Pour soutenir les entreprises de femmes en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel, Groupe de la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (BISD) ont reçu des enveloppes de 8,902 et 6,255 milliards de francs CFA, respectivement.

L’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi) a annoncé, jeudi dernier, une 3e série d’allocations de fonds constituée de 49,3 millions de dollars, soit plus de 27,414 milliards de francs CFA qui devrait bénéficier à plus de 15 000 entreprises dirigées par des femmes. Et aussi permettre de mobiliser, selon un communiqué de la Banque mondiale reçu hier à ‘’EnQuête’’, 350 millions de dollars, environ 194,625 milliards de francs CFA auprès d’autres sources publiques et privées.

‘’Cette série de financements vient répondre aux besoins générés par la crise du coronavirus (Covid-19) dans l’entrepreneuriat féminin, tout en encourageant l’innovation et le développement numérique, les partenariats et le recours à des mécanismes axés sur l’obtention de résultats afin de faciliter l’accès des femmes entrepreneures aux financements’’, renseigne le document.

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Ces fonds sont destinés à des programmes qui visent, d’après la même source, à stimuler l’entrepreneuriat féminin et dont l’exécution sera confiée à quatre banques multilatérales de développement. Il s’agit de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), pour la mise en œuvre de projets en Asie centrale et en Afrique du Nord, la Banque interaméricaine de développement (BID), pour des opérations en Amérique latine. Mais aussi la Banque islamique de développement (BISD), pour des activités dans des environnements fragiles en Afrique de l’Ouest, et, enfin, le Groupe de la Banque mondiale, pour des projets dans la région du Sahel, au Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) ainsi que des programmes d’envergure mondiale.

Internally displaced people receiving professional training

 ‘’Plus de 65 % de ces allocations bénéficieront à des femmes entrepreneures engagées dans des pays à faible revenu (éligibles à l’aide de l’Ida) et des États en situation de fragilité ou de conflit. Ce troisième cycle de financements porte à près de 300 millions de dollars (soit plus de 166,821 milliards de francs CFA) le montant total des allocations de l’initiative, avec à la clé des programmes de soutien aux entreprises féminines qui s’étendront à 61 pays’’, renchérit le communiqué.

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Pour ce qui est du financement destiné à l’Afrique de l’Ouest, le document précise que la Banque islamique de développement (BISD) s’est vue octroyer une enveloppe de 6,255 milliards de francs CFA, pour un programme destiné à soutenir les entrepreneuses de la filière rizicole. ‘’Alors que les femmes sont très présentes dans le secteur du riz, elles peinent à améliorer leurs moyens de subsistance, en raison du coût prohibitif du crédit, mais aussi de tous les obstacles non financiers qui entravent l’accès des femmes entrepreneures aux ressources, aux actifs et aux marchés’’, indique la BM. Pour y remédier, le programme s’attachera ainsi à soutenir la mise à niveau et la promotion des petites et moyennes entreprises (PME) féminines de la filière rizicole en Afrique de l’Ouest. Ceci à l’aide d’activités de développement des capacités, de financement de contreparties et d’un accès facilité aux marchés locaux et régionaux. Ces interventions se dérouleront en Guinée, au Niger, au Sénégal et en Sierra Leone.

Le communiqué informe également que le Groupe de la Banque mondiale (Banque mondiale et IFC) a obtenu de ces fonds une enveloppe d’environ 8,902 milliards de francs CFA destinée à deux programmes. Le premier vise à utiliser le levier du numérique en vue de favoriser l’accès aux financements et aux marchés pour les entreprises dirigées par des femmes dans des pays du Sahel. ‘’Il s’emploiera notamment à mieux relier fournisseurs et clients dans l’ensemble de la région, à offrir des services et des formations aux coopératives de productrices de beurre de karité (savoir-faire, capacité de gestion, développement de réseaux et outils pour la commercialisation) et à soutenir la numérisation des systèmes de paiement’’, rapporte la note.

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Pour le second programme, il porte sur plusieurs régions du monde et est axé sur l’apport de financements de démarrage en soutien aux femmes entrepreneures. Il a pour objectif de mettre en place un écosystème entrepreneurial inclusif, de combler le déficit de financements et d’accompagner les femmes entrepreneures à l’aide de programmes de renforcement des compétences et de mentorat. Les activités réalisées dans le cadre de ces deux programmes seront menées au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, en Jordanie et en Irak, ainsi qu’à l’échelle mondiale.

Il convient de noter que le communiqué révèle que dans le monde entier, les femmes entrepreneures sont ‘’durement touchées’’ par la crise du coronavirus. De nouvelles données mettent en évidence les effets disproportionnés des mesures de confinement sur les PME féminines. ‘’Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment, environ 60 % des petites entreprises dirigées par des femmes ont perdu leurs sources de revenu, soit un pourcentage trois fois supérieur à celui observé dans les entreprises dirigées par des hommes. Selon des travaux de recherche conduits récemment par la Banque mondiale, le risque de cessation d’activité des entreprises féminines est supérieur d’environ 6 points de pourcentage à celui des entreprises détenues par des hommes’’, souligne le document de la BM.

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