Communiqué- Sa Majesté La Reine Máxima des Pays-Bas effectue une visite virtuelle au Sénégal, en sa qualité de Conseillère spéciale du Secrétaire général des Nations-Unies pour la finance inclusive pour le développement (UNSGSA), les 19 et 21 janvier 2021. L’UNSGSA prévoit de discuter de l’accélération des politiques de financement inclusif – en particulier liées aux services financiers numériques et dans le contexte du COVID-19 – pour améliorer la vie des populations à travers le pays.

Ladite visite fait suite à une entrevue entre la Conseillère spéciale et le Président Macky Sall, lors du Forum économique mondial (WEF) tenu en janvier 2020, où le Président Macky SALL avait exprimé son enthousiasme pour un soutien et une collaboration approfondie avec l’UNSGSA.

En outre, l’UNSGSA a eu une réunion bilatérale virtuelle productive avec Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le 18 décembre 2020. Le Sénégal est un Etat membre de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) dont l’Institut d’émission est la BCEAO. La Banque Centrale, dont le siège est à Dakar, dessert les huit pays qui composent l’UEMOA. Outre le Sénégal, les autres Etats membres de l’UEMOA sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger et le Togo.

Le dialogue entre l’UNSGSA et le Gouverneur Koné a porté sur la mise en œuvre de la stratégie actuelle d’inclusion financière de la BCEAO, sur la manière d’étendre les services financiers numériques aux zones rurales et sur les projets en cours pour promouvoir l’interopérabilité des paiements et le secteur des technologies financières. En outre, l’UNSGSA a souligné l’importance de mettre en place des biens publics clés pour soutenir les services financiers numériques dans le cadre des efforts de réponse et de redressement dans le cadre de la  COVID-19.

La crise de la COVID-19 a souligné l’importance des services financiers pour aider les communautés vulnérables à gérer les chocs, à assurer une nutrition adéquate et à aider les petites et moyennes entreprises à rester à flot. Les pays dotés d’écosystèmes avancés de services financiers numériques ont été en mesure de réagir plus efficacement. Cela comprend l’extension des programmes de transfert d’argent d’urgence qui reposent sur des portefeuilles mobiles ou des comptes bancaires, ainsi que la promotion des paiements électroniques entre les particuliers, les gouvernements et les entreprises, et la promotion de l’accès au crédit pour les entreprises.

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Selon le Global Findex 2017 de la Banque mondiale, 42% des adultes au Sénégal ont accès à des services financiers formels, soit par le biais d’une banque traditionnelle ou d’une autre forme d’institution financière. Cela représente une augmentation par rapport au précédent Findex en 2014, où le pourcentage d’adultes au Sénégal avec des comptes financiers était de 15%. Cela illustre également une augmentation substantielle par rapport au Findex de 2011 où seulement 6% de la population sénégalaise avait des comptes.

Malgré cette augmentation, environ 4,85 millions d’adultes au Sénégal n’ont toujours pas accès aux services financiers, tels que les comptes bancaires ou d’épargne, les assurances, les prêts, les retraites ou les méthodes de paiement numériques. Cela limite leurs possibilités de développement. Les personnes les plus touchées sont les personnes vivant dans la pauvreté, les femmes, les petites entreprises individuelles et les groupes des zones rurales reculées – tous des segments mal desservis qui sont au cœur du programme de l’UNSGSA.

L’écart entre les sexes pour l’inclusion financière reste un défi permanent au Sénégal où 38% des femmes ont un compte contre 46% des hommes, selon le dernier Findex (2017). La Fintech offre une gamme d’options pour des méthodes bancaires simples, via les téléphones mobiles, pour les groupes mal desservis. Parallèlement, les réglementations pourraient être adaptées pour mieux protéger la confidentialité et garantir la sécurité et l’efficacité.

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Tout au long de la visite virtuelle, l’UNSGSA s’adressera aux dirigeants des secteurs public et privé, et organisera une table ronde avec des partenaires au développement internationaux et des représentants du secteur des technologies financières. En ce qui concerne les Autorités nationales et régionale, l’UNSGSA échangera avec le Président Macky SALL, M. Abdoulaye Daouda DIALLO, Ministre des Finances et du Budget, M. Yankhoba DIATTARA, Ministre de l’Économie numérique et des Télécommunications, Mme Zahra Iyane THIAM, Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire ainsi que Monsieur KONE, Gouverneur de la BCEAO,

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L’Afrique est une priorité pour le travail de l’UNSGSA. Sa Majesté s’est engagée avec de nombreux pays à travers le continent pour promouvoir des sujets de finance inclusive au fil des ans, y compris une visite au Sénégal (2011), ainsi que des visites en Afrique du Sud, en Egypte, en Ethiopie, au Kenya, au Libéria, au Mali, au Nigéria, au Rwanda et en Tanzanie. L’UNSGSA collabore avec le Ministre français des Finances, M. Bruno Le Maire et Mme Melinda Gates, Coprésidente de la Fondation Bill & Melinda Gates, pour faire progresser les services financiers numériques pour les femmes à travers l’Afrique. Parallèlement à la 75ème Assemblée générale des Nations-Unies tenue en septembre 2020, la Reine Màxima a également prononcé un discours lors d’un événement virtuel du Partenariat du G7 organisé le 23 septembre 2020 sur ce sujet pour soutenir les stratégies de résilience et de relèvement de la COVID-19.

Pour sa part, l’Etat du Sénégal, conscient des enjeux de l’inclusion financière, a entrepris, sous la responsabilité du Ministère en charge des Finances, l’élaboration d’une stratégie nationale d’inclusion financière qui a été soumis à l’adoption des Autorités nationales. Ce document tient compte des leviers importants que constituent la microfinance, la digitalisation, la diversification des produits et des canaux de distribution, de l’éducation financière et de la protection des consommateurs.

L’évolution du secteur financier souhaité afin de permettre un large accès des populations défavorisées (les femmes, les jeunes, les populations rurales et les petites et moyennes entreprises) aux services financiers de base nécessitera un renforcement du cadre réglementaire, une extension du réseau et des infrastructures numériques. En outre, la mise en œuvre de la stratégie Sénégal numérique 2025 servira de support à l’utilisation accrue des services financiers, y compris les paiements.

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Sur ce dernier point particulier, le Ministère des Finances et du Budget a engagé un vaste chantier de digitalisation de ces procédures depuis 2015 qui s’est traduit par l’automatisation des versements de salaires, des pensions, la distribution des bourses d’étudiants par cartes bancaires, la connexion au systèmes de paiements régionaux et les mise en ligne d’une plateforme de traitement des procédures fiscales. La finalisation de ces travaux devrait aboutir à une mise à la disposition des usagers et des contribuables d’une large gamme de moyens de paiement et de versement (virement, transfert d’argent, carte bancaire, monnaie électronique, etc.)

Dans le contexte de la pandémie, les Autorités nationales et la BCEAO ont pris un ensemble de mesures visant à soutenir les agents et unités économiques les plus vulnérables tout en veillant à préserver la stabilité financière et la capacité des opérateurs à financer l’économie. Il s’y ajoute qu’un Avis été publié par la Banque Centrale pour promouvoir l’utilisation de la monnaie électronique, facilitant par la même occasion l’application des gestes barrières et la distanciation sociale.

Ainsi, l’accompagnement de l’UNSGSA et des autres partenaires techniques dont certains ont pris part aux travaux de conception du projet de stratégie nationale d’inclusion financière, notamment l’UNCDF, est à saluer. L’Etat du Sénégal attache du prix à ce qu’ils participent, le moment venu, à sa mise en œuvre.

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