mardi, octobre 4, 2022

La 5G peut-elle perturber les systèmes de navigation des avions?

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Encore un autre coup dur pour la 5G. Après la santé humaine, c’est au tour des systèmes de guidage des avions au niveau des aéroports qui risquent d’être perturbés par la technologie 5G. C’est l’inquiétude soulevée par de grandes compagnies aériennes aux Etats- Unis.

Le déploiement de la 5G menace-t-il le système de guidage des avions ? L’implantation d’antennes relais 5G à proximité des aéroports américains fait l’objet d’une vive opposition du secteur du transport aérien du pays. Le régulateur du secteur, la Federal Aviation Administration (FAA), et les compagnies locales redoutent que les altimètres des avions, un instrument qui aide les pilotes à déterminer leur altitude et leur distance par rapport aux autres appareils à l’atterrissage notamment, soient brouillés par les fréquences des antennes du nouveau réseau mobile.

Le conflit a connu une nouvelle escalade cette semaine, alors que les opérateurs devaient activer la 5G dans l’ensemble du pays. Les dirigeants d’une dizaine de compagnies n’ont pas hésité à parler de “chaos” pour mettre en garde contre les risques que cela pourrait représenter pour la sécurité des passagers et le transport aérien américain plus largement. Les opérateurs AT&T et Verizon ont dû reporter le déploiement face à la menace des compagnies d’annuler plusieurs centaines de vols censés transiter par des aéroports situés à proximité des nouvelles antennes. Avant l’annonce du report, plusieurs compagnies étrangères avaient déjà annoncé des annulations de vol.

La puissance des antennes 5G pourrait aveugler les systèmes de guidage des avions

Ces compagnies aériennes, parmi lesquelles Americain Airlines, Delta Airlines ou United Airlines, s’appuient sur un rapport datant de 2020 qui interpellait le régulateur américain des télécoms sur de possibles interférences entre certaines fréquences de la 5G et des instruments à bord des avions. 

En cause, la bande de fréquence C (comprise entre 3,7 et 4 GHz), que doit utiliser le nouveau réseau 5G, dont le spectre est très proche de celui des fréquences qui sont utilisées par les altimètres des avions (comprises entre 4,2 et 4,4 GHz). Même s’il n’existe pas de risque d’interférence directe, la puissance d’émission des antennes 5G pourrait poser problème à certains altimètres susceptibles d’être brouillés par ces fréquences proches. Le régulateur américain du transport aérien évoque un possible aveuglement des systèmes de guidage des avions susceptible d’altérer la précision des mesures d’altitudes communiquées aux pilotes dans des situations de mauvaises conditions météo.

La FAA a pour l’instant validé l’utilisation de certains modèles radioaltimètres et donné son aval pour 48 des 88 aéroports américains les plus directement affectés par les risques d’interférences. Mais les modalités d’un accord définitif sont encore loin d’être établies entre les compagnies aériennes et les géants de la téléphonie. 

En France, des zones de précaution transitoires et des tests concluants à ce stade

La situation est différente en France, et plus largement en Europe, où la 5G, déjà en service dans certains pays, utilise des bandes de fréquence radio plus éloignées de la bande passante utilisée par l’aviation, en l’occurrence, une bande oscillant entre 3,4 et 3,8 GHz dans l’Hexagone. Et la question des troubles éventuellement causés au secteur aérien a été prise en compte il y a déjà plusieurs mois.

Pour se prémunir de risques de perturbations des altimètres des avions, “des zones de protection ont été mises en place autour de 17 grands aéroports français appliquant des procédures d’atterrissage de précision par tous les temps”, explique la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), qui avait émis des réserves initiales sur l’installation des antennes près des aéroports. Dans ces zones, la puissance d’émission des antennes 5G est limitée par les quatre opérateurs télécoms français qui ont l’interdiction d’orienter leurs antennes vers les avions en approche.

Des études sont également menées en parallèle pour évaluer l’impact des émissions des antennes 5G sur les instruments de guidage des avions. “À ce stade, aucun événement de perturbation par la technologie 5G du bon fonctionnement des radioaltimètres n’a été rapporté à la DGAC par les opérateurs français. Cette question est également abordée au niveau européen et la France se coordonne étroitement avec l’Agence de sécurité aérienne de l’Union européenne (AESA)”, souligne la DGAC. L’ANFR a également précisé à BFMTV que les tests des principaux altimètres des avions n’avaient pas montré le moindre problème pour l’heure.

Avec RTL