mercredi, février 8, 2023

Foire internationale de Dakar : la crise économique se fait sentir

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Entre sonorités diversifiées, visites et expositions de différents stands, c’est dans cette ambiance que se déroule la 30ème édition de la foire internationale de Dakar (Fidak) officiellement ouverte le 15 décembre 2022. Initialement prévu pour le 31 décembre 2022, ce haut lieu de commerce va fermer ses portes le 08 janvier 2023. Seulement, l’affluence n’est pas aussi importante. Les exposants continuent de nourrir l’espoir pour écouler leur produit avant cette date. Pour cette édition, 311 exposants directs avec plus de 1500 exposants indirects provenant de 24 pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe vont participer à la Fidak.

Un mini marché au milieu du Pavillon Sénégal attire l’attention des passants. A l’intérieur, divers produits locaux et artisanaux sont exposés. Nous sommes au Stand de la délégation de la région de Ziguinchor. Dans cette zone, toutes les régions du pays ont été représentées. Aux alentours, la gendarmerie domine les larges allées où les familles et les jeunes se promènent. La Casamance est bien représentée dans cet évènement commercial annuel. Boubacar Sadikh Diedhiou, agent technique à la chambre de métier de Ziguinchor, assis dans un coin du stand observe minutieusement le commerce.

La cinquantaine est un membre de l’encadrement de la délégation et est en compagnie de son collègue de la chambre du commerce. Ils sont tous deux membres du comité préparatoire et d’accompagnement : « Tout ce processus s’est fait sous l’autorité du gouverneur de la région. A l’annonce de la foire, le comité met en place un comité régional préparatoire composé de différents chefs de service concernés et d’acteurs locaux. Le travail du comité tourne autour des objectifs et des moyens pour permettre à la délégation régionale de participer dans les meilleures conditions à la foire internationale de Dakar. Avec le soutien des autorités et la participation des exposants, nous avons pu réunir les moyens nécessaires pour venir à Dakar ».

Il  se félicite des efforts qui ont été consentis et étale déjà son bilan à mi-parcours. Aux dires de Boubacar Sadikh Diedhiou, ils ont pu loger tout le monde au même endroit et mis à la disposition de la délégation, une voiture pour leur déplacement vers CICES : « Notre Objectif est de permettre à nos exposants d’avoir une ouverture au marché national et extérieur. Nous voulons faire connaître nos produits et créer un réseautage. Nous voulons également représenter la région de Ziguinchor en termes de produits locaux ».

Quand la crise économique se fait sentir

A quelques pas de là, d’autres essaient de s’en sortir. L’affluence n’est pas au rendez-vous en ces derniers jours. Lamine Fall, la trentaine, est debout derrière son comptoir en compagnie de sa collègue assise sur une chaise. Les deux jeunes représentent leur société : Africa Chips Sénégal spécialisés dans la production de chips, pop-corn, biscuits et cakes. Sourire aux lèvres, la tête haute, Lamine cache bien ses sentiments. En effet, le binoclard est loin d’être convaincu que cette foire est la meilleure. Il reconnaît toutefois qu’il en est à sa première participation en tant qu’exposant.

Le sieur Fall révèle que les prix de location de stand sont très chers. Ce qui, selon lui, n’encourage pas les jeunes entrepreneurs : « Nous avons déboursé un million de FCFA et plus pour 15 jours. Les choses n’évoluent pas comme voulu mais notre objectif principal c’est de nous faire connaître. Nous voulons faire la promotion de nos produits mais sans une forte affluence, ce sera très compliqué ». Il suggère, pour les prochaines éditions, une baisse du « loyer ».

Lamine Fall n’est pas le seul à fustiger l’organisation. Fatou Fall, coiffée d’un béret noir, essai d’attirer les visiteurs. Contrairement au représentant d’Africa Chips Sénégal, la dame Fall travaille avec les syriens depuis 2016. Exposante dans le domaine de la parfumerie, elle note beaucoup de manquements. « On voit des marchands ambulants un peu partout avec une concurrence déloyale ». Concernant l’affluence de visiteurs, Fatou est convaincue que la Covid-19 en est la cause principale. Avec le report de la clôture de la foire, les exposants espèrent assister au changement de cette situation de crise économique.