Portrait

BOURSE D’EXCELLENCE De Ndande à Montpellier, Mame Mor Fall à « l’école de la vie »

Mame Mor Fall

« Tout est possible », écrit l’entrepreneur social Sénégalo-américain, Thione Niang dans « Mémoires d’un eternel optimiste ». La trajectoire de Mame Mor Fall illustre à bien des égards ce cliché. Issu d’une famille modeste où s’organise la vie, le jeune homme de 20 ans, grâce à ses performances scolaires et une solidarité agissante, est en train de vivre son rêve d’intégrer une grande école.

Le chemin a été long et parsemé d’embuches. Mais l’enfant de Ndande a su tenir le coup avec le seul objectif d’intégrer « l’école de la vie », le slogan de Sup de Co Montpellier Business School qui l’a sélectionné pour une bourse d’excellence.

Son téléphone sonne dans le vide. WhatsApp, de même. Sur Viber et immo, le réseau est défaillant. Presque tous les moyens sont explorés pour entrer en contact avec Mame Mor Fall, mais en vain. Que faire finalement ? Tout pour connaître plus sur ce jeune homme qui se cache derrière l’écran de son ordinateur et qui nous balance ces petits mots si minutieusement recherchés.

« Il faut m’envoyer les questions par e-mail comme ça je réponds directement », nous indique-t-il. Ainsi, la bonne formule est trouvée grâce à la magie des technologies de l’information et de la communication. Un domaine qui passionne d’ailleurs tant cet étudiant en première année de licence à Montpellier Business School(MBS) /France.

« A la fin de mes études, je veux devenir un financier /contrôleur de gestion. Mais je compte aussi monter en parallèle ma propre boite dans le domaine du numérique qui me passionne beaucoup », confie-t-il.

Enfant de famille modeste

Pour l’instant, ce natif de Ndande, dans la région de Louga, va bien falloir franchir les différents caps de sa formation. Bon présage. Il a obtenu de bonnes notes à toutes ses matières du premier semestre. Et c’est bien parti pour le second. « Là il ne nous reste que trois semaines de cours et après, je dois faire un stage obligatoire de deux mois. Si j’ai le temps, je passerai le reste de mes vacances au Sénégal », explique-t-il.

Pourtant rien ne le prédestiner à un cursus si prometteur. Issu d’une famille très modeste et ayant perdu très tôt son père, le jeune élève vit avec sa mère, dépourvu de moyens, dans la débrouillardise. Les recettes d’un petit poulailler monté et cogéré avec sa maman dans un coin de la maison familiale leur permettaient de satisfaire à certains besoins nécessaires.

Cette activité lui permettait aussi, dit-il, d’être moins dépendant. Autonomie, oui, le jeune homme y tient. Mais pour gagner cette indépendance il lui fallait un bon créneau beaucoup plus valeureux. C’est ainsi qu’il a décidé de rejoindre sa sœur dans la capitale Sénégalaise. C’était la première fois qu’il y posait les pieds.

A Dakar, le jeune villageois intègre le lycée Limamou Laye de Guédiawaye avec, dans un coin de la tête, le rêve d’intégrer un jour une grande école. « Le lycée Limamou Laye est école d’excellence. Je savais qu’elle pouvait me permettre par la suite de pouvoir intégrer des grandes écoles », dit-t-il. Son intégration, n’a pas tardé à se faire.

Dès sa première année, Mame Mor Fall est premier de sa classe. Il n’avait pas non plus tord de faire ce pari de quitter son village pour rejoindre la capitale et le lycée Limamou Laye. Après son baccalauréat, il a réussi au concours international de bourse d’excellence MBS. Il est aujourd’hui bénéficiaire d’une bourse de 22500 euros, soit 14,5 millions de francs de Fcfa par année, renouvelable pour une durée de 3 ans.

Performances scolaires

En effet, quand il a réussi au concours international de MBS. Il était parmi les 13 meilleurs élèves et étudiants qui avaient droit de passer un autre concours avec un jury social. C’est une commission mise en place par MBS dans le cadre de sa politique d’égalité des chances.

Et grâce à des critères sociaux et ses performances, Mame Mor Fall a pu obtenir cette bourse qui lui permet de payer sa scolarité (11200 euro par année, soit 7 millions CFA) et de vivre tranquillement en France.

« Avant le concours, nous avons fait deux jours d’atelier de préparation à MBS/Dakar. Au cours de ces séances, on nous apprenait beaucoup de choses : comment faire un bon entretien, la manière de présenter ses projets, le respect du dress code etc. On nous renseignait également sur l’école et l’importance de passer par une école de commerce », se remémore-t-il.

L’ancien pensionnaire du collège de Ndande et du lycée Seydina Limamou Laye de Guédiawaye est aujourd’hui en train de réaliser son rêve d’enfant grâce à ses performances mais aussi à la politique sociale de MBS qui a comme toile de fond : offrir la chance aux étudiants issus des familles défavorisées de suivre leur formation dans les grandes écoles de commerce.

L’étudiant donne une bonne note à la qualité des enseignements dispensés à MBS/France. « Ici, on nous forme sur tout ce qui tourne autour de l’entreprise. Les professeurs sont souvent des docteurs ou des agrégés dans leur domaine. C’est pourquoi d’ailleurs MBS est classée chaque année parmi les 5 meilleures écoles de commerce sur les 259 que compte la France. Ce qui fait la grande notoriété de l’école et le prestige de ses diplômes », relève-il.

Une vie studieuse en France

Aujourd’hui, loin de la canicule de son Louga natal et de son poulailler, Mame Mor s’adapte à sa nouvelle vie d’étudiant dans une grande école de commerce en France. « Il y a des Sénégalais et des Sénégalaises dans notre résidence. Nous passons beaucoup de temps ensemble. C’est en quelque sorte la vie en grande famille sénégalaise qui continue, sauf que le « Thiébou Dieune » nous manque beaucoup », rigole-t-il.

Malgré cette chaleur familiale qu’il retrouve en France, le jeune « Ndiambour Ndiambour » ne compte pas y rester après sa formation. Il veut retourner au Sénégal pour mettre les compétences acquises au service de son pays.

« Ça ne nous régale pas d’être ici et d’entendre dans les journaux que notre cher pays est parmi les 25 pays les moins avancés du monde. L’émergence doit être l’affaire de tout le monde donc le retour est indispensable », promet le futur financier, non sans remercier MBS. « Je suis très reconnaissant de leur geste et je les encourage vivement à continuer cette politique d’égalité des chances », appelle-t-il.

Ndiol Maka SECK
LE SOLEIL

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