samedi, juillet 20, 2024

Oser se regarder dans le miroir

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Nous avons l’impression que nous n’avons rien.

Tout ce dont nous nous servons, tout ce qu’on nous fait faire, tout ce qu’on nous fait penser, en fait tout nous semble indiquer que nous sommes démunis, que nous n’avons rien d’utile pour nous, que nous serions misérables sans les autres, que nous aurions honte de nous sans l’apport des autres, nos donateurs, nos bienfaiteurs.

Il y a tout un groupe social, de tout bord, en parfaite symbiose avec les régimes successifs même s’il les critique, qui usant des subterfuges de la langue, des artifices des statistiques, de la rhétorique des avocats serviles de la soumission à l’étranger et aux multinationales, qui, chaque jour, de mille manières, martèle l’impossible émancipation de notre pays en nous appuyant en premier sur ce que nous avons.

C’est devenu une évidence, notre pays est un souk à ciel ouvert.

Souk des marchandises de tout genre en grande partie de la pacotille glanée dans les pays où les usines ont des chaînes spéciales de fabrication pour les produits de qualité inférieure à vendre dans les pays d’Afriques.
Souk de friperie où les jeunes s’arrachent des habits à la provenance douteuse, à l’assurance sanitaire impossible à vérifier.
Souk de voitures, d’équipements de toute sorte, d’outils réformés qui détournés de la casse, créent un décor surréaliste sur nos routes où bus canadiens, camions frigorifiques italiens passent devant des boutiques toscanes, des magasins marseillais servis par des Sénégalais aux accents italiens, espagnols et même anglais.
Une vraie décharge d’idées produites dans les officines de production d’idées subtiles de la soumission, de la dépendance et surtout du désarmement de la confiance en soi grâce à ses zélatrices et ses zélateurs bien pensants recrutés parmi nos meilleurs intellectuels à qui les médias internationaux prestigieux donnent généreusement la parole pour nous servir dans des tasses raffinées la liqueur de l’endormissement servile.
Nous sommes vraiment mal barrés lorsque notre jeunesse mal formée, mal préparée, abreuvée à cette luxure, découragée par des pouvoirs dont les tenant se servent sans modération des biens publics, empruntent la voie de la désertion de la patrie pour des voyages souvent sans retour, de l’accaparement des anti valeurs charriées à vile prix par Internet et les réseaux sociaux et de l’oisiveté à la place du dur labeur qui élève à la plus haute dignité et libère des idées reçues dominantes malsaines.
Pourtant la terre continue de tourner sur elle-même. Elle n’a jamais cessé de tourner autour du Soleil.
Sur les autres continents les pays ont depuis très longtemps cessé de regarder vers l’extérieur. Ils ont très vite compris qu’à regarder la brillance des lambris des pays développés, des pays colonisateurs, ils finissaient par perdre la vue, hypothéquer toute vision émancipatrice de leur peuple et en fin de compte se morfondre dans la dépendance et la pauvreté matérielle et mentale.
Ces pays avaient courageusement décidé de regarder leur peuple ignorant en guenilles, leurs terres dévastées par tant d’années d’exploitation dont les bénéfices leurs échappaient, leurs océans dont les ressources étaient drainées hors du pays, même leur culture ne leur appartenait plus.
Ce fut le temps salvateur des révolutions coperniciennes.
La fille qui était affublée de laideur, osa regarder la glace. Quelle fut sa stupéfaction de voir au fond du miroir le visage de la plus belle fille du monde !

Nous avons perdu du temps, beaucoup de temps.

Cependant il n’est pas encore tard de faire l’inventaire de nos ressources, de toutes nos ressources.
Alors nous nous rendront compte qu’il est largement possible de bâtir le bien-être de nos populations à partir des ressources innombrables dont regorge notre pays.
La première ressource étant notre propre cerveau libéré des idéologies serviles qui s’y sont solidement implantées.
Oui, le Sénégal est vraiment riche en ressources, paré de ses paysages magnifiques, idéalement posé sur cette terre qui sourit aux peuples ambitieux et doucettement bercé par les brises marines rafraîchissantes et enrichissantes de l’Atlantique.
Je vous souhaite une excellente journée sous la protection divine. Juma Mubaarak.
Dakar, vendredi 14 avril 2023