Portrait

Mohamed Amadou Diallo, de ByFilling , un entrepreneur africain

Mohamed Amadou Diallo, Co-fondateur et Directeur de ByFilling

Pouvez-vous vous présenter ?
Mohamed Amadou Diallo co-fondateur et Directeur Général de l’Agence de Conversation Digitale By Filling. Je suis un entrepreneur africain, de nationalité nigérienne, né au Sénégal, mais d’origine burkinabé. Je considère que l’UEMOA, c’est la maison.

D’où est venue cette envie d’entreprendre ?
En tant qu’entrepreneur, cette question nous est souvent posée.
3 ans après le début de l’aventure, je réalise que ce sont des rencontres, avec “une passion” et des conversations enrichissantes qui m’ont progressivement orienté sur le chemin de l’entrepreneuriat.

3 ans plus tard, je réalise que la première motivation, qui fait avancer sur ce chemin est la forte envie de construire une entreprise qui « compte » et qu’on “conte” en Afrique.Une entreprise capable “d’inspirer” et pousser d’autres jeunes africains à entreprendre dans le domaine des TIC ou dans d’autres domaines. C’est ainsi que nous aspirons à offrir, pas simplement un avenir, mais une vie meilleure au continent.

Nous n’y sommes pas encore, mais c’est un de nos souhaits les plus profonds. Il réside dans le slogan de l’agence “yesso”. “Yesso” qui signifie « aller de l’avant » en peulh. Aller de l’avant en essayant d’être des entrepreneurs positifs. Loin de nous l’idée de se positionner comme modèle. Le challenge est de montrer qu’il est possible de créer de la valeur en partant de pas grand-chose.

La seconde motivation concerne notre passion : le digital. Notre époque est marquée par une vraie crise du marketing. Nous passons radicalement d’un marketing agressif (publicité télé, presse, affichage) à un marketing instructif (qui aide les clients à régler des problèmes). Nous oeuvrons pour que les entreprises africaines puissent comprendre cette mutation et l’intégrer.

Parlez-nous de By Filling?
By Filling est basée au Sénégal. Nous avons débuté nos activités en 2012. Je me souviens encore de ce premier « bureau » : un restaurant. Nous nous retrouvions à 3 tous les matins pour y travailler, faire des rendez-vous et construire nos premières offres.

Aujourd’hui, il y a du changement. Tant pour nous que pour l’écosystème digital. A ce jour, au Sénégal par exemple, By Filling a 7 millions de raisons d’exister. 7 millions, c’est le nombre d’internautes (derniers chiffres de l’ARTP, T2 2015). Notre mission est donc d’expliquer aux entreprises qu’il est temps qu’elles répondent aux attentes de cette population connectée.

Ainsi, nous aidons les entreprises à se moderniser. Ceci grâce à une méthodologie qui permet à nos clients d’être visibles en ligne, de générer des prospects et des clients. Ce qui se traduit souvent par une hausse du chiffre d’affaires.

Nos services sont l’Inbound Marketing, le Social Media et le Développement Mobile et Web.

En êtes vous l’unique promoteur ?
Non. Fort heureusement !

Qui sont vos co-fondateurs ?
Deux amis : Luigi Giglio et Alpha Kane. Les deux sont de formidables rencontres qui expliquent pourquoi By Filling évolue dans le marketing digital.

Combien d’emplois avez vous créer ?
Nous avons créé une vingtaine d’emplois en 3 ans. Notre équipe a une moyenne d’âge de 25 ans. Jeunes, dynamiques. C’est passionnant de les retrouver tous les jours pour de nouveaux défis. C’est challengeant de gérer leurs énergies !

Quelles difficultés avez vous rencontrées ? Ou rencontrez vous au quotidien ?
Vous voulez vraiment que nous listions toutes les difficultés ici ? Je pense qu’il n’y aura pas assez de lignes (rires).

Une difficulté de taille pour les jeunes entrepreneurs : la confiance.
La confiance des prospects, qui se demandent si les start-up sont fiables. La confiance des banques, qui se demandent si les start-up sont de bons investissements…

Un produit phare ?
Est-il possible de répondre plus largement ?
En vérité, au lieu de mentionner un produit, je préfère parler du pari que nous faisons en ce moment. Prenons le marketing : il est facile de constater qu’il est en « crise ». Il y a de plus en plus de campagnes publicitaires, télés, radios, presses qui, en fin de compte, nous agressent. Pourtant, ce qui est paradoxale, c’est que personne ne se lève en se disant « tiens je vais regarder une publicité ce matin ». Nous nous levons tous pour « régler des problèmes », et pour ce faire, nous avons besoin d’informations.

Notre pari est de démontrer qu’il est préférable pour le marketing en 2015 de produire du contenu qui peut être utile et qui permet aux internautes de régler des problèmes. C’est ce contenu qui sera votre plus grande campagne publicitaire.

Quel est votre regard sur le marché local ?
S’agit-il bien du marché du digital au Sénégal, au sens large ? Si tel est le cas, je pense que selon l’entreprise, le regard est différent. En ce qui nous concerne, nous pouvons dire que le marché est encore hésitant. Il demande des preuves chiffrées de la nécessité d’intégrer le digital. Ce qui est extraordinaire, c’est que la communication traditionnelle produit peu de chiffres, mais les annonceurs demandent rarement des rapports. De par la nouveauté de nos offres,  il nous est demandé de fournir plus de justifications.
Je pense que c’est parce que le marketing digital, de par sa nouveauté, est encore difficile à cerner.

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons lancé notre blog #thefacts , afin de partager des connaissances en rapport avec le marketing digital. Nous sommes dans l’économie du savoir. C’est aussi un point qui fait partie de notre A.D.N : la transmission, car nous pensons qu’elle est la condition du progrès.

Que pensez vous du marché des TIC au Sénégal ?
Pour cette question, permettez-moi de répondre de manière spécifique pour le marketing digital. Notre secteur demande à se professionnaliser et à se structurer. Nous avons aussi besoin de ressources, d’acteurs qui pensent différemment, pour construire de nouveaux modèles pertinents pour le Sénégal.

Pensez vous que le numérique puisse être un accélérateur de croissance?
Oui. S’il y a un mot plus fort qu’accélérateur, je suis preneur !

Depuis combien de temps êtes vous incubé chez CTIC Dakar ? Votre ressenti ? Des attentes ?
2 ans. Une magnifique expérience humaine. Le CTIC est à notre image. Une start-up qui construit son modèle progressivement et qui devrait y arriver. Les incubateurs sont nécessaires. Il en faut plus.

Quel rôle peut jouer des entreprises comme la vôtre dans l’éclosion d’ un secteur économique à fort potentiel ?
Sans vouloir faire dans l’accroche publicitaire, je pense que nos entreprises peuvent agir comme des « game changers ». Vous savez, nos entreprises n’offrent pas simplement de nouveaux services, mais aussi une nouvelle façon de travailler et une approche qui place le client au cœur de la réflexion.

Par exemple, avec une approche comme la nôtre, je pense que nos entreprises pourraient améliorer le fonctionnement des hôpitaux en proposant, au-delà des solutions informatiques, des process pour l’atteinte d’objectifs utiles pour le client. Il s’agit juste d’un exemple.

Avec des acteurs historiques comme Ak-Project ou People Input qui sont connus depuis des années pour délivrer des expériences de qualité ; avec des acteurs comme NEUROTECH, 2SI, CHAKA, SEYSOO qui sont des références à l’international ; avec un acteur comme GAINDE 2000 qui, aujourd’hui, est une best-practice internationale ; avec un acteur comme CONCREE qui vient booster l’entrepreunariat au Sénégal ; avec des agences digitales comme Nelam Services, Upperskies, TalkBox qui font preuves de créativité au quotidien ; avec des acteurs comme Wakhart, qui associe admirablement culture et digital ; avec des acteurs du e-commerce aussi dynamiques que Niokobok ou Tong Tong ; avec d’autres dizaines d’exemples, je pense que nous jouons déjà un rôle dans l’éclosion d’un secteur économique à fort potentiel
 Avec le Ctic Dakar 

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