La Question des droits de l’homme a connu des bouleversements avec l’évolution de la technologie et de  l’utilisation qu’en font les usagers. Dans un monde devenu de plus en plus  digital, il urge de revoir les lois et législations des pays pour se conformer à la lutte pour les droits humains et ainsi mettre en place des stratégies pouvant aboutir aux respects  des fondamentaux de l’être humain. C’est dans ce cadre que Monsieur Andrea ORI, a répondu aux questions de Socialnetlink.

Dans cet entretien, le  Directeur  du Bureau Régional  Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) revient sur les défis à relever dans la lutte pour la protection des droits de l’homme et des migrants.

Il apporte également une réflexion sur les différents programmes de son institution visant à améliorer les législations nationales sur le numérique jugulées par les dérives constatées en matière de liberté d’expression en ligne.

Vous avez récemment lancé, en collaboration avec des partenaires la 12ème session de formation annuelle de formation en droit international des Droits de l’Hommes au Sénégal. Pourquoi le choix de cette thématique ?

En effet, le bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) appuie en effet la 12ème session annuelle de formation en droit international des Droits de l’Homme sous l’angle du « Droit des migrants à l’ère du numérique » par le biais du projet PROMIS, conjointement avec l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), visant à élaborer une réponse fondée sur les droits de l’homme au trafic illicite de migrant et les crimes connexes.

En ce qui concerne le choix de la thématique, nous vivons une époque où le numérique est omniprésent dans la vie de l’ensemble des sujets de Droits, des personnes physiques et morales. De plus, les avantages qu’offre la technologie numérique sont énormes, notamment sa valeur du point de vue des droits de l’homme et du développement. Ainsi, le caractère irréversible de la révolution numérique, la nouvelle dynamique de développement qu’elle propulse et les enjeux liés à la protection de la dignité humaine et des droits fondamentaux de la personne humaine à l’ère du numérique, ont inspiré le choix du Numérique comme thème de la 12ème édition de la formation délocalisée en droit international des droits de l’Homme.

L’objectif de la session de Dakar est donc d’offrir à un public francophone, originaire d’Afrique et issu de la famille judiciaire, des organisations de droits de l’Homme et des forces de l’ordre ainsi qu’aux officiels gouvernementaux, un accès à un enseignement d’excellence dans le domaine du droit international des droits de l’Homme et de contribuer à sa promotion dans le cadre des institutions nationales des Etats et de leurs juridictions. Ce programme de formation vise ainsi à renforcer chez les participants une compréhension commune tant des nouveaux défis qui affectent la protection internationale des droits de l’Homme que des actions qui permettent un renforcement des mécanismes de protection. 

Les droits de l’Homme, c’est aussi des questions sensibles comme les menaces sur le droit à la vie privée à l’ère du numérique, quelles stratégies pour la protection des droits de l’homme en ligne ?

Au regard des potentielles dérives dans l’exploitation des données personnelles, il demeure difficile de ne pas porter une attention particulière à l’impact négatif du numérique sur les droits de l’Homme. La révolution numérique, quoique salutaire du point de vue du progrès technologique, ne constitue pas moins un problème majeur à l’échelle mondiale. Les phénomènes de cyberespace et d’intelligence artificielle sont problématiques et ne doivent, à cet égard, être considérés comme non gouvernés et ingouvernables. Comme l’ont affirmé l’Assemblée générale des Nations Unies et le Conseil des droits de l’homme, les mêmes droits existent, que ce soit en ligne ou hors ligne. L’obligation qui incombe aux Etats de protéger et de respecter les droits humains demeure et doit être renforcée à l’ère du numérique.

C’est pourquoi, il faut davantage approfondir la réflexion sur les meilleures politiques et stratégies pour parvenir à améliorer les législations nationales sur le numérique jugulées par les dérives constatées en matière de liberté d’expression en ligne que sont les discours incitatifs à la haine, l’incitation à la violence, le harcèlement et les menaces en ligne, sans pour autant porter atteinte à la liberté d’expression en ligne et à la vie privée. On peut aussi constater l’utilisation du numérique pour faciliter le trafic illicite de migrants qui se servent des réseaux sociaux pour partager et avoir des recommandations sur les passeurs, les routes, les prix. Les migrants s’exposent ainsi à des risques accrus de recrutement par des trafiquants d’êtres humains. S’il est évident que les réformes des législations doivent se faire au rythme de l’évolution numérique, elles doivent cependant et nécessairement se conformer au droit international des droits de l’homme. La révolution numérique doit être au service du droit et du Droit international des droits de l’homme. 

La Jeunesse est aussi une couche très touchée dans la défense des droits de l’homme, avez-vous des programmes spécifiques au Sénégal, les concernant ?

Ces sessions de formation annuelle touchent pas moins de 130 jeunes du Sénégal et de la sous-région. Et nous sommes à la 12ème édition. Il faut rappeler également que ces sessions de formation délocalisée de Dakar, visent à offrir un accès à un enseignement de qualité dans le domaine du droit international des droits de l’Homme et contribuer à sa promotion dans le cadre des institutions nationales des Etats et de leurs juridictions. La finalité étant de contribuer à la réalisation effective des droits de l’homme tels que garanties par les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme. 

Pour cela, il y a lieu de saluer la présence d’éminents experts nationaux, régionaux et internationaux qui ont accepté de mettre leur expertise au service de la formation des auditeurs.

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