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Elections législatives: quand la Dge expose les données personnelles des Sénégalais dans le cyberespace

Plus besoin de le répéter, l’utilisation d’internet est devenue une partie intégrante de notre vie. Cet outil est aujourd’hui incontournable chez la plupart de nous comme c’est le cas dans les institutions publiques et entreprises diverses.

Une quantité énorme d’informations est recueillie, traitée, partagée et stockée tous les jours.

Conséquemment, il y a une nécessité de les protéger car c’est non seulement, pour notre bien-être mais c’est surtout la sécurité nationale et la stabilité économique du pays qui sont en jeu.

Tous les pays développés et pays qui aspirent au développement ont décidé de prendre à bras-le-corps cette question dans un domaine nommé cybersécurité.

« La cybersécurité consiste en l’effort continu pour protéger les systèmes mis en réseau et les données contre l’utilisation ou le méfait non autorisés. À titre personnel, vous devez protéger votre identité, vos données et vos périphériques informatiques. Au niveau de l’entreprise, tout le monde est responsable de la protection de la réputation, des données et des clients de l’entreprise. »

Wikipédia donne plus de détails : l’ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestion des risques, actions, formations, bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes et les actifs informatiques matériels et immatériels (connectés directement ou indirectement à un réseau) des Etats et des organisations (avec un objectif de disponibilité, intégrité & authenticité, confidentialité, preuve & non-répudiation).

C’est cela qui fait que dans le Livre blanc, document qui fixe la stratégie française de défense et de sécurité nationale, considère les cyber menaces comme une menace majeure pour la sécurité nationale, en même temps, le cyberespace est officiellement désigné comme le cinquième milieu (après la terre, la mer et l’espace). Le Livre blanc le décrit comme un champ de confrontation à part entière.

Le Sénégal, un pays qui se dit être sur la voie de l’émergence, un pays qui a un grand projet dans le numérique, un pays qui veut faire d’une de ses villes un hub technologique pour une partie du continent africain, ce sont  les autorités de ce pays qui sont en train d’enfreindre les b.a.-ba de la cybersécurité.

Le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique vient encore de « commettre un forfait ».

En effet au Sénégal, c’est ceux qui devraient protéger nos données personnelles qui sont en train de les exposer à la place publique.

Il y a de cela quelques jours quand la Direction générale des élections a mis en ligne la plateforme qui permet aux citoyens sénégalais de vérifier s’ils figurent sur les listes électorales en consultant une base de données, des internautes ont signalé l’existence de failles sur ce site. Ils se sont indignés d’une telle négligence de la part des autorités.

Malgré cela, la Dge avait encore mis en ligne, en accès libre, l’ensemble des listes électorales avec des données personnelles.

Sur ces listes on y trouve le numéro d’électeur, le numéro d’identité nationale, les prénoms et nom, la date et lieu de naissance et, le lieu de vote de plus de cinq millions de Sénégalais. Ainsi, n’importe qui à travers le monde peut télécharger ces fichiers PDF et en faire tout ce qu’il voudra.

L’initiative est louable car nous pouvons dire que ces autorités veulent, simplement, faciliter l’accès à l’information, veulent qu’il ait plus de transparence sur ces élections législatives en utilisant les technologies de l’information et de la communication.

Cependant, on peut se demander comment un Etat peut être si négligeant ? Assiste- t- on a un manque de compétence ou une simple ignorance ?

Au moment où tous les pays développés cherchent à protéger les données de leurs citoyens, à élaborer des stratégies de lutte contre les cyberattaques. Au moment où les cyberattaques sont considérées comme de véritables menaces à la stabilité d’un Etat.

Au Sénégal nous avons des autorités qui n’ont aucune culture de cyberespace.

Elles ne savent pas qu’avec les technologies d’aujourd’hui, des cybercrimnels peuvent effectuer beaucoup de choses en ayant ces informations qui figurent sur nos cartes d’identités nationales. Elles ne savent pas que nos données constituent une richesse

Même si cette fois-ci, elles ont essayé de se rattraper en supprimant ces fichiers en ligne, nul ne peut affirmer qu’ils n’ont pas été déjà téléchargés par des individus mal intentionnés.

Désormais, à cause de la Dge on peut dire que chaque Sénégalais est devenu une cible facile pour les cybercriminels.

Lire aussi l’article : Sénégal : Lancement du nouveau site du ministère de l’intérieur

Aujourd’hui, c’est le ministère de l’intérieur et de la Sécurité publique qui devrait sensibiliser les Sénégalais sur comment limiter la quantité d’informations à mettre en ligne. Car, n’oublions pas que chacun de nous a, pratiquement, une grande partie de son identité accessible en ligne parce que nous avons des comptes mails, des comptes dans des réseaux sociaux, etc.

C’est bon de corriger ses erreurs, cependant, quand elles deviennent répétitives, ça sent de l’incompétence.

 

 

 

 

 

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