Le rugby est en deuil. L’ancien ailier du Stade français est mort ce mardi. Il se serait jeté du toit d’un bâtiment dans le parc de Saint-Cloud. Joueur de tempérament, international à 67 reprises, il a marqué son époque.

L’homme a souvent marché sur un fil, hanté par un vide qui l’a figé à l’adolescence écrit leparisien. Ce mardi, autour de 14 h 40, Christophe Dominici est mort. A 48 ans. Le drame s’est déroulé dans le parc de Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine. L’ancien rugbyman a escaladé la caserne Sully, un bâtiment désaffecté, puis il aurait sauté. La chute de plus de dix mètres lui a été fatale, sur le coup. Un choc, un séisme au sein d’un univers ovale dont il aura été une étoile. Et même au-delà. Au bout du fil, Max Guazzini est en pleurs. Il vient d’apprendre la nouvelle. « C’était le joueur dont j’étais le plus proche, murmure l’ex-président du Stade français sous les couleurs duquel l’ailier de poche a connu la gloire. Je savais qu’il était fragile mais de là à… »

Raconter Christophe Dominici, c’est plonger dans une vie tourmentée, tricotée autour d’une fêlure dont il ne s’est jamais vraiment débarrassé. Une blessure d’enfance qui l’a martyrisé au point de l’empêcher de goûter pleinement à ces morceaux de rêve qu’il offrait aux autres en l’attirant, à répétition, vers un côté sombre et volcanique. Pascale, sa grande sœur, a été tuée dans un accident de voiture alors qu’il avait 14 ans. Elle en avait dix de plus. « A sa mort, je me suis mis en autodéfense, raconte-t-il dans son autobiographie, Bleu à l’âme, parue en 2007. J’en voulais à la terre entière. Je voulais prouver à mes parents que j’étais encore là, moi. Mais je ne savais plus que détruire. »

Raconter Christophe Dominici, c’est plonger dans une vie tourmentée, tricotée autour d’une fêlure dont il ne s’est jamais vraiment débarrassé. Une blessure d’enfance qui l’a martyrisé au point de l’empêcher de goûter pleinement à ces morceaux de rêve qu’il offrait aux autres en l’attirant, à répétition, vers un côté sombre et volcanique. Pascale, sa grande sœur, a été tuée dans un accident de voiture alors qu’il avait 14 ans. Elle en avait dix de plus. « A sa mort, je me suis mis en autodéfense, raconte-t-il dans son autobiographie, Bleu à l’âme, parue en 2007. J’en voulais à la terre entière. Je voulais prouver à mes parents que j’étais encore là, moi. Mais je ne savais plus que détruire. »

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La suite est une ascension vers les sommets, crampons aux pieds, et des dégringolades tout aussi brutales dans la vie courante. Côté jardin, il arrive au Stade Français en 1997, où il décrochera cinq titres de champion de France jusqu’à sa retraite en 2008, y noue des amitiés indélébiles avec Max Guazzini, son président, Bernard Laporte, son entraîneur, et les joueurs trop nombreux pour être tous cités.

Il se retrouve propulsé chez les Bleus (67 sélections, 25 essais) au bout de quelques mois. Un diablotin que le grand public découvre les cheveux peroxydés un soir d’octobre 1999, le 31, en demi-finale de Coupe du monde à Twickenham. Un lilliputien (1,72 m) face aux All Blacks de Jonah Lomu qui écrit la légende par ses crochets ravageurs, ses sprints insaisissables et son essai envoyant les Tricolores dans les étoiles (43-31 score final). « Nous étions des révoltés, nous a-t-il confié plus tard. Au fil du match, j’ai vu dans le regard de ces joueurs imbattables, qu’ils avaient peur de nous. »

La dépression le fauche quelques mois plus tard. Eté 2000. Un ami meurt, puis Ingrid, sa femme, le quitte. Rongé par la fatigue, il abandonne un stage du XV de France. Il reste onze jours à la clinique des sports de Paris. « Je n’avais pas dormi pendant trois semaines, avait-il expliqué. On m’a plongé dans un sommeil artificiel. On me surveillait tout le temps. Après la Coupe du monde 1999, j’ai été pris dans une espèce de tourbillon médiatique qui est devenu une spirale infernale. »

Dominici soigne le corps et la tête, raccroche les crampons en 2008, et devient l’adjoint au Stade Français de l’Australien Ewen McKenzie. Il ne reste qu’une saison. Il se diversifie ensuite. En 2010, il fonde Monte Bacco Group et produit du vin. Deux ans plus tard, il participe à l’émission « Danse avec les stars » sur TF1. Il tourne aussi un téléfilm. Il est également consultant sur RTL. On le retrouve cet été à Béziers, émissaire d’investisseurs émiratis pour une reprise, infructueuse et mouvementée, du club de Pro D2.

Dans la foulée, il déraille en volant un chapeau et en agressant une commerçante dans une boutique de Sanary-sur-Mer dans le Var. Il semblait avoir retrouvé de la stabilité en commentant les matchs du XV de France cet automne. L’Assemblée nationale a rendu un vibrant hommage ce mardi après-midi à celui qui a porté si haut les couleurs tricolores. Un homme attachant qui laisse derrière lui une femme, Loretta, et deux petites filles, Chiara et Mya.

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Les plus grands joueurs de la planète ovale ont exprimé par dizaines leur peine après le décès tragique de l’ancien ailier du XV de France. De nombreuses personnalités du monde de la télé et du spectacle également.

Des anciens adversaires, comme les Anglais Jonny Wilkison ou l’ancien arrière Jason Robinson, l’Australien Tim Horan qui se souvient que « Domi » fut le premier à apporter des bières dans le vestiaire des Wallabies après leur victoire aux dépens de la France lors de la finale du Mondial 1999, mais aussi des partenaires sous le maillot bleu ou du Stade Français, comme Raphaël Poulain ou Mike James. Et des personnalités comme le chanteur Vianney, Jean-Luc Reichmann ou Michel Denisot. Des dizaines et des dizaines d’hommages ont fleuri sur les réseaux sociaux pour dire au revoir à Christophe Dominici.

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