jeudi, juin 13, 2024

Net, déboires et gloires

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Le Net a créé un nouveau type de Sénégalais très accro aux réseaux sociaux, irascibles et trop fermés à tous ceux qui ne partagent pas ce qu’ils croient.

Ils font certainement partie de ces légions que dénonçait Cuello. Ces individus qui repoussent tout dialogue sont foncièrement des antidémocrates. Ces abonnés de la pensée unique ont naturellement l’insulte à la bouche. Ils ne décortiquent pas, n’analysent point tant l’insulte fuse automatiquement de leurs tripes, aussi nauséabonde que vulgaire.

Cette insolence démontrée en permanence a le don très bizarre d’attirer des partenaires du même acabit dans ce massacre de l’intelligence. Nous, les adeptes du papier journal, qui avions beaucoup d’appréhensions sur l’avenir des imprimeries et les tirages de nos produits, sommes redevenus confiants.

Les experts du digital nous avaient convaincus de la fin prochaine du papier journal comme en Europe et ailleurs. Sauf qu’ils n’avaient jamais prévu l’invasion du Net par des individus creux, fades et anachroniques. Des ‘’entrepreneurs’’ ont créé des sites pour nous informer. A part les sites créés par de véritables journalistes, tous les autres l’ont été par des gens ayant échoué partout avant d’investir dans la presse.

Ni l’éthique ni la déontologie ne les guident. Ils publient sans vérifier toutes les « informations » qui puissent leur apporter des vues et de l’argent. Sans compter les fautes de français récurrentes qui ne semblent effrayer personne dans ces sites. Nous sommes donc confiants parce que ce n’est pas ces gens-là qui vont nous envoyer au rayon des vieux souvenirs. Mais toujours est-il que nous croyons foncièrement au digital. Un digital mené par des hommes et des femmes de qualité.

Cette qualité qui signifie des idées à vendre et à partager. Car ce ne sont pas des insultes, par essence irrévérencieuses et crasses, qui vont nous développer. Car autant les insulteurs sont légion dans le Net, autant la présence de gens vertueux, très corrects et bien formés nous rassure.

Aujourd’hui que tout le monde peut prendre la parole sans y être invité et que personne ne peut réclamer le silence ; comme disait David Von Reybrouck, il leur permit de voter et interdit de parler, contrairement au Sénégal où les gens votent, parlent voire insultent s’ils sont avec le pouvoir ou ailleurs. Vu qu’aucun pouvoir n’est éternel, le mieux serait de s’abstenir d’être malotru bref, d’insulter.

Moussa Kamara, Le Témoin