La première édition du grand prix du président de la république pour l’innovation a encore montré les talents d’un professeur passionné de l’économie numérique.

Dans sa leçon inaugurale qui a porté sur le thème: « Le digital au service de la gestion de la pandémie et de la relance de l’économie», le professeur Mary Teuw NIANE étale encore les grandes avancées du secteur et les impacts du numérique dans le quotidien du Sénégal. 

De la santé à l’agriculture ,en passant par le commerce jusqu’à l’éducation, aucun secteur ne peut échapper à cette révolution qui n’a pas encore fini de dire son dernier mot à travers les multiples idées créatrices des jeunes du monde entier.

A l’entame de son allocution, il a insisté sur le fait que le numérique est l’avenir du 21e siècle et que son utilisation  par les pouvoirs publics, les entreprises, la société civile , les forces de défenses pourraient répondre aux besoins des pays en voie de développement. Le numérique favorise aussi la souveraineté d’un État qui réduit la distance d’un pays avec ses citoyens. 

C’est l’assurance de la transparence, une population éduquée, engagée dans la concurrence de la recherche déclare, l’ex ministre de l’enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, maître d’œuvre de l’université virtuelle du Sénégal, première université numérique en Afrique de l’Ouest.

Nous devons passer de la peur du numérique pour la construction de l’Afrique et du Sénégal

La liste de ses attentes allant de l’achèvement de l’aménagement numérique du territoire, à la baisse du coût d’accès à l’internet pour les ménages en passant par l’accès faciles des élèves et étudiants à la tablette ou à l’ordinateur portable, l’instauration d’une préférence nationale pour les entreprises et les startups nationales, autant de demandes sur lesquelles le professeur Mary Teuw NIANE fonde son espoir pour mieux vulgariser les compétences nationales et assurer la sécurité du pays

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Pour finir, le président du jury de la 1ère édition du Grand prix du chef de l’Etat pour l’innovation engage la jeunesse du Sénégal à la conquête des connaissances et des compétences pour s’approprier du numérique et le mettre au service de la construction de l’Afrique. L’élite intellectuelle en est capable et doit être soutenue, c’est le plaidoyer du Mathématicien à l’ensemble des acteurs de l’écosystème du numérique et aux entreprises qui croient au numérique et de ses biens faits.

Intégralité du discours du Président du Jury

Socialnetlink partage avec vous l’intégralité du discours du Professeur Mary Teuw NIANE, lors de la Cérémonie solennelle de Remise du Grand Prix du Président de la République pour l’Innovation numérique, Édition 2020, le Jeudi 26 novembre 2020 au CICAD 

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Pour cette édition 2020 du Grand Prix du Président de la République pour l’Innovation numérique, cent vingt-neuf (129) dossiers de candidature ont été reçus. Parmi ceux-ci, soixantehuit (68) dossiers ont été retenus par le Jury à la suite de l’examen des conditions administratives de recevabilité et de leur alignement sur le thème de cette année, « les technologies
émergentes au service du développement économique, social
et environnemental ». Chaque dossier a été transmis à trois (3) reviewers qui, à partir d’une fiche de notation détaillée établie par le Jury, ont eu,
individuellement, à donner une note sur vingt (20) points au dossier reçu. Le Jury, a écarté la note extrême et fait la moyenne des deux notes restantes. En définitive, onze (11) candidats, ayant obtenu une note supérieure ou égale à seize (16) sur vingt (20), ont été retenus pour la finale. Parmi ceux-ci, il y a deux femmes, un sénégalais séjournant au Canada et un autre en France.

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Après audition des candidates et des candidats finalistes, le
Jury leur a accordé une note de bonus sur cinq (5) points puis il
a délibéré pour leur octroyer la note finale du Jury et enfin, il a
établi le palmarès que voici :

  1. Prix spécial jeune
    Mademoiselle Awa NDIAYE
    Startup : NJUREEL
    Âge : 23 ans
  2. Prix spécial femme
    Madame Isseu DIOP
    Startup : MBURU
    Âge : 35 ans
  3. Grand Prix du Président de la République pour
    l’Innovation numérique
    Monsieur Mouhamadou Lamine KÉBÉ
    Startup : TOLBI
    Âge : 24 ans
    Le projet de la startup TOLBI de Monsieur Mouhamadou Lamine KÉBÉ est de l’e-agriculture utilisant l’Internet des Objets, l’Intelligence artificielle, des capteurs électroniques et des images satellitaires pour une gestion intelligente et parcimonieuse de l’eau, un contrôle et un suivi de la santé des plantes. Le projet de la startup MBURU de Madame Isseu DIOP est une plateforme de vente et de distribution de produits locaux à partir d’entreprises communautaires de femmes.
    Enfin, le projet de la startup NJUREEL de Mademoiselle Awa Ndiaye est une plateforme de téléconsultation, de gestion d’agenda sanitaire et de suivi de la santé de la femme et des enfants.
    Au nom du Jury du Président de la République pour l’Innovation
    numérique et en mon nom personnel, je félicite les récipiendaires. Je remercie les candidates et les candidats qui n’ont pas été primés et je les encourage à approfondir leur œuvre pour la présenter à l’édition 2022.
    Ces projets primés constituent un échantillon de projets d’entreprises numériques soumis au Concours du Grand Prix du Président de la République pour l’Innovation numérique. Leur nombre, leur qualité, la jeunesse de leur porteur, la participation des femmes et la variété des thèmes (Intelligence artificielle, Big Data, Fintech, Développement, Électronique numérique, Robotique, Réalité virtuelle, E-learning, laboratoires virtuels, etc.) montrent combien le numérique est vivant, entrainant et motivant pour les sénégalais, en général, et pour la jeunesse sénégalaise en particulier. C’est sans aucun doute, Monsieur le Président de la République, la preuve irréfutable de la pertinence et de l’opportunité de votre choix de créer ce Grand Prix.
    Excellence, Monsieur le Président de la République,
    Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
    C’est pour moi et les membres du Jury, le moment et l’endroit privilégiés de remercier Madame le Ministre Ndèye Tické Ndiaye Diop qui nous a fait confiance et a lancé nos travaux et Monsieur le Ministre Yankhoba Diattara qui nous a renouvelé sa confiance, nous a encouragé et soutenu durant tous nos travaux.
    Je remercie aussi la conseillère du Ministre Madame Ndèye Maïmouna Diop, le secrétariat du Jury du Grand Prix sous la direction de Madame Bitilokho Ndiaye avec Madame Diouldé Thiongane et Monsieur Khadim Ndiaye. Mes remerciements vont, également, aux reviewers, très concernés et très engagés, qui nous ont permis de respecter l’agenda fixé au moment du lancement de l’Édition 2020. Je dois souligner aussi
    la présence constante, à nos côtés, de Monsieur Mbagnick DIOP Président du MEDS qui n’a cessé de nous encourager et de nous motiver.
    Enfin, je tiens à redire toute mon affection et ma gratitude à mes collègues, femmes et hommes, membres du Jury, pour leur dévouement, leur engagement patriotique, leur rigueur et cette conviction qui les meut que l’avenir est dans le numérique.
    Excellence, Monsieur le Président de la République,
    Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
    Oui c’est vrai. Le numérique est l’avenir du vingt unième siècle !
    Son appropriation par la jeunesse africaine, son utilisation intensive par les pouvoirs publics, les entreprises, les communautés, les organisations de la société civile, les forces de défense et de sécurité, les citoyennes et les citoyens, pour répondre aux multiples besoins et manques des populations et des pays du Continent seront des facteurs essentiels d’intégration ou de marginalisation, dans les décennies à venir, des pays et des populations qui se seront mis consciemment ou inconsciemment en marge du monde, qui à grande vitesse se construit sans notre permission. Le numérique, c’est l’éducation et la formation, c’est la défense et l’illustration de nos valeurs de culture et de civilisation, c’est la souveraineté sur nos données, des données personnelles, biométriques jusqu’aux données de la biodiversité sur notre territoire national, c’est l’entrepreneuriat et la création massive d’emplois épanouissants, valorisants et créatifs, c’est l’exhumation de richesses non encore suffisamment mobilisées pour l’émergence économique comme par exemple le recouvrement de l’impôt sur le foncier, l’exploitation de notre
    patrimoine culturel immatériel par l’industrie culturelle et créative, c’est la fin des tracasseries administratives, de la distance entre les populations et les communautés avec les services et tous les services y compris ceux de la santé, c’est une agriculture durable et rationnelle peu influencée par le climat, économe en eau, c’est la sécurité et la défense de notre pays, c’est la sécurité des personnes et des biens, c’est la protection de nos droits, du droit des citoyennes et des citoyens, c’est l’assurance de la transparence, de l’équité et de l’égalité entre les citoyens, c’est une population éduquée, cultivée, confiante en elle-même, engagée dans la conquête de la connaissance, de la compétence qui est fière de conquérir le monde à partir de sa maison, de son village, de son quartier et
    de sa ville.
    Monsieur le Président de la République, vous avez très tôt compris l’importance capitale du numérique dans la construction d’un Sénégal émergent en phase avec l’évolution scientifique et technologique du monde. Vous ne cessez de prendre des actes et d’inciter les décideurs et les acteurs de l’écosystème du numérique à jouer pleinement leur rôle. Vous êtes en train de poser une à une les pièces du puzzle du Sénégal numérique. J’en citerai seulement sept (7) :
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  • l’adoption de la Stratégie Sénégal numérique SN2025,
  • la mise en place du Conseil National du Numérique, logé à la Présidence,
  • la création de l’Université virtuelle du Sénégal (UVS), aujourd’hui, première université numérique de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est,
  • la création du Parc des technologies numériques (PTN) de Diamniadio,
  • la création de la Cité du Savoir avec l’installation en son sein d’un supercalculateur de 537.6 Teraflops et d’une Quantum Learning Machine (QLM) ;
  • la création du Fonds de Soutien à l’Innovation numérique logé à la Délégation à l’Entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER) ;
  • l’adoption de la Startup Act : Loi n°2020-01 du 6 janvier 2020 relative à la création et à la promotion de la startup au Sénégal.
    Nous pouvons déjà noter positivement l’impact du Fonds de Soutien à l’Innovation numérique sur l’impulsion du développement des startups numériques dans notre pays : sur les onze (11) startups finalistes de cette édition du Grand Prix, sept (7) sont soutenues par ce Fonds et la DER et deux (2) dossiers sont en cours d’étude à la DER ; sur les trois (3) startups primées deux (2) sont soutenues par ce Fonds et la DER et l’autre a son dossier en cours d’étude à la DER. Monsieur le Président de la République, ce plateau du Sénégal numérique sera bientôt achevé lorsque des mesures encore parcellaires seront généralisées et finalisées. Je citerai :
  • l’achèvement de l’aménagement numérique du territoire avec l’éradication de toutes les zones blanches privées d’Internet, l’abaissement du coût d’accès à l’Internet haut débit pour les ménages, l’accès facile et à moindre coût de tous les élèves, les étudiantes et les étudiants à la tablette et/ou à l’ordinateur portable, leur accès à un coût symbolique ou gratuitement à l’Internet haut débit ;
  • l’instauration d’une préférence nationale pour les entreprises et les startups nationales pour les projets initiés par les pouvoirs publics, les démembrements de l’État et les collectivités locales. Car les pays qui sont
    aujourd’hui des leaders dans le secteur du numérique ont bâti leur écosystème de l’économie numérique à partir du postulat puissant et simple : c’est en donnant la possibilité d’apprendre à faire à leurs entreprises et startups du numérique que l’État les accompagne le mieux à assoir leur compétence au niveau national et leur donne un tremplin qui leur facilite l’accès aux marchés régionaux et internationaux. La bataille entre les États Unis d’Amérique et la Chine autour de Huawei, de Tik Tok et de la 5 G n’est que le sommet de cet immense iceberg de la
    préférence numérique nationale avec toutes les conséquences sur les questions de sécurité nationale ;
  • l’accompagnement des écoles publiques et privées, des universités et des établissements publics et privés d’enseignement supérieur pour la rénovation numérique de tous les curricula, la création de nouveaux curricula dans les domaines stratégiques du numérique et des technologies numériques pour notre pays ;
  • l’opérationnalisation du supercalculateur pour permettre aux entreprises évoluant dans les technologies émergentes et le secteur industriel national et sous régional de profiter du plein potentiel de cette puissante machine pour développer l’innovation et la création de
    valeurs ;
  • l’élaboration d’une stratégie nationale de l’Intelligence Artificielle et des sciences émergentes ;
  • Enfin, l’accélération de la disponibilité de la 5 G dans notre pays.

    Monsieur le Président de la République, vous avez beaucoup fait pour le numérique dans notre pays. Je suis convaincu qu’en poursuivant et en renforçant les dispositions que vous prenez régulièrement le Sénégal a la capacité, les ressources humaines et le savoir-faire entrepreneurial, pour
    être dans un horizon raisonnable, le premier pays africain dans le numérique.
    Excellence, Monsieur le Président de la République,
    Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
    Il y a plus d’un demi siècle, lorsque George Orwell publia en 1949 son célèbre chef d’œuvre 1984, ce roman était considéré comme une œuvre de science fiction ! Aujourd’hui, la réalité a rattrapé et dépassé très largement l’imagination de l’auteur !
    Qui aurait pu, un seul instant, imaginer cette toute puissance des géants du Numérique occidentaux, GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), NATU (NETFLIX, AIRBNB, TESLA, UBER), chinois, BATX (BAIDU, ALIBABA, TENCENT, XIAOMI) et russe YENDEX. Elle est bien loin cette époque où on pensait qu’il n’y aurait jamais de Big Brother. Nos Smartphones, nos ordinateurs, nos comptes Facebook, Instagram, Tweeter, Linkedin, WhatsApp, Signal, Telegram, etc., les multiples sites en ligne que nous consultons, les WIFI dans nos maisons sont autant de voies, de micros, d’oreilles et d’yeux qui rendent compte de tout, nos vies privées, nos activités sociales, nos projets politiques, etc. Nous sommes à la merci de tous ceux qui ont les moyens de disposer des informations nous concernant et qui sont stockées dans ces bases de données sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle et qui, cependant, déterminent au-delà de ce que nous pouvons imaginer notre place dans la compétition mondiale multiforme qui s’est engagée entre Etats, entre entreprises, entre sociétés, et, finalement, entre civilisations.
    L’enjeu est simple, évident et fascinant. Nous devons passer de la peur du numérique qui conduit inéluctablement à un assujettissement de l’Afrique par les puissances et les lobbies étrangers et nous engager résolument dans la conquête des connaissances, des compétences et des savoirs-être découlant du numérique pour les mettre au service de la construction de l’Afrique que nous voulons.
    Nos élites intellectuelles devraient apporter leur contribution afin d’encourager la jeunesse africaine à embrasser, à s’approprier, à conquérir le numérique, les sciences et les technologies émergentes pour que l’Afrique, ses intérêts et sa vision de l’éthique soient au cœur de la révolution du numérique en cours.
    Il nous appartient, jeunes, filles, garçons, élites intellectuelles, startupers, entrepreneurs et dirigeants, de remettre l’Afrique au cœur du Monde qui se construit ! Le numérique et les sciences émergentes sont à notre portée ! Engageons-nous et engageons l’Afrique avant qu’il ne soit trop tard !

    Je vous remercie pour votre aimable attention !
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