Dans cet entretien, Mamadou Lamine Ba, directeur de l’environnement des affaires à l’Apix, revient sur les impacts des nouvelles mesures fiscales sur l’entreprise. Pour lui, il est aujourd’hui important d’accentuer l’éducation  et la formation en entrepreneuriat dans les écoles et les familles pour démultiplier les succes stories.

Beaucoup estiment que l’environnement des affaires ne permet pas l’éclosion des PME, notamment celles évoluant dans le numérique. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Le numérique est un secteur essentiel pour la transformation structurelle de l’économie.  La chaine de valeurs est constituée des entreprises de toutes tailles qui bénéficient de conditions spécifiques et générales. Les têtes de pont comme les concessionnaires de licences globales souffrent moins que les PMEs de la concurrence. C’est vrai aujourd’hui que la réglementation est encore limitée pour le développement par exemple des Fintech dans la zone UEMOA comparée à  des pays comme le Kenya ou le Maroc. Pour pallier ces limites et booster l’impact du numérique sur la transformation structurelle de l’économie,  le Gouvernement a adopté la stratégie Sénégal numérique 2019-2025 pour rénover le cadre juridique, renforcer les compétences et instaurer une confiance numérique pour qu’un secteur privé performant puisse éclore au Sénégal.

Lire aussi: Soutien aux entreprises : Macky Sall exige l’exécution urgente des mesures

A cela s’ajoutent les actions récentes portées par la DER/ FJ qui ont permis de financer des PME innovantes dans le secteur afin de passer à l’échelle en plus de l’operationnalisation du conseil National du Numérique. Nous pouvons répondre au vu des évolutions récentes, que les reformes et les actions entreprises ont permis d’assoir un écosystème prometteux pour le développement des PME compétitifs dans le numérique, pourvoyeuses d’innovations, de valeurs ajoutées et d’emplois.

Quelles sont les dispositions prises pour justement faciliter leur éclosion ?

Le Plan Sénégal émergent (PSE ) fait du développement de l’entreprenariat une surpriorité au vue de la perspective d’élargissement de l’appareil productif et d’optimisation de l’offre de services publics. Le Gouvernement agit par plusieurs instruments. D’importantes réformes de l’environnement des affaires ont été entreprises pour alléger les contraintes au développement de l’entreprise. Cela a permis de réduire considérablement les barrières à la création et au développement de l’entreprise par la réduction des délais et coûts de création d’entreprise, le développement des sûretés réelles pour mieux accéder au credit, l’accompagnement technique et la facilitation au financement par les instruments publics comme le Fongip, la Bnde et la Der. L’Etat est entrain d’opérationnaliser la caisse des marchés publics pour faciliter l’accès des PME à  la commande publique en réduisant les risques liées à  la garantie d’exécution et en organisant au mieux le scoring.

Lire aussi: Sénégal: 12 milliards de FCFA de la DER/FJ pour le soutien à l’élevage et à l’agriculture

Sur la place de Dakar plusieurs institutions bancaires ont mis en place des instruments dédiés pour mieux accompagner les porteurs de projets et les entreprises sous formes de clubs ou de business d’affaire qui ont permis d’avoir une offre à  la carte et adaptée au besoin de l’entreprise.

Il est aussi à  noter que des efforts sont faits par la banque centrale pour améliorer l’information sur le crédit par le développement du bureau d informations sur le crédit en plus des facilités dédiées au PME.  C’est vrai que le potentiel est là, mais nous devons accentuer l’éducation  et la formation en entrepreneuriat dans les écoles et les familles pour démultiplier les succes stories, pour générer des milliers de champions dans notre pays qui tireront profit des opportunités d’un marché continental.

Des mesures ont été prises récemment comme l’exonération fiscale des Pme pour leurs débuts. Quels sont les premiers impacts ?

Concernant l’impact des mesures fiscales que nous sommes dans la première année d’exercice, il est conseillé de laisser du temps, au moins 3 ans pour faire les premières évaluations. D’ores et déjà, les mesures de congés fiscales pour les 3 premières années et la suppression de l’IMF ont été  bien apprécié par le secteur privé.

COMMENTAIRES

Je donne mon avis sur le sujet