicaut en 2008.

Soupçon de fraude fiscale

 Cet ancien DG de Cimencam avait courroucé les autorités camerounaises avec des pénuries de ciment successives, qui s’étaient curieusement installées après un refus du gouvernement d’accéder à une requête d’augmentation des prix formulée par l’unique producteur de ciment du pays à l’époque.

Quid de Benoît Galichet ? Selon nos sources, le refus de reconduire le contrat du DG opposé par l’État du Cameroun, qui contrôle 43% de Cimencam (contre 55% pour LHMA), serait la conséquence de la marginalisation des cadres camerounais au sein de l’entreprise. Ces derniers accusent Benoît Galichet de ne pas reconnaître les compétences des cadres locaux, qui affichent pourtant des états de service louables au sein de l’entreprise, voire à l’échelle du groupe Lafarge devenu LHMA depuis quelques années.

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Mais, au-delà de ces considérations managériales, d’autres sources évoquent des pratiques peu orthodoxes installées au sein de Cimencam, lesquelles auraient consisté, ces dernières années, à faire exploser les charges de la société, notamment via les importations des matières premières et les contrats de consultants. Toutes choses qui auraient contribué à réduire les bénéfices, tout en expatriant habilement des ressources.

Avec Investir au Cameroun

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