Le Maroc a tout à gagner de l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) avec une offre exportable relativement diversifiée et d’écosystèmes industriels compétitifs, tout en s’appuyant sur les performances du hub portuaire Tanger Med pour renforcer leur positionnement sur le continent

. C’est du moins ce qui ressort d’une conférence en ligne organisée, jeudi 10 juin, sous le thème «Zlecaf :
Nouvelles ambitions logistiques pour les exportations marocaines». Organisée par l’Agence spéciale Tanger Med (TMSA) et l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), cette session de «Tanger Med Talks» s’est distinguée par la participation des experts internationaux, représentants du secrétariat de la Zlecaf ainsi que des exportateurs et des operateurs logistiques.

Opérationnel le 1er janvier 2021, cet accord permet de créer «un marché de 1,3 milliard de personnes et un PIB combiné de 3.400 milliards de dollars qui devrait atteindre près de 8.000 milliards de dollars en 2035. Ainsi, ce marché est très important particulièrement pour les pays émergents en Afrique, les pays qui ont l’intention de diversifier leurs économies et de se développer sur les marchés d’Afrique saharienne», a indiqué Wamkele Keabetswe Mene, secrétaire général permanent de la Zlecaf.

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L’entrée en vigueur de la zone représente, selon l’intervenant, une opportunité pour l’Afrique pour étendre sa capacité en termes de logistique, de services de distribution et de transport maritime et le Maroc est stratégiquement bien situé en tant que pays d’Afrique du Nord pour pouvoir connecter l’Europe et l’Afrique subsaharienne ainsi que les autres régions du monde. M. Keabetswe Mene a souligné l’importance du rôle joué par le port de Tanger Med, en tant que l’un des plus modernes au monde et entièrement automatisé, pour contribuer à l’amélioration de la compétitivité marocaine et l’intégration logistique africaine.

«Les marchandises pourraient transiter par voie maritime en réduisant le coût du commerce sur le continent», a-t-il dit, faisant remarquer que «les services logistiques et les services de distribution sont vraiment la clé pour stimuler le commerce intra-africain».


Les participants ont mis en avant les grandes opportunités offertes par cet accord en termes d’investissements, d’emplois et la promotion de l’industrialisation par le développement des chaînes de valeur régionales et continentales.


Et du côté marocain, d’importants préparatifs sont menés en concertation avec toutes les parties concernées pour l’entrée en vigueur de la Zlecaf. «C’est un travail collectif qui est en train de se faire avec l’Asmex, mais aussi avec toutes les associations et les fédérations professionnelles pour que nous puissions transformer cette adhésion à la Zlecaf en opportunités réelles», a fait savoir Abdelouahed Rahal, directeur général du commerce au ministère de l’industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique.
Ces réunions permettent de fournir les grandes orientations et recommandations pour les entreprises pour mieux préparer leur entrée dans le marché africain, et ce dans le cadre d’un accord gagnant-gagnant. L’objectif principal est de présenter des offres à même de «répondre aux besoins du marché africain, mais également aux attentes de nos entreprises de biens et des services
», a dit M. Rahal.

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Les participants ont convenu que la logistique est incontournable pour le développement du commerce interafricain. Dans ce sens et avec 5,7 millions de conteneurs EVP traités en 2020, «Tanger Med réaffirme son rôle clé en tant que hub portuaire africain pour assurer l’approvisionnement des marchés africains et mondiaux», a fait savoir Ahmed Bennis, directeur développement du groupe Tanger Med.

L’entrée en vigueur de la Zlecaf permettra, selon l’intervenant, aux exportateurs marocains d’exporter leurs produits à des régions qui étaient jusque-là inaccessibles. Il faut adopter «la méthode la plus optimale pour gagner des marchés à fort potentiel et développer des corridors logistiques qui vont relier le Maroc à partir de Tanger-Med ou d’autres ports marocains vers des hubs régionaux», a dit M. Bennis, tout en faisant part de la nécessité de la mise en place des actions et des encouragements pour encourager et accompagner les exportateurs marocains dans leur quête de compétitivité et leur pénétration dans ces nouveaux marchés.

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