Depuis quelques temps le Conseil des ministres se déroule en mode visioconférence. Coronavirus oblige ! Mais, l’enjeu majeur reste la sécurisation des données gouvernementales. En aucune manière, elles ne doivent transiter dans n’importe quel réseau.

C’est l’avis du Directeur de l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE), Cheikh Bakhoum. Invité à l’émission le Jury du Dimanche (JDD), ce 7 février 2021, M. Bakhoum déclare que pour des raisons de sécurité, le Conseil des ministres, même par visioconférence, ne se déroule pas sur internet.

« Le Conseil des ministres est la réunion la plus solennelle de notre République. C’est également une réunion secrète. Donc, il fallait imaginer un dispositif qui puisse permettre de tenir cette rencontre, au plus haut sommet de l’Etat, avec toute la sécurité requise. On pouvait aller sur des outils dont la propriété est au niveau des entreprises Américaines, Chinoises ou d’autres, mais nous avons pris l’option d’avoir des outils in house », a-t-il déclaré. Selon lui, le premier aspect lié à la sécurité du Conseil des ministres était de ne pas le faire passer sur internet.

« Il se passe sur l’intranet administratif. Les données passent sur la fibre optique qui connecte l’ensemble des bâtiments où sont présents nos ministres. Nous avons mis un dispositif dans chaque structure pour pouvoir superviser tous les flux qui entrent et qui sortent. Ce sont des dispositifs de derrière génération que nous avons mis en place, des visioconférences, avec une qualité d’image extraordinaire. C’est un peu au-dessus de la visioconférence qu’on a l’habitude de voir avec des entreprises comme Zoom et d’autres outils qui sont aujourd’hui utilisés par le public », précise Bakhoum.

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MACKY, LE MEILLEUR PROFIL DIGITAL

Selon le Directeur de l’ADIE, les autorités étatiques sont très digitales. Le chef de l’Etat en premier lieu. D’ailleurs, renseigne Cheikh Bakhoum, contrairement à ses adversaires, Macky Sall a l’un des meilleurs profils sur les plateformes digitales. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. « Avant même qu’on arrive au pouvoir, le Président était le seul candidat qui disposait de plateforme digitale. Cela a beaucoup contribué à son élection. Aujourd’hui, en tant que président de la République, on constate que c’est l’un des meilleurs profils sur les réseaux sociaux. Mais également, le Conseil des ministres a été dématérialisé depuis longtemps. Vous voyez à la table du Conseil ministres des tablettes où sont répertoriés les dossiers qui doivent être à l’ordre du jour. Le président lui-même utilise ses dispositifs », informe-t-il.


LE TÉLÉTRAVAIL EN ATTENTE DE LÉGISLATION

Concernant le télétravail, Cheikh Bakhoum estime que c’est une alternative irréversible. Seulement, il nécessite un encadrement. C’est-à-dire un cadre réglementaire qui va définir les vrais contours du télétravail. « Nous devons gérer l’aspect législatif. Le télétravail est aujourd’hui une option qui est donnée à des agents de l’Etat. Mais, ce n’est pas encadré. Dans beaucoup de pays, le télétravail est encadré. En France, on a vu le Premier ministre dire qu’il est permis aux agents de l’administration de faire du télétravail pendant deux ou trois jours dans la semaine. Le Sénégal n’a pas encore légiféré à ce niveau. Parce que, pour le télétravail, il faudrait être en mesure de contrôler la production qui est effectuée par l’agent. Ce qui veut dire qu’il faudrait un certain nombre de dispositifs. À ce niveau, le gouvernement est en pleine réflexion pour encadrer cette activité et la mettre dans le code du travail », révèle Cheikh Bakhoum.

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Avec Emedia

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