Accompagner un entrepreneur nécessite beaucoup de services pour le voir réussir ou se développer. Il faut de plus en plus que l’opinion soit éclairée sur ce qu’il faut réellement pour qu’un projet, qu’une entreprise  puisse éclore !

Pour stimuler l’entrepreneuriat, il faut un mix de beaucoup d’éléments, tels que : 

  • Formation Technique 
  • Pré accompagnement de l’entrepreneur (soft skills et entrepreneuriat) 
  • Accompagnement  vers la garantie 
  • Accès au financement 
  • Suivi après le financement 
  • Accompagnement vers la normalisation ou mise à niveau 
  • Accompagnement vers l’exportation ou le développement 

Donc vous voyez qu’il faut au minimum 7 services qui concourent à aider l’entrepreneur à développer son projet. De ce fait, il est illusoire de penser que seuls les financements pourront régler la question de l’entrepreneuriat au Sénégal. 

Acte 1 –  Travaillons  sur la formation technique de nos jeunes 

L’Etat devrait encore investir sur la formation technique autour des filières porteuses (agriculture dans sa globalité, le digital & les métiers autour de certains services techniques)  pour orienter le maximum de jeunes dans ces domaines afin qu’ils puissent réellement se former. Un métier est une porte d’entrée et permet à la base aux jeunes de comprendre comment fonctionne le secteur de sorte que, s’il doit faire de la production de riz, du maraichage, de la transformation des céréales locales ou de la restauration d’avoir les compétences techniques de base qui lui permettront d’exercer ce métier. Ainsi, il est primordial de  régler d’abord cette question avant d’attaquer les autres.

Acte 2 – Continuons le moule en offrant le pré-accompagnement aux jeunes 

Dans le pré- accompagnement il y a deux leviers sur lequel il faut travailler avec les jeunes après avoir travaillé les compétences techniques, il s’agit des compétences en «Soft skills » et en entrepreneuriat. Les « Soft skills » afin de permettre aux jeunes de se découvrir et de travailler ses aptitudes personnelles indispensables dans la gestion d’une équipe et le pilotage d’un projet. De plus, elles lui permettront de se dessiner un projet de vie et de savoir se mouvoir dans son environnement et être en inter relation avec son écosystème. Enfin, les compétences entrepreneuriales qui lui permettront de structurer son idée, de réfléchir sur son business model, d’identifier ses besoins de départ et définir un plan d’action claire.

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Acte 3 – Mettre en place un mécanisme de garantie fonctionnelle et adaptée

Une fois que le jeune a son projet finalisé, il doit pouvoir avoir accès à un service de garantie qui l’accompagne, si le projet est bancable bien sûr, et qui va faire une contre-expertise afin de voir si son dossier est bien ficelé, dans le cas échéant assurer la garantie pour que le projet soit éligible au financement.

Acte 4 – Assurer le financement ou l’accès au crédit 

A ce niveau on se dit que le projet est bon, l’entrepreneur a suivi le parcours et le mécanisme en place peut réévaluer le dossier et accorder le crédit selon les besoins clairement identifiés dans le business plan en sa partie financière. Ainsi, il faudrait travailler à avoir un mécanisme souple avec des taux d’intérêt accessibles. En outre, il est d’autant plus important de s’assurer que le mécanisme d’enrôlement et de traitement soit adapté au contexte et garantisse une égalité des chances à tous les jeunes Sénégalais. 

Enfin, il importe également de s’assurer, qu’au moment du déploiement du mécanisme, qu’il puisse intégrer une dimension utilisateur et surtout prendre en compte la langue. Ce qui favorisera sa vulgarisation et évitera des incompréhensions de part et d’autre.

Acte 5 – Développer un dispositif de suivi pour les projets financés 

Une fois financé, l’entrepreneur aura besoin de suivi dans la mise en œuvre de son plan d’action, soit par biais du coaching ou par tous autres moyens pouvant l’aider dans la gestion au « day to day » de son activité. Il faut à ce niveau lui donner progressivement les outils de base de la gestion et une éducation sur les bonnes aptitudes du manager, tant du point  de vue conduite d’une équipe et gestion financière. Il faut même aller plus loin en initiant si possible une action de « mentoring » avec un aîné dans le domaine de prédilection qui peut lui conseiller et l’orienter dans son développement.

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Acte 6 – Accompagnement vers la normalisation 

Quel que soit le secteur il arrivera un moment dans le développement de l’activité d’un entrepreneur qu’il ait  besoin de la mise à niveau sur certains sujets. Par exemple, il en aura besoin lorsqu’il développe un produit pour la normalisation (acquisition d’autorisation, de licence, brevets) ou tout simplement le fait de travailler à être sur les normes d’un tel ou tel secteur. A ce niveau, l’entrepreneur aura besoin d’un service spécifique provenant d’un ou de plusieurs structures.

Acte 7 – Assurer un bon  service d’accompagnement vers l’exportation 

Enfin, arrive l’accompagnement vers l’exportation dont l’entrepreneur aura besoin à un stade de maturation. En effet, l’entrepreneur aura besoin de conseils pour l’exportation et même au-delà d’être accompagné à développer sa stratégie de pénétration du marché sous- régional voir international. D’ailleurs, on parle même aujourd’hui de diplomatie économique qui voudrait que des structures de l’Etat à l’étranger travaillent à négocier des marchés pour les entreprises de leurs pays. 

Il faut noter que toutes ces étapes concourent à un seul objectif qui est d’aider l’entrepreneur à développer son projet. Donc vous verrez qu’il est important de travailler à réunir tous les maillons de la chaine et de faire de telle sorte qu’il y ait entre eux des passerelles.

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Si un des maillons manque cela impacterait le résultat escompté.

Le financement à lui seul ne résoudra pas le problème de l’emploi des jeunes dans ce pays. Il faudrait que les acteurs se parlent et qu’ils puissent réfléchir à une stratégie globale avec une vision au départ sinon, on aura des initiatives de part et d’autre éparpillées qui ne feront pas grand résultat.

Par ailleurs, il urge de faire une centralisation des actions envers les entrepreneurs à travers la création d’une « carte du parcours de l’entrepreneur » qui permettra de suivre l’entrepreneur à toutes les étapes de son développement. Cela revêt de plusieurs avantages, non seulement elle permettrait de rationaliser les efforts de l’Etat et organismes d’accompagnement, en évitant les doubles emplois (par exemple un entrepreneur qui bénéficie du même service auprès de différents organes), mais aussi d’optimiser les services (formation, financement, mise à niveau, accès au marché).

Encore une fois la question de l’emploi n’est pas l’affaire d’une seule structure mais devrait être l’affaire de tous avec une synergie d’action et ils doivent faire de telle manière que chaque maillon fonctionne convenablement sur la chaine!

… Pape Ba Gahn

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