mercredi, août 17, 2022

La BAD va lancer une Académie de gestion des finances publiques pour renforcer les capacités des pays africains

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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement  a autorisé, mercredi à Abidjan, la création d’une Académie virtuelle de gestion des finances publiques pour l’Afrique (PFMA en anglais). L’académie sera une plateforme virtuelle de renforcement des capacités des pays africains, sur l’ensemble du cycle et de l’écosystème de la gestion des finances publiques. Un appui sous forme de formation, d’assistance technique et de dialogue politique sera donné aux pays par le biais de programmes de renforcement de capacités structurés, ciblés et dédiés.

L’académie hébergée au sein de l’Institut africain de développement du Groupe de la Banque africaine de développement approfondira le partenariat avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les pays africains pour améliorer les pratiques de gestion des finances publiques en Afrique. Les autres partenaires de mise en œuvre comprennent les principales institutions régionales de gestion des finances publiques, les centres régionaux d’assistance technique pour l’Afrique, les universités et instituts nationaux de formation à l’administration publique.

La formation, l’assistance technique et le dialogue sur les politiques dispensés par l’Académie, couvriront les questions en amont et en aval du cycle de gestion des finances publiques, adaptées aux besoins spécifiques des pays africains.

Les modules de formation couvriront notamment : la macroéconomie et la planification, les prévisions et la modélisation de la politique budgétaire, la budgétisation prudentielle et la gestion des dépenses, la mobilisation des recettes intérieures et extérieures, la gestion de la dette et la transparence, les partenariats public-privé dans la gestion des finances publiques, le renforcement des systèmes de contrôle et de responsabilité supérieur, et la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites. En outre, les questions transversales seront également prises en compte, notamment la gouvernance institutionnelle, juridique, réglementaire, les processus et capacités humaines.

Les bénéficiaires des formations couvrent l’ensemble de la fonction publique africaine, y compris les responsables techniques et politiques qui ont le pouvoir d’influencer et de changer les systèmes de gestion des finances publiques des pays africains. Ainsi, l’Académie accueillera les responsables techniques de la gestion des finances publiques et les hauts fonctionnaires des ministères des finances, de la planification nationale, des directions des budgets, de la gestion de la dette, et des agences génératrices de revenus, notamment les administrations fiscales et douanières. En outre, l’Académie ciblera tous les fonctionnaires intervenant dans la chaîne des dépenses (fonctionnaires des trésors nationaux, des directions administratives et financières des ministères chargés des dépenses et des contrôleurs financiers), les fonctionnaires des banques centrales et des ministères sectoriels tel que celui de l’environnement. Sont également ciblés les agences concernées, les parlementaires, les universitaires, les dirigeants du secteur privé et les organisations de la société civile ainsi que les groupes de réflexion.

L’Académie fournira également l’assistance technique nécessaire aux institutions compétentes responsables de la gestion des finances publiques. Elle recherchera et établira des partenariats avec les instituts nationaux de formation à l’administration publique dans les pays, afin de fournir efficacement des programmes de renforcement des capacités sur mesure pour les fonctionnaires.

Kevin Chika Urama, économiste en chef par intérim et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, a déclaré : « La création de l’Académie virtuelle de gestion des finances publiques pour l’Afrique contribuera grandement à combler les lacunes de longue date en matière de capacités dans les pratiques de gestion des finances publiques dans les pays africains. Elle permettra à la Banque de tirer parti des ressources (savoir-faire, compétences et financement) des banques multilatérales de développement sœurs, des institutions internationales et africaines de gestion des finances publiques, afin de fournir une formation de pointe, une assistance technique et des conseils en matière de politique, qui soient ancrés dans les réalités locales des pays africains. Je suis très reconnaissant à tous les partenaires qui ont travaillé avec nous pour concevoir cette Académie transformatrice pour l’Afrique ».

La composante dialogue sur les politiques du programme va concerner les décideurs de haut niveau et les responsables politiques chargés de concevoir et de promouvoir le changement attendu dans les systèmes de gestion des finances publiques en Afrique.

La composante sur l’assistance technique va viser les institutions publiques pertinentes ou leurs unités, les organisations de la société civile, et les groupes de réflexion, impliqués dans les activités de gestion des finances publiques en Afrique, y compris les médias.

Lorsqu’ils seront entièrement opérationnels, les cours de formation standard de l’Académie pourront être proposés aux parties intéressées sous forme de modules de niveau Master formels, à des tarifs préférentiels.

La Banque mettra en place une unité de laboratoire sur les politiques constituée d’experts internationaux de la gestion des finances publiques qui seront les membres du corps enseignant. Les membres de l’unité de laboratoire sur les politiques, qui seront retenus en fonction des besoins, seront recrutés au sein de la Banque, d’institutions multilatérales, bilatérales et régionales, d’universités et de groupes de réflexion africains ainsi que des experts individuels internationaux spécialisés sur les principaux sujets.

Chaque membre institutionnel de l’Académie fournira des interventions spécialisées en fonction de son mandat et de son avantage comparatif.