Meilleure élève du Concours général 2021 des classes de Termi­nale, Fatoumata Diop exprime sa joie d’être sacrée, s’insurge contre la violence à l’école, jette un regard sur son établissement scolaire, donne son point de vue sur la lutte contre le Covid-19 et des con­seils à ses compatriotes pour se prémunir contre le virus.

Vous êtes lauréate au Concours général 2021. A l’annonce des résultats, quelles ont été vos impressions ? 
J’ai vécu ce moment-là avec un grand soulagement. En effet, le Concours général était un rêve pour moi depuis le collège. Je m’étais préparée pour y participer en 1ère. Malheureusement, à cause de la pandémie, il n’est pas été organisé l’année dernière. Heureusement pour nous que cette année il a eu lieu, parce que c’était notre dernière chance d’être lauréate au Concours général. Donc, j’ai été soulagée en apprenant que je suis lauréate cette année. L’annonce des résultats a vraiment été une grande délivrance pour moi. J’ai aussitôt appelé mes parents pour leur annoncer la bonne nouvelle. Et ils étaient tout aussi contents.

Quel a été votre secret ? 
Je pense qu’il n’y a même pas lieu de parler de secret parce qu’il n’y a que le travail qui donne satisfaction. J’ai toujours aimé étudier, faire de bons résultats. Et donc je n’avais presque pas d’autre occupation que les études. Du primaire au secondaire, en passant par le collège, je me suis toujours fixé de très grands objectifs dont j’ai atteint la plupart, alhamdou lillah, et avec pour unique arme, le travail.

L’année dernière, les cours ont été perturbés par la pandémie de Covid-19. Quelle a été l’alternative pour juguler le retard ? 
Comme tous les secteurs, l’école n’a pas été épargnée par les conséquences dramatiques du Covid-19. Heureusement pour notre génération que les nouvelles technologies sont là pour permettre le télétravail. A notre niveau, nous avons profité du numérique pour poursuivre nos cours, grâce à la plateforme Teams, Zoom… WhatsApp également nous a été d’un grand apport, dans la mesure où il nous a permis de garder le contact avec les amis pour s’entraider sur les exercices notamment…

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Cette année, on a vu des élèves qui ont célébré la fin de l’année par des actes de vandalisme. Comment avez-vous vécu cela ? 
Franchement, j’ai été abasourdie par ces événements. Je n’imaginais pas que ces actes de vandalisme pouvaient être faits par des élèves, dans le périmètre scolaire, lieu par excellence de la quête du savoir, de l’éducation.
J’ose tout de même espérer que ces actes ne sont que des faits isolés qui ne pourront pas ternir l’image de l’école sénégalaise. Et vu la vague de dénonciations que ces événements ont soulevée, nous pouvons nous attendre à ne plus voir ce genre d’actes dans nos établissements scolaires.

Le président de la République a décidé d’encourager le port de l‘uniforme à l’école. Comment avez-vous apprécié cette initiative ? 
C’est une décision que je salue. En effet, l’uniformisation des tenues scolaires va permettre de dissimuler les clivages sociaux. Elle oblige aussi les élèves à être plus responsables dans leur façon de s’habiller. Je profite de l’occasion pour plaider pour les filles voilées. J’espère juste que le projet va prendre en compte leur choix vestimentaire. Concrètement, il serait bien de prévoir des jupes, par exemple, pour les filles qui ne portent pas de pantalon.

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Justement en parlant d’internet, quel regard portez-vous sur l’utilisation des réseaux sociaux ? 
Les réseaux sociaux sont parmi les plus belles inventions de notre époque. A travers eux, l’interconnexion entre les cultures, les langues et les civilisations est devenue plus importante. Ce qui est plus que bénéfique. Ils peuvent aussi être un lieu d’échange entre élèves et professeurs, notamment en situation de crise comme celle que nous traversons actuellement.
Toutefois, ils ont leur côté pervers, car comme on le voit souvent, beaucoup de jeunes en ont fait le lieu de leurs dérives les plus insensées. Incons­cience ou ignorance ? Le nombre d’heures passées par jour devant son écran à valser d’un réseau social à un autre, très souvent sans réel besoin, rime rarement avec une concentration sérieuse dans les études.

Le Sénégal veut avoir plus de diplômés dans les sciences et la technologie. Comment trouvez-vous cette option ? 
C’est dans l’ordre normal des choses. On peut constater au Baccalauréat que l’écrasante majorité des élèves privilégient les séries littéraires.
Or le Sénégal a besoin de sciences dans tous les secteurs : notre industrie, à la limite embryonnaire, ne saurait se développer sans de grands ingénieurs bien formés en la matière. Il en est de même pour nos secteurs de la santé, des technologies, entre autres. Il est donc plus que jamais urgent d’œuvrer dans le sens d’inverser la tendance, d’inciter les élèves à choisir les séries scientifiques, surtout la série S1, qui est de plus en plus délaissée.

Vous avez la chance de fréquenter une école spéciale, pour ne pas dire d’excellence. Quel regard jetez-vous sur votre établissement ? 
Le Lycée scientifique d’excellence de Diourbel est implanté dans un endroit calme, propice aux études, à la concentration et à la saine émulation. Des élèves motivés y ont trouvé un personnel qui ne ménage aucun effort pour toujours maintenir la barre à la hauteur où l’ont placée les premières générations. Mais les élèves du lycée sont loin d’être dans les conditions optimales.
Concrètement, l’établissement qui a ouvert ses portes depuis bientôt 5 ans est toujours en chantier. C’est d’ailleurs le statu quo total puisqu’il n’y a eu pratiquement aucun avancement dans les travaux pendant les 3 années que j’y ai passées. Les dortoirs, le réfectoire, les toilettes laissent aussi à désirer.

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Le pays vit depuis 2 ans la pandémie à coronavirus. Il y a une recrudescence terrible actuellement. Et il reste difficile de convaincre les populations. Quel message avez-vous à adresser à la population pour lutter contre le fléau ? 
Ces derniers temps, la recrudescence des cas de Covid-19 est plus qu’inquiétante, surtout au vu du nombre de décès enregistrés chaque jour. Je pense que le combat doit se faire d’abord à titre individuel, chacun doit se sentir responsable. Porter le masque non pas pour éviter les sanctions, mais pour s’auto-protéger et protéger les autres parce que le virus commence quand même à faire un long séjour dans le pays. Pourvu que ce ne soit pas notre téranga sénégalaise qui le retienne ici.


Par Badé SECK, Le Quotidien– bseck@lequotidien.sn

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