Pour empêcher les poursuites judiciaires faites aux artistes du pop pour plagiat, deux musiciens développeurs ont créé un algorithme qui a généré toutes les mélodies possibles du monde.

L’artiste canadienne Grimes avait déclaré il y a quelques mois que d’ici dix, vingt ou trente ans, les artistes seront remplacés par les algorithmes et l’intelligence artificielle.

« J’ai l’impression que nous sommes à la fin de l’art, de l’art humain. Une fois qu’il y aura vraiment des AGI [intelligences artificielles générales], elles seront tellement plus douées que nous pour faire de l’art… »

Pas besoin d’attendre dix ans, car le coup d’envoi a été donné avec Damien Riehl, avocat spécialiste du droit d’auteur, musicien et développeur, et son collègue, Noah Rubin.

Ils ont créé un algorithme pour générer… toutes les mélodies possibles, avant de les protéger par des droits d’auteur, rapportent le site américain Vice. Pas pour avoir l’opportunité de poursuivre des musiciens en justice, bien au contraire.

En effet, la méthode utilisée se nomme brute force, qui consiste en hacking, d’une attaque par la force brute pour trouver un mot de pas ou clé.

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Ainsi, Damien Riehl et Noah Rubin ont développé un algorithme qui explore toutes les combinaisons mélodiques possibles de 8 notes et 12 temps, correspondant à ce type de musique. Ce qui veut dire qu’ils ont testé, une à une, toutes les combinaisons possibles jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune.

D’après Le Monde qui a repris le site américain, Damien soutient que leur algorithme fonctionne à un rythme de 300 000 mélodies par seconde. Ils sont arrivés à… 68,7 milliards de mélodies. Une fois qu’une œuvre est enregistrée sur un support physique, elle est considérée comme protégée par le droit d’auteur, affirme Damien Riehl. L’astuce est d’avoir converti ces différentes mélodies en MIDI, format dans lequel les notes ne sont que des chiffres, qui sont peu ou pas protégés par les droits d’auteur. Ainsi, la mélodie do, ré, mi, ré, do, convertie en fichier MIDI devient 1, 2, 3, 2, 1. Difficile d’envisager un procès pour une suite de chiffres, affirme l’avocat.

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Désormais, toutes ces mélodies sont disponibles en ligne sur le site Internet Archive. En même temps, le code de l’algorithme qui les a générées.

Les codeurs, passionnés de musique ont utilisé une licence Creative Commons Zero, et n’ont « aucun droit réservé », ce qui signifie que ces mélodies sont similaires aux œuvres tombées dans le domaine public et que les musiciens composant à leur insu des mélodies y ressemblant ne courront pas le risque d’être poursuivis pour plagiat. Ils espèrent que d’autres vont élargir la gamme et s’attaquer au jazz et à la musique classique.

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