L’histoire est désormais connue. Le 22 mai 2010, le bitcoin n’a été créé qu’un peu plus d’un an auparavant. Il n’est alors qu’un obscur bidule financier pour geeks libertaires, une monnaie numérique fantasmatique, l’embryon d’une idée dont il est impossible d’imaginer la trajectoire stellaire.

Un informaticien américain dans le secret des Dieux de la cryptographie, Laszlo Hanyecz, commande deux pizzas à la chaîne Papa John’s.

Sur un forum ad hoc, il annonce la nouvelle à ses quelques camarades de jeu: «Je veux juste signaler que j’ai réussi à échanger 10.000 bictoins pour de la pizza», écrit-il alors, décrivant ainsi ce qui pourrait être la première transaction du genre de l’histoire.À lire aussiComment (peut-être) devenir riche grâce au bitcoin

Ainsi est né le «Bitcoin Pizza Day», le jour le plus célébré de la sphère crypto. Ainsi est également née la pizza la plus chère de l’histoire. Car en délestant son portefeuille numérique de 10.000 bitcoins pour payer les 30 dollars que valaient ses deux pizzas, Laszlo Hanyecz était alors loin de se douter que le petit truc avec lequel il faisait joujou dans son coin allait devenir un tel mastodonte financier.

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Supplément amertume

Les années passent, le cours du bitcoin ne cesse de croître et, chaque 22 mai, la blague est un peu plus coûteuse. Une décennie plus tard, en 2020 donc, les 10.000 bictoins deux pizzas équivalaient déjà à 45 millions de dollars, soit 37,6 millions d’euros –ça fait cher de l’anchois.

Et depuis un an, le bitcoin ne grime plus, il explose. Poussée par les investissements des institutionnels ou grosses entreprises, telles Tesla, Mastercard ou Square, ainsi que par une ruée vers le nouvel or numérique d’un marché quelque peu maniaque, la valeur de la crytpo a été plus que décuplée.

D’une valeur de 5.045 dollars le 17 mars 2020, la petite pièce qui n’existe pas a fini par dépasser les 60.000 dollars (50.200 euros) mi-mars. Onze ans plus tard, les pizzas de Laszlo Hanyecz sont donc probablement encore difficiles à digérer: au cours du jour, ses deux pizzas ont ainsi été payées plus de 500 millions d’euros, soit 250 millions pièce.

«Le bitcoin est un moyen d’exploiter la cupidité», expliquait le développeur l’an passé à Coindesk. Une sagesse qui l’honore –on subodore néanmoins que les pizzas, pour lui, ont désormais un goût plutôt amer.

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