Telegram accusé d’être un outil de l’Otan et de l’Ukraine

Les tensions s’intensifient entre le Kremlin et la messagerie cryptée Telegram. Quelques jours après avoir imposé de nouvelles restrictions à l’application, les autorités russes ont annoncé l’ouverture d’une enquête pénale visant son fondateur, Pavel Durov, sur fond d’accusations de terrorisme.

Selon le journal officiel Rossiïskaïa Gazeta, « les actions du dirigeant de Telegram, P. Durov, font l’objet d’une enquête dans le cadre d’une affaire pénale » pour « soutien à des activités terroristes », en vertu de l’article 205.1 du Code pénal russe.

Les autorités russes estiment que la plateforme serait devenue un outil utilisé par des « radicaux et terroristes », et vont jusqu’à l’accuser d’être exploitée par l’OTAN et l’Ukraine, représentant ainsi une « menace pour la société ».

Telegram au cœur de la guerre informationnelle

Lancée en 2013, Telegram s’est imposée comme l’une des principales sources d’information en Russie. La plateforme est massivement utilisée aussi bien par les autorités proches du Kremlin que par des blogueurs nationalistes favorables au président Vladimir Poutine.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, elle est devenue un canal stratégique pour la diffusion d’informations militaires, utilisée par des soldats des deux camps ainsi que par des responsables ukrainiens, dont le président Volodymyr Zelensky. Parallèlement, Telegram reste un outil privilégié par des groupes d’opposition russes basés à l’étranger.

Face à cette influence croissante, Moscou cherche depuis plusieurs mois à renforcer son contrôle sur la plateforme. Les autorités ont d’abord ralenti les appels vocaux et vidéo, avant de bloquer temporairement l’application pour certains utilisateurs. Malgré ces mesures, Telegram restait accessible à Moscou mardi, selon des journalistes de Reuters.

Durov dénonce une « mesure autoritaire »

Telegram n’a pas officiellement commenté l’ouverture de l’enquête. Par le passé, l’entreprise a fermement rejeté les accusations russes, niant être un refuge pour des activités criminelles ou être compromise par des services de renseignement occidentaux et ukrainiens.

De son côté, Pavel Durov, milliardaire de 41 ans né à Leningrad et installé aujourd’hui aux Émirats arabes unis, a dénoncé récemment les pressions du Kremlin. Il a qualifié les restrictions imposées par Moscou de « mesure autoritaire » et assuré que la plateforme ne changerait pas de ligne.

« Telegram défend la liberté et la vie privée, quelle que soit la pression exercée », a-t-il déclaré.

Cette nouvelle étape judiciaire marque un tournant dans le bras de fer opposant la Russie à l’une des applications les plus influentes de l’espace post-soviétique, au moment où la bataille de l’information devient un enjeu central du conflit russo-ukrainien.

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