Après Google et Snap, le réseau social tente à son tour de commercialiser ce type d’appareil qui fait peser un risque sur le respect de la vie privée.

Paire de lunettes sur le nez face caméra, Laurent Solly, le dirigeant de Facebook France, exulte : « C’est les Ray-Ban Stories, c’est fou ! Vous prenez des photos, vous filmez, vous écoutez de la musique, vous prenez vos appels. C’est génial ! ».

Développé en collaboration avec l’opticien EssilorLuxottica, la maison mère de Ray-Ban, ce produit, décliné en plusieurs modèles, sera commercialisé à partir de 300 dollars dans différents pays : Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Italie, Australie, Irlande. Ni la France, ni l’Allemagne, ne sont pour l’instant concernés. Ces lunettes peuvent être reliées à l’application Facebook View d’un smartphone afin d’y stocker les contenus et de les partager ensuite sur le réseau social de son choix. Une petite lumière LED s’allume lors de la prise de vidéo – de 30 secondes maximum- supposée ainsi avertir les personnes présentes alentour qu’elles sont filmées.

La société de Mark Zuckerberg n’est pas la première à s’aventurer sur ce terrain-là. Le moteur de recherche Google a présenté son projet Glass en 2013 mais l’a abandonné deux ans plus tard. A l’époque, les protecteurs de la vie privée s’inquiètent aussitôt de la possibilité de collecter des données personnelles par ce système sans que les gens croisés dans la rue ne le sachent et ne puissent donner leur consentement préalable.

Google, Microsoft, Snap… De nombreuses tentatives ont déjà eu lieu

Changement de stratégie. Une version professionnelle voit le jour en 2019 mais les ventes sont restées confidentielles. De même, Microsoft a lancé ses lunettes Hololens en 2015 en se concentrant lui aussi sur le marché professionnel. Seul Snap, la maison mère de Snapchat, continue de viser le marché grand public avec ses Spectacles lancées en 2016. Capable de prendre des photos et des vidéos, ce produit a connu des ratés au démarrage et s’est écoulé à seulement 150 000 exemplaires la première année. Le groupe a même été contraint de passer une charge de 40 millions de dollars sur ses stocks invendus. Pour autant, une deuxième puis une troisième génération a vu le jour avec des fonctionnalités de réalité augmentée.

Le pari de Facebook est donc pour le moins osé. Plusieurs fois pointé du doigt pour avoir porté atteinte à la vie privée de ses utilisateurs, le groupe a également été critiqué pour avoir laissé circuler des vidéos en ligne lors des événements du Capitole. Ses lunettes, même si elles ne peuvent pas diffuser en direct, augmentent le risque de prise d’images « volées » sur des scènes de crimes ou durant des actes terroristes sans que personne ne puissent s’en apercevoir. Attention, terrain glissant pour Facebook !

Avec L’Express

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