On le voit volontaire sur tous les fronts, armé de sa faconde, mais sans le crédit qui va avec. Le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr a du crédit qui s’étiole au moment où le nombre de morts grossit et entache le bulletin quotidien maculé de son ministère. Il a beau pérorer pour nous dire: « que chacun reste là où il est pour fêter la Tabaski, en raison de la propagation inquiétante du virus ». Personne ne l’écoute plus. Ou presque.

Pourquoi diantre ! On ne lui tend plus l’oreille. C’est parce qu’il a cumulé des maladresses qui ont fini par plomber toute la communication de riposte contre cette pandémie. Et un responsable quel qu’il soit est jugé à l’aune de ses propos. Si son éthique et sa conscience ne lui indiquent pas le chemin de la vérité. Le temps s’en charge. Un simple coup d’oeil dans le rétroviseur permet de révéler quelques carences.

Vendredi 5 juin dans le journal Le Quotidien, le ministre de la Santé salue les mesures de déconfinement et dit sans retenue: « Nous avons maitrisé la maladie ». Dans VOX POP ET LIBERATION du même jour, le ministre de la Santé Diouf Sarr fait preuve de démagogie alors que les morts liés à la covid-19 étaient estimées à 45 décès. Il disait: « Nous avons constaté une tendance baissière de courbe des cas… ». Aujourd’hui les cas avoisinent les 9000…avec 182 morts.

Cette propension à faire des sorties sans s’entourer de garanties lui avaient valu à l’époque les remontrances de l’OMS et le journal WALF QUOTIDIEN titrait le mardi 9 juin à propos de l’atteinte de pic : « L’Oms corrige Diouf Sarr ». Un des responsables de l’Organisation mondiale de la Santé le prévenait en ces termes: « Si on s’amuse à faire des prévisions sur le pic… ». On se rappelle ses bisbilles avec le Professeur Seydi qui avait critiqué le manque de moyens du centre de traitement de Ziguinchor.

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase du peu de crédit qui lui restait, c’est ce prix bidon décerné au Rwanda dont il se charge de faire la promotion auprès de certains journaux. Monsieur le ministre, vous êtes si dépourvus en médailles et chrysanthémes que vous voulez collectionner des titres à tout prix de meilleur manager de la Santé. Pour un tel prix attendez au moins la fin de la pandémie pour faire le bilan de votre gestion. C’est plus à même de refléter l’idée générale que les Sénégalais peuvent se faire de vous. Un prix refusé par Awa Marie Coll Seck, que vous vous empressez comme une vilaine occasion de bazar de ramasser à terre. Ça fait tâche pour la réputation.

Aujourd’hui un de vos plus proches collaborateurs le docteur Bousso du Cous crie au manque de moyens.
Dr Abdoulaye Bousso, a dévoilé le budget de sa direction qu’il juge assez faible, lors d’un webinaire organisé par Osiwa, Enda et Cicodev. Il dit :«Les équipes mobiles d’intervention de soutien à la Covid-19 demandent des ressources et on n’a pas ces ressources. Nous avons un budget de 50 millions FCfa qui est un budget de fonctionnement. Sans les partenaires, on aurait fermé le centre. Il y a une urgence de disposer de fonds. C’est très important qu’on prévoie cela dans les budgets, car ça peut poser la problématique de la pérennité de nos structures. Il faut investir dans la préparation, même si on sait que la riposte est importante. La ligne spécialisée coûte 600 000 FCfa. Le budget classique pose problème. Ne nous arrêtons pas au financement de la riposte et le financement de la préparation est très important. »

On ne parle pas des scandales révélés hier par LES ECHOS et relatifs à l’acquisition de vaccins au ministère de l’Elevage, L’Agence de régulation des marchés publics (Armp) sabre Diouf Sarr sur un marché de 400 millions de FCfa. Jusque-là aucun démenti…On en oublie.

Mor Talla Gaye, via son compte Facebook

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