jeudi, juillet 18, 2024

Les partenariats sont des piliers essentiels d’un système de santé universel efficace

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L’Afrique subsaharienne a un besoin particulièrement urgent de renforcement de ses systèmes de soins chirurgicaux. La chirurgie a longtemps été une composante négligée des soins de santé pour les populations du continent africain, et l’intégration équitable des soins chirurgicaux et anesthésiques reste le principal défi à relever pour améliorer les systèmes de santé et parvenir à une couverture sanitaire universelle en Afrique.

Si nous y parvenons, nous réduirons considérablement les taux de mortalité et de morbidité liés aux affections que l’on pourrait éviter et traiter grâce à la chirurgie sur le continent.

Il est important de noter que des progrès ont été réalisés au fil des ans. Par exemple, une baisse de 37 % du taux de mortalité a été constatée entre 2000 et 2015. Mais l’Afrique reste cependant à la traîne en ce qui concerne d’autres indicateurs de santé, notamment la possibilité des patients d’avoir accès à des médecins et à des chirurgiens spécialisés. Cette situation est inquiétante car un tiers des affections cliniques nécessitant des soins d’urgence et des services chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques essentiels (EESOACS) surviennent en Afrique.

En mai 2022, S.E. M. Macky Sall, président de la République du Sénégal, et le ministère sénégalais de la santé ont organisé à Dakar un Symposium International sur le renforcement des systèmes de soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques d’ici 2030 en Afrique. L’événement a été organisé en collaboration avec l’ONG internationale Mercy Ships, le bureau régional de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’Afrique et les Collèges Africains de Chirurgiens. Le président Macky Sall a souligné l’importance de réunir les pays africains pour identifier les lacunes, discuter des déficits en matière de soins de santé et déterminer comment, en tant que continent unifié, nous pouvons y remédier.

Lors de ce Symposium, une feuille de route, le Plan d’Actions Régional, a été établie pour accélérer l’accès aux soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques dans toute l’Afrique d’ici à 2030. Je souhaite que ce Plan et la Déclaration de Dakar soient adoptés par l’ensemble de l’Union Africaine afin que l’accès aux soins chirurgicaux et la formation de chirurgies spécialisées soient considérablement améliorés au cours de cette période.

Ensemble, nous construisons l’avenir

Il faut répondre aux besoins chirurgicaux à court terme de la population, mais nous devons également nous concentrer sur les besoins à plus long terme en renforçant les capacités chirurgicales par la formation des professionnels de la santé locaux. Le développement des infrastructures et l’obtention de financements seront également nécessaires si nous voulons atteindre nos objectifs.

Il y a tant de choses à accomplir ensemble pour construire un avenir où la chirurgie sera fiable et abordable pour tous. La création de partenariats cohérents entre les différents pays, mais aussi avec les prestataires de services, où chaque nation bénéficie de ressources partagées, peut également contribuer à répondre aux besoins immédiats de la population. La mise en œuvre des solutions durables garantissant l’intégration et l’extension des soins chirurgicaux dans les stratégies nationales de développement sanitaire des pays viendront dans un deuxième temps.

Le partenariat entre le Sénégal, la Gambie et Mercy Ships est un exemple représentatif de partenariat réussi. Cette initiative lancée par S.E. M. Macky Sall, en accord avec S.E. M. Adama Barrow, Président de la Gambie, a permis au Global MercyTM d’accoster à Dakar pour la première moitié de 2023. Les équipes de bénévoles de Mercy Ships ont fourni des opérations chirurgicales indispensables aux populations des deux pays, et organisé des formations pour leurs professionnels de la chirurgie.

Nous avons du pain sur la planche

Si nous voulons créer un système de santé universel efficace en Afrique, nous devons nous concentrer sur le développement de partenariats plus solides entre les nations africaines, et travailler ensemble au développement de solutions concrètes et durables applicables aux soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques. Nous devons également veiller à ce que nos professionnels de la chirurgie reçoivent une formation continue de haut niveau en Afrique, fondée sur les dernières recherches scientifiques disponibles. Nous devons également continuer à travailler en partenariat avec des experts en la matière, tels que les professionnels de la chirurgie de Mercy Ships, afin d’accélérer la croissance et garantir la qualité des systèmes de santé existants pour nos populations.

L’éducation des populations africaines jouera également un rôle clé. Nous devons partager les connaissances et instaurer la confiance au sein de notre population en les informant sur leurs droits à accéder à des soins chirurgicaux de qualité, sur les solutions chirurgicales existantes pour les problèmes de santé courants. Nous devons également former les professionnels de la santé et les soignants de nos communautés afin qu’ils puissent orienter correctement leurs patients vers les hôpitaux adéquats.

Il faut un village pour élever un enfant. En l’occurrence, cet enfant est un système de santé universel efficace, dans tous les pays d’Afrique. En identifiant et en construisant des partenariats solides qui peuvent répondre aux besoins à court et à long terme de chaque nation africaine, nous pouvons construire les fondations solides et durables d’un système de soins de santé universel.

Par le Dr Serigne Gueye Diop, Ministre Conseiller à la Présidence de la République du Sénégal.