On parle souvent de la diaspora comme de la sixième région du continent africain. Loin d’être constituées d’expatriés sans attaches, les diasporas africaines entretiennent toujours un lien fort avec leur continent d’origine.

Au Sénégal, les autorités ont bien compris l’importance de miser sur la diaspora, que cela soit en termes de transferts de compétences ou de transferts d’argent. Le Plan Sénégal Émergent (PSE) insiste par ailleurs sur l’importance de valoriser le potentiel de contribution de la diaspora au développement national.

Dans le domaine des transferts d’argents, l’importance de la diaspora sénégalaise n’est plus à démontrer.

Selon les données de la Banque mondiale, les transferts d’argent représentaient 10,5 % du PIB sénégalais en 2020, soit 2,6 milliards de dollars US. Avec la pandémie, on aurait pu craindre un véritable effondrement des flux en 2020 en Afrique subsaharienne. S’il a eu lieu au Nigéria (-27,7%), les envois d’argent vers l’Afrique subsaharienne ont progressé de 2,3 % dans la région (hors Nigéria) en 2020. Dans le cas du Sénégal, une hausse de 1,8 %, a même été enregistrée.

Cette résilience des transferts de fonds à destination du Sénégal et plus largement de l’Afrique subsaharienne s’explique par différents facteurs. Tout d’abord par une solidarité à toute épreuve des membres de la diaspora avec leurs familles présentes dans leur pays d’origine.

Dans une enquête Ipsos/RMDA réalisée lors du premier confinement de 2020 auprès des diasporas africaines résidant en France, 80 % des expéditeurs de fonds habituels ont continué d’envoyer de l’argent au pays, et la grande majorité d’entre eux estiment ces envois indispensables pour leurs proches.

Un autre aspect important est l’essor des transferts dématérialisés suite aux restrictions sanitaires, empêchant de voyager ou de se rendre dans des agences de transferts de fonds. En 2020, les envois de fonds par téléphone portable ont augmenté de 65% selon GSMA. Sous la contrainte sanitaire, les utilisateurs ont appris à faire confiance à ces opérateurs, qui pouvaient engendrer la méfiance et l’inquiétude en termes de sécurité des transferts ou de frais cachés.

Néanmoins, ces solutions 100 % digitales ne peuvent être la panacée, notamment en Afrique où une grande partie des récipiendaires vivent en zones rurales, parfois sans capacité de connexion. Il faut réussir à allier maillage physique et solution digitale, à l’image de la solution Rapidtransfer International du groupe Ecobank, une application mobile permettant de réaliser des transferts d’argent tout en permettant aux destinataires de retirer ses fonds dans l’ensemble des agences du réseau Ecobank et de ses partenaires pour plus de flexibilité.

L’année 2020 aura donc confirmé l’importance des transferts de fonds pour de nombreux pays africains dont le Sénégal. Cela restera aussi comme une année synonyme de bouleversements avec l’impressionnante croissance des transferts de fonds par le digital, mais qui ne peut se passer encore des réseaux physiques.

Là encore, une véritable connaissance des écosystèmes africains sera un atout pour les opérateurs qui sauront conjuguer efficacité du service, adaptation aux réalités locales et aux besoins des diasporas. Assurément, l’avenir est aux solutions africaines de transfert d’argent. 

credit photo- Iwaria

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