L’intelligence artificielle fait peur car le côté éthique est souvent soulevé par des spécialistes. Cependant, les grandes entreprises informatiques qui s’y activent nient cette face obscure de l’IA. Quatre jours après le licenciement par Google d’une chercheuse noire, dans des conditions encore floues, les demandes d’explication se font de plus en plus pressantes

Plus de 1 200 employés de Google et plus de 1 500 universitaires et membres de la société civile on demandé vendredi 4 décembre des explications à l’entreprise tech à propos du licenciement d’une chercheuse noire travaillant sur les questions d’éthique liées à l’intelligence artificielle.

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Timnit Gebru a tweeté mercredi que ses supérieurs hiérarchiques avaient accepté une démission qu’elle affirme n’avoir pas soumise, après qu’elle se fut plainte auprès d’un groupe interne du fait que la firme californienne « réduise au silence les voix marginalisées ». Selon Timnit Gebru, Google lui a reproché certains « aspects » du courriel envoyé à ce groupe interne, qui seraient « en contradiction avec ce qu’on attend d’un manager chez Google ».

Apparently my manager’s manager sent an email my direct reports saying she accepted my resignation. I hadn’t resign… https://t.co/sJ7KmFCBKG—timnitGebru(@Timnit Gebru)

Militante de la diversité

Selon la radio publique américaine NPR, elle avait aussi confié à ce groupe avoir reçu l’ordre de rétracter un article scientifique sur l’éventuelle utilisation d’une intelligence artificielle pour imiter des propos haineux ou biaisés.

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Justifiant la demande de rétractation dans un courriel rendu public, le chef du département intelligence artificielle de Google, Jeff Dean, a expliqué que l’article n’avait pas atteint les niveaux d’exigence en vue d’une publication.

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En plus d’explications concernant cet article, les plus de 2 700 signataires de la pétition mise en ligne jeudi demandent un engagement « sans équivoque » de Google à respecter l’intégrité scientifique et la liberté académique.

Contacté par l’AFP à ce sujet, Google n’a pas répondu.

Militante en faveur de plus de diversité, Timnit Gebru a co-fondé le groupe « Black in AI », dont l’objectif est d’accroître la présence de personnes noires dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Américaine d’origine éthiopienne, elle a notamment étudié la propension des technologies de reconnaissance faciale à faire des erreurs d’identification de personnes de couleur.

Son licenciement intervient alors que Google a été sommé mercredi par une agence fédérale américaine de répondre à des accusations de surveillance à l’encontre de ses employés militants.

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