De l’idée au financement : ce qui fait dire « oui » à un investisseur

Malick FAYE Digital project manager

Avez-vous une fois discuté avec un entrepreneur ou une start-up qui a mobilisé un financement auprès d’un investisseur (levée des fonds) ? Sans caricature, ils ont tendance à prononcer des phrases ou un vocabulaire un peu “bizarre” du genre “ah je viens de faire le closing de ma série A et j’ai eu trois gros tickets de VC” alors c’est un peu particulier effectivement. Ainsi, à travers cette contribution, je vais essayer de décortiquer le financement des start up et notamment le vocabulaire utilisé.

De première idée de business jusqu’à la première levée de fonds, comment convaincre un inves

Alors, je vais commencer par effectivement vous parler de financement des start up mais notamment du capital risque qu’on appelle aussi venture capital en anglais. En effet, comme dans toute la finance on entend beaucoup d’acronymes, et si vous parlez à quelqu’un du métier il va vous parler de VC pour venture capital. D’ailleurs, le premier point à noter c’est que en anglais c’est venture donc qui vient du mot aventure alors qu’en français c’est évidemment le risque, capital risque. On voit donc déjà bien la différence de mentalité entre les différents pays (cultures).

Le financement d’une start up c’est spécial. Pourquoi ? Parce qu’on parle bien sûr d’une entreprise qui est très jeune, donc on peut pas parler d’un financement classique qui va être celui d’une entreprise bien installée qui va aller voir sa banque avec trois années de comptes de résultats et bilans et qui va pouvoir obtenir un prêt sur cette base là. Autrement dit, tout ce qui est prêt pour une start up vous pouvez oublier. À la place, on va parler de financement en capital, on va parler d’investisseurs qui vont entrer au capital. Et bien sûr, qui dit investissement en capital dit perte d’autonomie et de liberté pour le créateur, qui en général à ce stade là est tout seul ou à deux, possède 100 % des parts, et va devoir accepter que quelqu’un d’autre rentre dans son entreprise.

Bien sûr, la première question qu’on peut se poser c’est pourquoi autant de startups ont besoin de financement. Est-ce qu’elles pourraient pas simplement financer leur croissance avec leurs premiers revenus ? En fait, il y a deux scénarios. D’un côté, il y a une start up qui vivote, qui marche pas très bien, et dans ce cas là elle a un besoin de cash : elle ne fait pas assez de ventes, elle a des coûts fixes, elle commence à lutter, surtout si elle paye déjà des salariés. Donc, elle a besoin d’argent. D’un autre côté, si son produit a rencontré son marché, que les ventes marchent bien, là aussi il y a besoin d’argent pour accélérer le développement. Finalement, que ce soit dans le scénario 1 ou 2, énormément de start up ont besoin de financement.

On verra un peu plus tard les différentes phases de financement, mais parmi les premiers à entrer il y a des investisseurs privés qu’on appelle des business angels. Concrètement, un business angel c’est souvent (mais pas toujours) un ancien créateur d’entreprise qui a réussi, qui a fait une exit, qui a du cash disponible. Mais surtout, au-delà de l’aspect financier, il cherche à rester au contact de l’écosystème entrepreneurial. Il aime ce côté start up, et il veut aussi redonner ce qu’il a reçu. Ainsi, il apporte non seulement de l’argent mais aussi des conseils, du réseau et du soutien.

Ensuite, les investisseurs qui prennent le relais peuvent être des banques d’affaires ou des fonds de capital risque, les fameux VC. Cependant, il faut bien distinguer les fonds de venture capital des fonds de private equity. En effet, les VC arrivent plus tôt dans le cycle de vie, ont un horizon de sortie plus court (4 à 5 ans contre 7 à 8 ans en moyenne), et prennent en général des parts minoritaires. À l’inverse, le private equity peut prendre une part majoritaire, voire racheter toute la société.

Revenons aux étapes de financement. En réalité, elles correspondent aux cycles de vie de la start up. À chaque étape, l’entreprise peut faire un tour de table pour faire entrer des investisseurs. Mais, pour éviter d’être trop dilué, l’idéal est de lever le plus tard possible. Par exemple, si un VC investit 100.000.000 € dans une start up valorisée 500.000.000 €, il prend 20 %. Alors que, si la valorisation monte à 1.000.000.000 €, il ne prendra que 10 % pour le même montant.

Avant chaque levée, on réalise une valorisation de l’entreprise. Cette valorisation prend en compte l’équipe dirigeante, ses compétences, son historique, le marché, le produit, la concurrence et bien sûr le niveau de risque. Et très souvent, les VC disent que le critère numéro un reste l’équipe.

Pourquoi ? Parce qu’une start up peut pivoter. Autrement dit, changer totalement de business model. Mais, ce qui ne change pas, c’est l’équipe.

Il y a eu des pivots célèbres : Airbnb qui louait des canapés au départ, Paypal qui était sur Palm Pilot, Twitter qui venait du podcast, ou encore IBM et Nintendo dans l’ancienne économie. Donc, la flexibilité est clé, et l’humain passe avant le business plan initial.

Pour revenir au financement, la première phase s’appelle le seed money. À ce stade, les tickets sont faibles et les premiers investisseurs sont la love money (famille, amis), les business angels, et parfois le crowdfunding. L’objectif ici, c’est de construire l’équipe, poser les bases, couvrir les premières dépenses.

Ensuite vient la série A. Là, on entre dans le sérieux : il faut un business plan crédible, une équipe en place, et une vision claire. Un critère essentiel, c’est le caractère scalable, c’est-à-dire la capacité à croître sans limite forte.

Puis, la série B concerne des entreprises qui fonctionnent déjà et qui veulent accélérer : internationalisation, acquisitions, croissance. Les montants deviennent plus importants.

Ensuite, la série C concerne des entreprises déjà solides, souvent connues, qui continuent à lever pour se développer encore. À ce stade, le risque diminue et les fonds de private equity arrivent.

Enfin, il existe des séries D, E, F… car les entreprises restent privées plus longtemps. D’ailleurs, l’introduction en bourse n’est plus forcément un objectif immédiat comme avant.

Alors, si vous êtes intéressés par le venture capital, que ce soit pour créer, investir ou simplement comprendre, merci de m’avoir lu jusqu’au bout.

 

À propos de Malick Faye

Malick Faye est un expert en stratégie digitale, entrepreneur et formateur, engagé dans le développement de l’écosystème numérique en Afrique. Consultant auprès de plusieurs programmes internationaux et institutions, il accompagne les startups, les entreprises et les jeunes talents dans leur transformation digitale et leur croissance. À travers ses interventions, ses formations et ses contenus, il partage sa vision de l’entrepreneuriat, du digital, de la civic tech et du développement des compétences. Vous pouvez le suivre via @m6informatique sur les réseaux sociaux.

E-mail : contact@m6informatique.com

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