Admis à l’école in extremis à l’âge de 12 ans, Bouré Faye doit son instruction grâce à un événement malheureux (…). Étudiant en master de philosophie, il est collecteur d’ordures ménagères depuis bientôt 7 ans et son avenir s’annonce radieux grâce à cette activité. Interrogé par AfricaGlobe tv et Africaglobe.net, Bouré Faye, alias Babacar nous trace son parcours  à la fois fascinant et inspirant.

Originaire de Fatick, Bouré Fayé a été scolarisé tardivement et accidentellement puisque les siens lui avaient réservé un autre avenir derrière le troupeau familial. Alors que ses aînés et  même ses plus jeunes frères et sœurs étaient déjà sur les bancs d’écoles, lui était la personne «réservée» pour s’occuper du bétail au village. Mais le destin tragique du troupeau va changer le cours des choses. En effet, le cheptel a été méthodiquement et intégralement emporté un jour par des voleurs. Suite à cela plus rien ne s’opposait à ce que le jeune berger accède à l’instruction malgré son âge avancé. Inscrit à l’école, il s’accroche fort bien  et fait de bons résultats. 

Brillant élève, du primaire au collège, Bouré a marqué l’école de par ses performances en tant qu’apprenant en  occupant la première place chaque fois. Malgré la pauvreté de sa famille,  il a tenu le coup jusqu’à accéder à l’université.  En master 2 de philosophie, par la force du destin, Bouré Faye  en train de devenir un entrepreneur modèle pour d’autres jeunes rien qu’en s’adonnant à la collecte des ordures ménagère dans son quartier de Ouakam. Une activité qu’il a découverte 6 ans plus  tôt, au hasard d’une rencontre alors qu’il était élève. 

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Depuis lors, il la pratique avec patience, constance et sans complexe aucun sous la houlette d’un jeune charretier, son mentor. 

Tout a commencé quand il était au collège. Élève à Fatick, les périodes de grandes vacances le conduisaient à Dakar, la capitale. Les vacances pour lui ne rimaient pas forcément  avec pause, jouissance ou divertissement. Puisqu’il connaît bien la situation de sa famille, il fallait s’organiser pour se prendre en charge. 

Il met donc  à contribution chaque année, ses périodes pour se chercher de petits boulots ici et là : apprenti maçon, vendeur d’herbe pour animaux, etc. Ces différentes occupations lui permettent à la fin de ses vacances, depuis plusieurs années, de s’acheter des  fournitures scolaires et pour d’autres dépenses afférentes à sa vie d’un élève. 

Ce faisant, Bouré découvre une activité improbable qui est sur le point de changer sa vie si ce n’est déjà  le cas. Il s’agit du ramassage des ordures ménagères. Une activité que beaucoup de jeunes, même s’ils ne le disent pas, auraient  du scrupule à exercer surtout quand ce n’est pas une grande entreprise ou organisation du genre Veolia ou UCG et Cie qui possèdent de la logistique (véhicules et matériel dédié, uniformes) pour faire le boulot. Mais Bouré lui, devait être flanqué  chaque jour sur une charrette , passer de maison en maison et conduits par un cheval pour récupérer les ordures.

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En 2020, au plus fort de la pandémie du Covid-19, forcé de prendre des vacances, Bouré Faye  profite pour mettre des bouchés double jusqu’à réussir à s’offrir un tricycle motorisé de plus d’un million de franc en moins d’un an d’activités. Avec le ramassage des ordures  il gagne confortablement sa vie avec des revenu qui peuvent faire pâlir certains fonctionnaires. Aujourd’hui c’est un chef d’entrepreneur qui s’affirme et qui prévoit d’organiser sa structure, d’agrandir son parc de tricycles et de se lancer dans d’autres projets d’entreprise. 

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