Si les réseaux sociaux ont réussi une chose, c’est d’avoir démocratisé l’usage d’internet. Aujourd’hui, les femmes de ménage s’en donnent à cœur joie et ne sont pas prêtes à le laisser.

Téléphone presque collé à la bouche, Bintou Fall marche doucement. Son pagne fortement noué et un Tee-Shirt d’une époque montrent qu’elle est à la tâche. Mais quelle que soit la dureté du labeur, son téléphone ne la quitte jamais. Elle est femme de ménage dans une famille de cinq personnes à Hann Mariste. Le matin, dit-elle, presque la maison est vide. Les enfants sont à l’école, les parents au boulot. « Je reste seule à la maison mais j’avoue que je ne m’ennuie pas. Je suis membre de beaucoup de groupes WhatsApp. Ce sont des discussions interminables entre le sérieux et le moins sérieux. Vraiment je ne m’ennuie pas. Je ne sens même pas le temps passer », dit-elle d’un léger sourire. Maty Sarr elle, estime que WhatsApp a changé sa façon de vivre.

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« Je travaille dans une maison où les gens sont très sympas. Mais il n’y a pas de cadre où les gens se retrouvent pour échanger. Avant d’avoir un smartphone je m’ennuyais vraiment. Soit je dormais ou regardais la télévision si je n’avais rien à faire. Aujourd’hui, je peux être en contact permanent avec tous les membres de ma famille. C’est assez plaisant. Et puis on n’a pas besoin d’être intellectuel pour l’utiliser », se réjouit elle.

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Tiktok pour décompresser

Corps svelte, Ndioba est soigneusement habillée. C’est une habitude dit-elle. En effet, chaque jour, vers 17 heures, après toutes les corvées de la journée, elle se pare de ses habits les plus class. « Je ne sors pas. Je suis au balcon, je me mets sur l’application TikTok. C’est une application qui me permet de décompresser. Il y a énormément de vidéos drôles. Cela me permet de ne pas sentir la solitude », dit-elle. Si Ndioba est très collée à WhatsApp, Maty elle est à cheval entre WhatsApp et ses statuts et TikTok. Selon elle, en plus d’offrir un contact facile et permanent, la plateforme est très diversifiante.

Un budget mensuel

Même si ces différentes plateformes offrent énormément d’opportunités, il ne faudrait pas oublier qu’elles ne sont pas gratuites. Pour éviter d’être à court de connexion, certaines consacrent un budget à la connexion. « Je mets chaque mois 2000 francs. Mais les vidéos de Tiktok, elle ne tient pas un mois. Souvent je peux aller à 40000 francs ». Sa sœur elle, dépensait plus du double. « Je ne calculais pas,  il n’y a rien qui m’intéressait si ce n’est pas la connexion. C’est devenue une drogue pour moi. Mais depuis que mon patron a installé un Wifi, je ne me plains pas. Même si en période d’année scolaire, il éteint la connexion le soir pour que ses enfants se concentrent. Même là je ne me permets de ne pas connecter. J’achète les pass mobiles », dit-elle.

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Seynabou Fall : « J’ai été renvoyée à cause de WhatsApp »

Femme de ménage depuis plus d’une décennie, Seynabou a pris les réseaux sociaux avec le cœur au prix de son emploi. En effet, raconte-t-elle, un jour qu’elle était en pleine discussion avec son amant, elle oublie qu’elle n’était pas seule dans la maison. « J’ai dit des choses assez intimes et ma patronne les a entendues. Elle m’a réprimandée une première fois et a passé l’éponge. Un autre jour, je suis passée à côté de ma cuisine. Ça lui a fait très mal. Elle avait des invités ce jour là. Alors qu’elle m’avait demandé de lui amener quelque chose, j’ai mis du temps avant de revenir. Elle est venue à ma recherche et m’a trouvée en train d’envoyer un message audio. Elle m’a payée et renvoyée sur le champ », se souvient elle.

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