Dynamique et créatrice d’emplois, l’industrie offre de nouvelles perspectives de carrière pour les cadres. D’ingénieur en réalité virtuelle à développeur Internet des objets, tour d’horizon des métiers cadre qui émergent dans le secteur industriel.

Finalement peu affectée par les restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 et boostée par le plan de relance économique, l’industrie française semble avoir de beaux jours devant elle. Les relocalisations sont devenues un enjeu clé du débat public, qui s’accompagne de résultats concrets : selon une étude du cabinet Trendeo publiée début décembre, 45 entreprises ont relocalisé une partie de leur production en France en 2021. Et qui dit bon fonctionnement, dit besoin de recrutement : selon l’étude du spécialiste dans l’analyse de données, ces 45 relocalisations auraient chacune permis la création d’au moins cinq emplois.

Une dynamique positive de l’emploi qui profite aux cadres : selon une étude de l’Apec publiée à la mi-décembre, près de 50.000 offres d’emploi cadre ont été publiées en 2021 dans le secteur de l’industrie. Selon l’étude, parmi l’ensemble des offres d’emploi proposées par les entreprises, un certain nombre concerne des métiers émergents, dits “en mutation”. Fortement liés aux avancées technologiques et aux nouveautés du numérique, ces métiers ont pour vocation de “répondre à des enjeux de compétitivité, de réindustrialisation des territoires, mais aussi de développement de modes de production et de consommation plus sûrs et plus durables”, indique l’Association pour l’emploi des cadres. Zoom sur 8 métiers cadre d’avenir dans le secteur de l’industrie.

1. Ingénieur en réalité virtuelle/augmentée

Dans la santé, dans la formation ou encore dans le marketing, la réalité virtuelle s’étend à un nombre croissant de domaines et risque de s’implanter dans notre quotidien au fur et à mesure des années. Dans ce cadre-là, le métier d’ingénieur en réalité virtuelle et augmentée va être de plus en plus recherché par les entreprises industrielles. Son rôle ? Écouter la demande des clients, concevoir et développer des programmes, des systèmes et des outils d’immersion 3D. Que ce soit le développement d’algorithmes, de solutions numériques ou encore d’outils liés à la réalité virtuelle, l’ingénieur en réalité virtuelle et augmentée doit faire preuve d’innovation tout en s’adaptant aux besoins du client.

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Formation et diplômes : école d’ingénieurs ou université avec une spécialité dans le domaine informatique, d’un niveau bac+5 minimum. Un diplôme bac+8 est apprécié.

Salaire moyen : entre 33.000 et 48.000 euros brut par an.

2. Ingénieur en cobotique

Deuxième métier d’avenir présenté par l’Apec, l’ingénieur en cobotique est chargé de la conception, du développement et de la maintenance de cobots. A la différence des robots, qui effectuent de manière autonome des actions au profit des humains, les cobots participent à la collaboration entre les hommes et les robots. Ils permettent ainsi de soulager les travailleurs de tâches répétitives et vont notamment prendre la forme de bras articulés ou de bras robotisés. L’ingénieur en cobotique a pour mission d’être attentif aux besoins des utilisateurs, pour concevoir les cobots les plus adaptés à l’automatisation souhaitée. Il doit également veiller au bon fonctionnement de l’appareil, afin de le corriger et l’améliorer si nécessaire.

Formation et diplômes : école d’ingénieurs ou université dans le domaine de la robotique, mécanique, génie industriel ou automatismes. La détention d’un bac+5 est nécessaire, et les diplômes d’un niveau bac+8 sont appréciés.

Salaire moyen : le nombre d’offres d’emploi dans ce domaine est encore trop faible (inférieur à 100) pour en extraire un salaire moyen.

3. Développeur Internet des objets (IoT)

Comme son nom l’indique, l’Internet des objets désigne l’interconnexion entre Internet et des objets, soit tout ce qu’on appelle les “objets connectés”. Vous connaissez peut-être les montres ou encore les écouteurs connectés, mais avez-vous entendu parler des pommeaux de douche connectés ou des vêtements intelligents ? L’IoT tend à se démocratiser, et engendre avec lui un certain nombre de nouveaux métiers. L’un d’eux, le développeur Internet des objets, est chargé de développer des applications et des logiciels à destination des objets connectés. Il va travailler avec les équipes commerciales afin d’étudier la faisabilité technique de chaque projet.

Formation et diplômes : école d’ingénieurs ou université avec une spécialisation en

informatique industrielle ou électronique embarquée. Un niveau bac+5 est requis.

Salaire moyen : entre 35.000 et 50.000 euros brut par an.

4. Consultant PLM (product lifecycle management)

Le “product lifecycle management”, en français “gestion de cycle de vie”, est l’ensemble des méthodes et logiciels qui permet de créer et d’entretenir les produits industriels tout au long des étapes de leur vie. Toutes les données sont centralisées au cœur d’une plateforme collaborative, qui permet à l’utilisateur d’avoir une vue d’ensemble du projet et de faire évoluer les objets connectés en fonction de l’usage que l’on en fait. Ainsi, le consultant PLM va, pour le compte de clients, contribuer aux phases précédant la vente des produits connectés et rédiger les spécifications fonctionnelles de ces derniers. Il a également pour mission de coordonner le projet avec les différents acteurs en collaboration avec le chef de projet.

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Formation et diplômes : université ou école d’ingénieurs avec une spécialisation

dans le domaine du génie industriel, du PLM ou de la mécanique. Un niveau bac+2 est requis.

Salaire moyen : entre 31.000 et 53.000 euros brut par an.

5. Ingénieur en impression 3D

Le principe de l’impression 3D est de fabriquer un objet physique à partir d’un objet numérique. En ajoutant plusieurs couches de matières à partir d’une modélisation 3D, il est possible de fabriquer des pièces en volume. De nombreux secteurs, tels que l’aéronautique ou la santé, ont recours à l’impression 3D, que ce soit pour améliorer leur processus de production ou pour personnaliser leurs équipements. L’ingénieur en impression 3D est ainsi chargé de la production, la réalisation et la diffusion des pièces et des machines qui utilisent l’impression 3D. Il a à la fois un rôle technique et commercial : il va également définir et suivre les besoins du client et le former sur les logiciels, machines et programmes.

Formation et diplômes : école d’ingénieurs, avec une spécialisation en mécanique/

mécatronique, procédés ou matériaux. Un niveau bac+3 est requis.

Salaire moyen : le nombre d’offres d’emploi dans ce domaine est encore trop faible (inférieur à 100) pour en extraire un salaire moyen.

6. Ingénieur en simulation numérique

Le secteur industriel utilise la simulation numérique pour obtenir, à partir d’un programme informatique, les résultats de scénarios de manière virtuelle en simulant un phénomène physique réel. Par exemple, il est possible de simuler un accident de voiture, la compression d’une bouteille en plastique ou encore la propagation d’une fissure. Avoir recours à la simulation numérique durant l’élaboration de produits industriels permet ainsi de diminuer le nombre de prototypes et d’essais. L’ingénieur en simulation numérique est celui qui s’occupe de modéliser les systèmes complexes à l’aide de logiciels. Il va mesurer les conséquences de certains phénomènes sur les produits industriels afin d’optimiser leur performance.

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Formation et diplômes : école d’ingénieurs ou université avec une spécialisation en mathématiques et développement informatique. Un niveau de bac+5 à bac+8 est requis.

Salaire moyen : entre 34.000 et 46.000 euros brut par an.

7. Ingénieur en intelligence artificielle (IA)

L’intelligence artificielle désigne le champ d’études et les techniques utilisées pour simuler l’intelligence humaine à travers une machine. De nombreuses entreprises industrielles cherchent à utiliser l’intelligence artificielle pour développer leurs produits. A partir de données, elle permet notamment d’améliorer les processus de production, d’automatiser le contrôle qualité ou encore d’identifier les défaillances sur une chaîne de fabrication. L’ingénieur en IA va ainsi développer des outils et des méthodes pour résoudre des problèmes définis à partir d’algorithmes. Il va évaluer et optimiser les applications afin qu’elles correspondent aux besoins du projet.

Formation et diplômes : école d’ingénieurs ou université avec une dominante en

informatique et/ou en mathématiques appliquées. Un niveau de bac+5 à bac+8 est requis.

Salaire moyen : entre 35.000 et 55.000 euros brut par an.

8. Consultant en cybersécurité

A l’heure où les affaires de piratages informatiques et de cyberattaques se multiplient à travers le monde, la cybersécurité est devenue un enjeu central pour les entreprises. La cybersécurité désigne donc l’ensemble des outils utilisés par une entreprise ou un Etat pour assurer la sécurité de ses systèmes informatiques et de ses données. Le rôle d’un consultant en cybersécurité est de conseiller et d’accompagner ses clients sur leurs problématiques de sécurisation des systèmes d’information. Dans le cas particulier des entreprises industrielles, le consultant en cybersécurité s’occupe de sécuriser les automates connectés numériquement les uns aux autres.

Formation et diplômes : un diplôme de niveau Bac +5 est requis en sécurité

informatique.

Salaire moyen : de 39.000 à 63.000 euros brut par an.

Avec Capital