samedi, août 13, 2022

Développement personnel: Quels conseils pour les victimes de «bashing» ou de «body shaming»?

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Lamine Diolo, coach en développement personnel, donne, dans cet entretien, quelques conseils pour des personnes victimes de «body shaming» et le «bashing».

L’acceptation de soi ou la confiance en soi ?

Avant de parler de confiance en soi, il est tout d’abord important de définir globalement le développement personnel qui se veut comme un ensemble hétéroclite de pratiques qui appartiennent à différents courants de pensées et qui ont pour objectif l’amélioration de la connaissance de soi, la valorisation de ses talents et de ses potentialités, l’amélioration de la connaissance de sa vie personnelle, mais aussi la réalisation de ses rêves et de ses aspirations. C’est dans ces objectifs du développement personnel que la confiance en soi vient jouer un rôle crucial dans l’épanouissement de l’individu.

Quelle place la confiance en soi occupe-t-elle dans le développement personnel?

La confiance en soi, qui dans le jugement personnel, renvoie au pouvoir ou à la capacité que l’individu a pouvoir faire face à des situations externes ou les croyances profondes et les qualités qui existent en la personne pour arriver à réussir ses buts et ses objectifs, en réalité est l’un des éléments fondamentaux du développement personnel. Et cette confiance en soi, dans une définition toute simple, peut se résumer à ce qu’on peut appeler l’image qu’on a de soi. Cette image de soi, quand elle est bien définie et qu’elle est positive et constructive, alors cela participe à notre développement personnel. Et quand cette image de soi est mal définie, c’est-à-dire quand elle est détériorée, quand l’individu fait ce qu’on peut appeler de l’autosabotage par exemple, cela a un impact négatif sur la confiance que l’on a de soi et donc sur notre développement personne.

Le développement personnel peut-il permettre de mieux réagir contre le «bashing» et le «body shaming» qu’on a tendance à retrouver dans nos sociétés et surtout sur les réseaux sociaux ?

Le développement personnel permettra à l’individu qui est saboté, qui est calomnié, qui est critiqué, même dans ce cas-là, de tirer la partie positive de son existence, de son apparence, de son physique. L’apparence chez une personne, c’est quelque chose qui n’est pas forcément lié à notre capacité intellectuelle par exemple ou aux potentialités qui existent en nous, à ce génie qui peut être en nous. Donc l’individu doit être en mesure, au-delà de son physique, de voire en vrai ce qui existe en lui comme potentialité ; c’est pour cela que cette connaissance de soi est un élément très important dans le développement personnel qui permettra à l’individu de se questionner, de s’assumer mais aussi de s’accepter.

En quoi l’environnement dans lequel évolue la personne peut-il affecter la confiance qu’elle a en elle-même ?

Quand on parle de confiance en soi dans nos sociétés, ce que je dis très souvent dans mes interventions, c’est que ces choses-là sont très culturelles c’est-à-dire c’est comme si elles étaient ancrées en nous : très facilement on critique, on sabote, on minimise, on insulte. Et ce qui se passe, c’est que l’individu perd confiance dans ce type d’environnement. Quand l’environnement dans lequel nous évoluons ne nous soutient pas, ne nous aide pas à nous construire ou à nous réaliser, donc cela veut dire que c’est une menace à notre confiance. Et du moment où on évolue dans cette atmosphère de négativisme, ou justement de propos blessants, cela affaiblit notre confiance et parallèlement notre développement personnel. Donc il faut savoir que ces choses-là sont liées. On arrive à banaliser des choses qui sont très très graves. Par exemple : dire à une personne “Doo Tekki Dara” (Tu ne réussiras jamais, expression péjorative en Wolof) ; “Amoo Benn Jërign” (Tu n’es d’aucune utilité, propos péjoratifs en Wolof), etc. Ce sont des choses pour nous, c’est dans le quotidien, on le dit très souvent. Et ce qui se passe, c’est qu’on ignore l’impact que ça peut avoir chez la personne, sur la confiance sur son estime qu’elle a d’elle-même. Ce sont des choses que nous banalisons et cela influence négativement la confiance des gens. Quand la confiance est influencée, cela veut dire que nous avons perdu cette estime qu’on a de nous-même et donc notre développement personnel est menacé, d’une certaine manière.

Vu que dans la société dans laquelle nous évoluons, les gens ont facilité à indexer l’autre, comment le développement personnel peut-il aider à se prémunir des remarques négatives extérieures ?

L’individu doit arriver, d’une manière interne, à gérer son estime, à se questionner, à s’accepter et en réalité à assumer sa nature et sa vie telle qu’elle est ; c’est cela le début du véritable développement personnel. La base du développement personnel est la connaissance de soi et la valorisation de nos talents et de nos potentialités. Donc, quand on se connait, on parvient à réellement savoir nos qualités et nos potentialités, on peut travailler sur ça, c’est une suite logique. Et puis après c’est un travail sur la qualité de vie personnelle ; c’est aussi un travail sur nos rêves et nos aspirations. Donc on doit prendre conscience aujourd’hui des véritables urgences qui sont là et qui doivent changer notre regard par rapport à comment les gens nous voient, par rapport à comment nous interprétons toutes ces situations parce que tout dépend de l’interprétation qu’on en fait. Par exemple, si aujourd’hui quelqu’un est dénigré et qu’il est critiqué par rapport à son apparence, tout dépend de comment il le prend, l’interprète ; c’est ce qui fait toute la différence.

Quels conseils donnez-vous aux victimes de ce genre de phénomène ?

Le conseil que je peux donner à ceux qui sont victimes de «bashing» ou de «body shaming», c’est qu’en réalité ils valent plus que ça, ils valent plus que ce que les gens disent sur eux, ils valent plus que comment ils sont vus par l’autre et cela ne les définit pas. Je dis très souvent que l’avis des autres ne définit pas nos vies, les interprétations externes ne sont pas forcément ce qui nous définit. Cela nous définirait que si nous le décidons, en réalité. Maintenant, pour parvenir à interpréter ces situations d’une manière positive et constructive et réellement prendre conscience de soi, je conseillerai de réussir ce travail de développement personnel à travers des sessions de formation. J’ai eu des cas de «bashing» et de «body shaming» dans mes sessions de formation. Et après mes entretiens, ils ont retenus l’essentiel de ces formations-là et cela pousse l’individu à aller vers des questions plus urgentes sur sa personne c’està-dire le fait de se connaître véritablement, le fait de découvrir ses talents, ses potentialités, le fait de comprendre que quelle que soit notre apparence, notre couleur ou notre corpulence, nous avons la capacité, si nous le décidons sincèrement, d’arriver à réaliser des choses extraordinaires et cela qu’importe ce que les autres vont penser de nous. Nos pensées doivent être positives ; la manière dont nous nous voyons doit être constructive et l’image qu’on a de nous doit être une image qui reflète ou qui renvoie à la confiance en soi. Donc à ces personnes de capacités, de potentialités, je leur dirai de prendre conscience d’eux-mêmes et d’ailleurs de s’intéresser au développement personnel parce que c’est très crucial aujourd’hui pour l’épanouissement de l’individu. Malheureusement, nous vivons dans une société qui est très négative vis-à-vis de notre évolution ; mais nous devons accepter cela déjà. Et nous devons maintenant arriver à faire face à cela parce que cette capacité à se responsabiliser et d’arriver à se réaliser, d’arriver à se définir, à oser s’imposer est très important. Et je leur dirai pour le mot de la fin : “imposez-vous, n’ayez rien à quémander ; n’écoutez pas ce que les gens vous disent ; écoutez ce qui se passe au fond de vous. Et justement écoutez cette voix intérieure qui vous dit que vous aussi vous êtes capables, vous avez les possibilités, vous êtes talentueux et que vous pouvez arriver à faire des choses extraordinaires dans le monde.”

Source: Sud Quotidien