Facebook a changé de nom pour devenir Meta! Le métavers, l’internet du futur, etc. Sûrement, vous vous demandez c’est quoi le métavers qui a fait que Mark change le nom de son groupe.

Le métavers, c’est « le graal des interactions sociales », s’émerveille Zuckerberg. Une sorte de monde parallèle numérique, où la frontière entre le réel et le virtuel se brouille jusqu’à disparaître complètement. Et la nouvelle obsession du patron de Facebook… pardon, Meta. Le 18 octobre déjà, le géant californien avait annoncé la création de 10 000 emplois dans l’Union européenne pour travailler à l’élaboration de ce métavers. On vous explique.

C’est quoi exactement ?

« C’est le fantasme de tous les développeurs de jeux vidéo depuis qu’ils existent » , résume sur Franceinfo l’économiste Julien Pillot, enseignant à l’Inseec et spécialiste des marchés technologiques. Concrètement, le métavers est « la fusion d’un univers virtuel avec des fonctionnalités qui sont, elles, bien ancrées dans le réel ».

« L’idée, c’est de générer un univers virtuel entièrement numérique mais connecté au monde réel. Ce dernier nous permet d’interagir en générant des activités de tous types, des jeux, des discussions », complète sur le site de TV5 Monde Dominique Boullier, professeur des universités en sociologie à Sciences Po Paris.

Le principal objectif de cette révolution technologique est donc de rendre les expériences virtuelles plus immersives, tout en restant en lien avec le réel. Voici quelques exemples : dans cet univers en trois dimensions, les utilisateurs pourront faire virtuellement les boutiques en achetant des (vrais) vêtements avec du véritable argent pour habiller leur avatar ou les récupérer dans le monde réel. Cette monnaie sonnante et trébuchante pourrait également être utilisée pour assister à un concert (virtuel) donné par un artiste (réel). En bref, 3D virtuelle et univers réel seraient intrinsèquement liés. Pour y accéder, il suffirait d’utiliser un casque de réalité virtuelle.

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D’où vient ce concept ?

Le concept n’intéresse les géants de la Silicon Valley que depuis peu. Mais l’idée n’est pas nouvelle. C’est dans le roman de science-fiction de Neal Stephenson, « Snow Crash » (« le Samouraï virtuel » en France), paru en 1992, que la notion apparaît pour la première fois. Dans un monde futuriste, grâce à des lunettes spéciales, chaque individu peut se connecter à cet univers en trois dimensions, où les actions virtuelles ont des conséquences sur le réel.

L’idée a par la suite largement inspiré le cinéma, de « Tron » (1982) à « Ready Player One » (2018) en passant par la cultissime trilogie « Matrix » (1999). Dans cette dernière, Neo, personnage incarné par Keanu Reeves, découvre que le monde qu’il croit réel n’est en fait qu’une simulation virtuelle appelée « la Matrice ».

Facebook est-il le seul à s’y intéresser ?

Depuis, la course à l’innovation est lancée. Facebook est déjà l’un des leaders mondiaux de la réalité virtuelle grâce à son casque Oculus, racheté en 2014 pour 2 milliards de dollars. Cet été, le développement du projet « Horizon Workrooms » a permis de suivre des réunions en réalité virtuelle en 3D réunissant jusqu’à seize personnes grâce à des lunettes spéciales. Et en septembre, Facebook a annoncé avoir nommé au poste de directeur technologique Andrew Bosworth, dirigeant de Facebook Reality Labs et à ce titre un de ses spécialistes du métavers.

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Mais le géant californien n’est pas le seul à parier sur ce monde virtuel. Epic Games, l’entreprise derrière « Fortnite », a indiqué qu’une partie du milliard de dollars levés cette année auprès d’investisseurs institutionnels, dont Sony, serait affectée au métavers. Sur Decentraland, une plateforme en ligne considérée comme l’un des précurseurs du métavers, il est désormais possible de décrocher un job de croupier dans un casino virtuel.

Microsoft cherche par ailleurs à développer le métavers pour des usages industriels. Le géant de l’informatique travaille ainsi au développement de « jumeaux numériques » d’infrastructures. Une usine ou un entrepôt existeraient par exemple à la fois dans le monde virtuel et dans le monde réel. Virtuellement, l’entreprise pourrait optimiser leur fonctionnement et ensuite mettre en pratique dans la vraie vie, permettant ainsi d’éviter les goulots d’étranglement sur une chaîne de production, de prédire quand un équipement devra être remplacé ou encore de savoir à l’avance quand une étagère devra être réapprovisionnée.

Le métavers sera-t-il bientôt accessible ?

Une première version du métavers existe déjà, notamment dans les jeux vidéo : les concerts étant interdits pendant le confinement, le rappeur américain Travis Scott avait réuni près de 28 millions de joueurs pour un concert numérique via un avatar sur « Fortnite ».

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Mais « il ne faut pas aller trop vite en besogne », tempère sur Franceinfo Julien Pillot, qui estime que le métavers n’en est « qu’à ses balbutiements » et que son développement souffre encore de « freins technologiques importants ». Le développement de la technologie ne permet pas encore de plonger entièrement dans le monde virtuel. « Le métavers n’est pas qu’une numérisation du monde. Ce serait un univers dans lequel on a le même degré de liberté, avec un niveau d’immersion qui n’a strictement rien à voir parce qu’on n’est plus uniquement dans une expérience par écrans interposés. »

Avec L’Obs