Qui ne connaît pas la SAPE (La société des ambianceurs et des personnes élégantes) ? Cette mode vestimentaire populaire née après les indépendances au Congo-Brazzaville pour ensuite se propager au Congo-Kinshasa chez les jeunes. L’entreprise Tongisa veut cette fois-ci aller à la source en incitant les tailleurs à se professionnaliser davantage en les regroupant sur la plate-forme.

Les initiateurs Esther SAMBU, formée en IT à l’International University of East Africa de Kampala (Ouganda) et Paul-Denis Mbenga en Entrepreneuriat et Gestion à l’Université Catholique du Congo proposent une idée originale, qui pourrait s’avérer payante en se servant des réseaux sociaux, grâce à la digitalisation. Avec Tongisa, les deux entrepreneurs souhaitent digitaliser le secteur du textile, en particulier ce qui est attrait à l’univers des tenues. «Nous simplifierons les procédés de commandes, de productions et de livraisons de ces tenues très appréciées par les populations». La première cible est la population kinoise.

Une sélection drastique

Si le business s’annonce potentiellement lucratif en raison de la forte tradition de la sapologie, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas aisé de trouver des tailleurs répondant aux besoins stricts des clients La valeur ajoutée de Tongisa se situe sur cet axe précis. « Notre premier élément de crédibilité résidera dans le fait que nous puissions pré-sélectionner les tailleurs en fonction de la qualité de fabrication des vêtements. », expliquent Esther Sambu et Paul-Denis Mbenga.

Par la suite, la start-up leur proposera de faire partie d’une plateforme après une sélection rigoureuse auprès d’une base de 5 000 candidatures. «La procédure s’avérera longue» indiquent nos interlocuteurs. «Cela va prendre près de deux mois via les réseaux sociaux», détaillent-ils.

Place au projet #taguetontailleur

Le point de départ de l’aventure ‘ Tongisa’ est le projet #taguetontailleur. Celles et ceux qui arborent des tenues pourront recommander leur tailleur. Il leur suffira de se prendre en photo avec leur tenue et de nommer la personne à l’origine de sa création dans une publication sur les réseaux sociaux grâce à un tague permettant d’identifier le créateur. Après avoir reçu les photos, les équipes de Tongisa en sélectionneront une cinquantaine de profils. «Nos critères de sélections se baseront sur la qualité des travaux, sur l’accessibilité des prix et sur la variété des gammes et produits proposés aux clients», nous décrivent-ils. A la suite de ces étapes de sélections, les heureux élus verront une proposition de contrat qui leur sera envoyé. Et ces tailleurs constitueront ainsi les premiers éléments de la base de données de Tongisa.

Une meilleure rémunération pour les tailleurs

Avec Tongisa, le concept est simple. «Notre application permettra de mettre en relation un tailleur avec un client. Notre plate-forme centralisera toutes les demandes en proposant un tailleur disponible pour chaque utilisateur », expliquent Paul-Denis Mbenga et Esther Sambu.

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Selon ces deux entrepreneurs, les problématiques résorbées sont doubles. «D’une part, beaucoup de clients ont été victimes d’arnaques par des tailleurs pas très fiables. D’autre part, les tailleurs ne sont pas rémunérés à la hauteur de leur travail », concluent-ils. Grâce à leur système, ils ambitionnent de permettre aux tailleurs d’exécuter deux commandes chaque mois par l’intermédiaire de Tongisa faisant ainsi augmenter leur rémunération entre 10 et 20 dollars chaque mois. Le jeu en vaut donc largement la chandelle pour les tailleurs.

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